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Critique du Film : Intacto

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 25 septembre 2007 à 15:45

Un point de départ original, mais un scénario classique...

Si le cinéma fantastique espagnol sait depuis longtemps se faire novateur et original, il n’en demeure pas moins assez peu connu en France. A cause des politiques trop prudentes des distributeurs, nombre de ces films ne passent même pas nos frontières ou, lorsqu’ils ont cette chance, n’accèdent qu’à une sortie directe en DVD. Mais depuis quelques années, un changement s’amorce doucement mais sûrement, et ce en partie grâce à la renommée montante de certains de ses réalisateurs les plus connus (Amenabar et Del Toro pour ne citer qu’eux). Intacto fait ainsi partie de cette nouvelle vague de films espagnols qui ont eu le droit à une sortie discrète dans les salles obscures. Si la faible combinaison de salles d'exploitation a valu au film un échec sévère au box-office, le bouche-à-oreille avantageux a depuis largement compensé, lui permettant ainsi de connaître un bon petit succès DVD (toute proportions gardées évidemment).

Premier long métrage de Juan Carlos Fresnadillo, Intacto narre l’histoire de personnes possédant le don de voler la chance de leurs congénères par contact physique. Accumulant cette chance comme une sorte de carburant, ces individus hors-normes s’affrontent les uns avec les autres au sein du Circuit, une série d’épreuves toutes plus aléatoires les unes que les autres dans lesquelles ils peuvent confronter leurs chances respectives et ainsi gagner le droit d'aller en "finale" et de se confronter à cet indétrônable champion se faisant appeler, en toute simplicité, le “Dieu du hasard”. Ce postulat original, brillamment exploité par le script du film, permet à Intacto d'offrir au spectateurs un nombre conséquent de scènes mémorables, et ce en dépit d'un scénario somme toute classique sur le fond.

Parce que le propos est excellemment travaillé, s’inspirant d’éléments divers sans pour autant s'appuyer sur des acquis préexistants, les voleurs de chance d'Intacto s'apparentent ce faisant à un véritable mythe qui n'aurait été crée que pour le cinéma. Ces détenteurs du Don, que rien ne distingue du commun des mortels, sont ainsi régis par des codes internes qui leurs sont propres et suivent des lois qui ne concernent qu’eux. Bien qu'aucune explication ne soit donnée quant à l’origine ou à l’utilité de cet étrange pouvoir - le scénario ne se focalise que sur ses détenteurs les plus immatures : les joueurs - au détour de certains dialogues ou de certaines scènes, le script semble insinuer que certains l'utilisent différemment, comme si le Circuit n’était que la partie immergée de l’Iceberg et qu'il était sous-entendu que le monde se trouvant à leur portée pouvait être plus étendu qu'il ne semblait l'être. Cette profondeur bienvenue donne ainsi au film toute la consistance qu'il fallait pour servir son propos.

Sur la forme, le film pêche en revanche nettement plus, un fossé se creusant bien vite entre l’originalité du propos et le classicisme de l'histoire, à savoir une banale histoire de vengeance. C’est justement à ce niveau que se trouve le plus gros défaut du film, car si le Don, le Circuit et le “Dieu du hasard” ont le droit à un traitement de premier plan, la quête de vengeance du personnage principal s’en trouve d’autant plus sacrifiée et reléguée au second plan. Néanmoins, le scénario, à la fois solidement construit et porté par des personnages forts, compense assez habilement le manque visible d’intérêt du réalisateur pour cette histoire principale qui, au final, n’apparaît être que secondaire. Ce traitement du script amène donc Fresnadillo à utiliser autant d’ellipses que possible pour pouvoir ne travailler que sur ce qui l'intéresse réellement : le Circuit. Une technique certes formellement efficace, mais qui comporte l'inconvénient de parfois plonger le spectateur dans une certaine confusion à cause de raccourcis scénaristiques maldadroits.

Comme réalisateur, Fresnadillo est assez logiquement aussi inspiré que devant son script, alternant, à l’instar de ce dernier, les passages mémorables, tous traitant du Don ou du Circuit, et une routine policière classique, voire bateau, lorsqu'il s'agit de traiter l'histoire moteur du film. Intacto souffre finalement de ce désintérêt flagrant, le spectateur décrochant bien vite ce cette histoire principale trop vite expédiée. Chaque scène la faisant avancer s'apparente ainsi à un temps mort dans l'intrigue. Mais le talent formel de Fresnadillo fait aussitôt la différence en ce qu'il sait habilement compenser ces chutes de rythmes par des scènes chocs, parfois absolument grandioses, en général relatives aux épreuves du Circuit ou aux motivations des divers participants.

Devant la caméra, les acteurs, pour la plupart inconnus, ont visiblement bien du mal à faire exister leurs personnages. Les pâles performances de Leonardo Sbaraglia, d'Eusebio Poncela ou de Monica Lopez rendent ainsi assez difficilement honneur à leurs personnages, pourtant bien écrits et correctement mis en scène. La comparaison est d'autant plus lourde qu'à leurs côté, deux personnages secondaires sont servis par d'excellentes prestations : le grandiose Max Von Sydow interprète un “Dieu du hasard” aussi énigmatique que touchant, et Antonio Dechent, interprète du "Matador”, campe un adversaire particulièrement redoutable, bien que très éloigné des clichés inhérents au genre. En seulement quelques scènes, ces deux acteurs volent ainsi la vedette à un trio d'acteurs principaux plutôt fades.

75

Original dans son propos, mais bien trop classique dans sa structure, Intacto reste malgré tout un premier long métrage ambitieux et prometteur qui place son scénariste/réalisateur dans la catégorie des metteurs en scène à suivre.

Critique de publiée le 25 septembre 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Une histoire très originale,
  • Une mise en scène souvent inspirée,
  • Quelques scènes grandioses,
  • Un scénario solidement construit,
  • Des personnages forts,
  • Deux très bons seconds rôles.

Que faut-il oublier ?

  • Un script trop classique sur la forme,
  • De nombreux raccourcis scénaristiques,
  • Trois premiers rôles peu convaincants,
  • Un visible désintérêt du réalisateur pour l'histoire principale.

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