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Critique du Roman : Ta-Shima
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Critique du Roman : Ta-Shima

Avis critique rédigé par Manu B. le mercredi 15 août 2007 à 2001

Ta Shima

"Lara remuait les lèvres sans bruit, en révisant ses leçons dans la salle de l'école. Il régnait un silence absolu; Song Valdez, l'élève de dernière année dont c'était le tour d'assurer la surveillance, n'avait pas encore eu besoin de se servir de la badine de jonc qu'il tenait négligemment entre les mains..."
Ta-Shima est une planète périphérique de l'univers connu des hommes. Sur les cent vingt-sept planètes, elle est malgré tout la seule à n'être pas annexée par le pouvoir central de Neudachren. Et pour cause, puisque sur Ta-Shima les autochtones, composé des Shiros et des Asix, résistent à une sorte de virus mutagène qui emporte quasiment la vie de toutes les personnes de l'Extramonde, c'est-à-dire non originaires de la planète. De plus, Ta-Shima est inhospitalière à bien des égards, avec sa flore et ses champignons vénéneux, sa faune extrêmement agressive et souvent mortelle, et surtout pour son climat épouvantable, dont les ouragans une fois par an emportent une partie des habitations. C'est lorsque l'ambassadeur de la Fédération et la dirigeante Shiro de la planète sont tués en pleine jungle que Suvaidar, exilée Shiro dans l'Extramonde, est plus ou moins forcée de revenir sur sa planète natale...
Adriana Lorusso est une inconnue en France. On ne lui connaît d'ailleurs pas d'autre publication que Ta-Shima. Italienne et vivant à Bruxelles, traductrice et interprète, il semble que le démon de l'écriture lui soit venu tard, à moins que la chance d'être publiée ne se soit pas présentée assez tôt.
Pas assez tôt, car c'est vrai, la dame écrit dans un style assez agréable qui sans cela aurait eu du mal à faire passer les 590 pages de ce pavé. Le genre planet opéra a son maître -en l'occurence Jack Vance-, et il est un peu passé de mode après que de nombreux auteurs moins talentueux aient essayé de copier le maître. Ceci étant dit, Adriana se débrouille plutôt bien, dans la mesure où son roman fourmille de détails concernant la civilisation qu'elle a choisi de nous présenter: Ta-shima est une planète peuplée par des colons qui fuyaient une guerre que se sont donnés plusieurs factions et qui a embrasé une partie de la galaxie. Or ces colons, le gratin de l'ingénierie scientifique, se sont bien rendus compte que la planète où ils ont échoué, n'était pas tout à fait des plus faciles à dompter. Le climat très hostile -un peu vénusien par moment-, la flore rampante telle du chiendent et difficilement exploitable en terme alimentaire, la faune dangereuse et carrément mortelle, enfin et surtout ce fameux virus qui a décimé la moitié des hommes et femmes en quelques mois, sont un épineux problème pour la survie de ces gens. Seul le génie génétique a su donner des solutions. Le résultat est que Ta-Shima, six cents saisons sèches plus tard se retrouve avec deux races distinctes mais néanmoins complémentaires. L'une, les Shiros est la race des seigneurs, fiers, facilement irritables, dont le code de l'honneur les pousse à se provoquer en duel au moindre manquement de respect, au sabre de préférence, qu'ils pratiquent quotidiennement. Habitués depuis tout petits à réprimer leurs sentiments face aux autres, ils sont d'un naturel froid et austère, considérant tout ce qui n'est pas relatif au code ultra rigide comme superflu, tout divertissement ou signe ostentatoire inclus. L'autre, les Asix, est un peuple plus enjoué, toujours serviable pour les Shiros, leur corps recouvert de poils et leur musculature surhumaine ne les empêche pas pour autant d'être plus humain dans leur comportement. Le fait est que tout Shiro doit protéger tout Asix, et tout Asix ne pourrait toucher un cheveu d'un Shiro. Ces deux là sont enchâssés dans une relation quasi symbiotique que les habitants de l'extramonde ne peut comprendre.
Voilà le contexte. Et c'est dans cette civilisation qu'Adriana Lorusso nous emmène faire un bout de chemin. La culture Shiro pourrait faire penser à celle de Xenocide d'Orson Scott Card. La référence à la culture japonaise est une des bases d'inspiration pour le peuple Shiro, mais elle semble un peu excessive si l'on prend le Japon d'aujourd'hui. Le Shiro aurait plutôt tendance à reprendre des éléments d'un Japon médiéval où le code de l'honneur avait une plus grande importance. Le terme "shima" d'ailleurs n'a sûrement pas été choisi au hasard, signifiant "île" en japonais, et colle inévitablement à la planète isolée de la civilisation galactique. De même, "shiro" signifiant, entre autre, "blanc" a dû être choisi de la même manière. Le sabre, le masque que l'on utilise au kendo sont du même acabit. Or, on ne peut montrer les avantages et inconvénients d'une civilisation que dans l'opposition de points de vue, Iain M. Banks l'a bien compris pour parler de la Culture, tout comme Jack Vance dans des romans comme le cycle de Tschaï (avec à la clé quatre sociétés distinctes). C'est pourquoi, et c'est ce que je reprocherais d'abord, est-ce judicieux d'avoir pris une autre société extrême, celle de Neudachren, quasi fondamentaliste et ultra conservatrice (les femmes au foyer, une religion omnipotente, les hommes occupant tous les postes de responsabilité...), comme référence, alors qu'il aurait été plus commode et simple de l'opposer à notre type de société ? Ce qui aurait été suffisant. A trop en faire...
Enfin, ce qui manque vraiment, c'est une intrigue solide, car autant la description est vraiment, je le répète, fouillée, détaillée et intéressante, autant les deux énigmes principales -à savoir: pourquoi la dirigeante Shiro est morte, et pourquoi il y a symbiose entre Shiro et Asix- manquent de développement. Les deux fils ne sont finalement traités que dans les dernières cent pages. Assez rapidement. L'impression qui s'en dégage est que ce roman semble dilué. Trop long et trop court. Trop long car il y a quelques longueurs, c'est parfois trop détaillé, défaut inhérent au genre, que l'on rencontre dans nombres de planet opéras. Trop court, car on aurait voulu en savoir plus sur Aber et les services secrets, sur la Fédération, sur les autres villes, sur Tarr, et aimé que les deux intrigues elles-mêmes soient plus travaillées et arrivent non pas comme un cheveu sur la soupe à la fin du roman, mais soient exploitées tout au long de l'histoire.

La conclusion de

Ta-Shima est un livre vraiment intéressant pour tout ce qui touche à une civilisation qui a dû s'adapter à de rudes conditions sur une planète inhospitalière. Mais ceci au dépend de l'intrigue.

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