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Critique du film : La foire des ténèbres [1984], par Christophe B.

Avis critique rédigé par Christophe B. le samedi 6 octobre 2007 à 23h20

Un film magique et mélancolique

Will et Jim, deux gamins à qui leur curiosité pourrait poser de graves problèmes...

Ray Bradbury a écrit La Foire des Ténèbres en 1956 à partir d‘une de ses nouvelle parue en mai 1946 dans le magazine Weird Tales sous le titre de The Black Ferris. Initialement conçu sous la forme d'un scénario de film, il ne trouva aucun preneur auprès des grands studios Hollywoodiens et l'auteur se résigna à le transformer en un roman d’abord baptisé Dark Carnival mais qui paru en 1962 sous un nouveau titre original : Something Wicked This Way Comes. Un titre emprunté aux litanies des sorcières de Macbeth et qui signifie littéralement « Quelque chose de maléfique vient par ici »...
Vingt ans plus tard, ce roman écrit à l’origine pour le cinéma, trouve enfin preneur. Et ce sont les Studios Disney qui s’embarquent dans l’aventure de l’adaptation. Après 18 mois de préparation (le village est entièrement construit en studio et représente à l'époque le plus grand décor jamais construit à Hollywood), de tournage, et d’incrustation d’effets spéciaux révolutionnaires pour l‘époque, un budget de 23 millions de dollars, le résultat spectaculaire ravit Ray Bradbury, qui déclare que La Foire de Ténèbres est la meilleure adaptation d’un de ses romans.
L'inquiétant M. Dark, torturant le prophétique colporteur de paratonnerres, et M. Calloway, le bibliothécaire, prisonnier de la salle aux mirroirs

L’histoire est celle de Will et Jim, deux jeunes garçons de 12 ans, amis inséparables, qui aiment les grandes aventures imaginaires, et dont les rêves se nourrissent des livres du vieux bibliothécaire, le père de Will. Les deux enfants vivent dans un petit village bien tranquille de Green Town dans l’Illinois, un village comme les autres, où chacun se connaît, où de nombreux villageois vivent leur petite vie de patachon en rêvant à des jours meilleurs ou en regrettant leur gloire passée. Il y a Mademoiselle Foley, la vieille institutrice qui pleure sa beauté disparue. Il y a Ed, le barman, ancien footballeur professionnel, pleurant sa carrière brisée après un accident qui lui a fait perdre une jambe et un bras et qui rêve d’être à nouveau adulé par ses supporters. Il y a M. Crossetti, le barbier célibataire, qui rêve de femmes à mettre dans son lit. Il y a M. Tetley, qui tient le bureau de tabac et qui ne souhaite qu’une chose : devenir riche en jouant à la loterie. Le jeune Jim lui-même à l’espoir secret de grandir très vite et de devenir adulte. Tandis que le père de Jim, le vieux bibliothécaire voudrait au contraire retrouver sa jeunesse.
Un soir d’octobre, précédée par un étrange et prophétique colporteur vendant des paratonnerres, une mystérieuse fête foraine vient s’arrêter dans le village. Sous les yeux de Will et Jim, les chapiteaux, les manèges, la grande roue, semblent s’installer comme par magie. Les deux enfants vont rapidement s’apercevoir que cette fête foraine diabolique est là pour détruire le village. Sous les ordres de M. Dark, l’homme tatoué, les artisans de la foire proposent aux villageois de réaliser tous leurs rêves ou leurs fantasmes inassouvis. Mais le prix à payer est monstrueux. Chaque habitant cédant à la tentation est transformé en monstre de foire qui va venir grossir les rangs du cirque, perdant leur âme et leur liberté. On les appelle « les gens d’octobre »...
Après que les noms de Sam Peckinpah (!), Mark Rydell, Tony Scott, David Lynch, Carroll Ballard et même Steven Spielberg aient été avancés, c’est finalement Jack Clayton, réalisateur du fantastique film Les Innocents, qui fût choisi pour mettre en image La Foire des Ténèbres. Et le travail du réalisateur sur ce film va être réellement impressionnant, réussissant à retranscrire à l’écran l’ambiance à la fois noire, pesante, féerique et poétique du texte de l’auteur en collant au plus près à l’oeuvre de Bradbury avec la grande finesse et la sensibilité qui caractérise son style de réalisation. Mais même si le film épouse au plus près le roman, beaucoup de différences scénaristiques inhérentes à l’adaptation diminuent l’impact terrifiant et noir du livre. Pour des raisons technique ou financières, de nombreuses scènes présentent dans le scénario original n’ont pas pu être tournées.
Une des transformations de la mystérieuse sorcière

Sur un thème rappelant bien évidemment la légende de Faust, ce film nous transporte au sein de l’éternel combat du bien contre le mal. Un combat qui a lieu physiquement entre M. Dark et ses « gens d’octobre » contre les deux enfant et le bibliothécaire, mais aussi sous forme de combat intérieur pour chacun des habitants du village, capables ou non de résister aux tentations chimériques de leurs rêves, de combattre leurs démons personnels. Car « les gens d’octobre » incarnent toutes ces choses qui dans la vie nous tentent, nous font mal et nous détruisent. Parfois, réaliser certains rêves est la plus sûre façon de les détruire. Et puis toute l’histoire est également une quête initiatique que doivent subir les deux jeunes garçons et le bibliothécaire. Une quête qui fera un peu grandir les deux enfants et rajeunir le vieil homme.
Le combat contre M. Dark et sa compagne, la mystérieuse « sorcière poussière » (interprétée par l’icône black Pam Grier), et l’ambiance fantastique du film, doivent beaucoup aux effets visuels magnifiques, assistés par ordinateur, réalisés par l’équipe chargée des effets spéciaux du film Tron, dont le tournage venait de s’achever. Bien sûr ces effets datant de 1983 paraissent bien cheap aujourd’hui, mais ils représentaient à l’époque une véritable avancée révolutionnaire. Parmi les morceaux de bravoure technologique citons l'installation magique de la foire, le carrousel de jouvence, les apparitions et transformations de la sorcière, sa destruction, ainsi que celle de la foire lors d‘une tempête dantesque, n'oublions pas non plus les effets spéciaux plus classiques avec le salle aux miroirs, la séquence traumatisante de l’attaque des araignées, et les maquillages assez impressionnants lors de la transformation de certains personnages.
Dernier mot enfin pour saluer la magnifique musique de James Horner, qui, même si elle à tendance à loucher parfois du côté de celle de Star Wars, souligne à merveille les ambiance noire et magiques de l’histoire.
Une fin tragique...

La conclusion de à propos du Film : La foire des ténèbres [1984]

Christophe B.
88

Lors de sa sortie, La Foire des Ténèbres, premier long métrage des Studios Disney à recevoir une interdiction aux moins de 13 ans, ne remporta pas le succès mérité de ses exceptionnelles qualités. Pourtant, ce film est un véritable chef-d’oeuvre cinématographique, riche, puissant, emprunt d’une atmosphère magique. Le réalisateur réussi avec sensibilité et talent à transporter en un clin d’oeil chaque adulte au plus profond de ses souvenirs ou de ses rêves (et cauchemars) d’enfance.

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