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Critique du film : Captivity [2007], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 13 août 2007 à 14h53

La cage aux poufs

Une jeune et jolie femme, mannequin de son métier, se réveille dans un lieu clos et inconnu, apparemment prisonnière d’un maniaque. Elle va alors découvrir qu’elle a un voisin de cellule, et ensemble, les deux prisonniers vont tenter d’échapper à ce fou…


Cela faisait sept ans que l’estimé Roland Joffé n’avait plus arpenté les plateaux des studios. Rappelez-vous, c’était à l’occasion d’un finalement plutôt intéressant – mais énorme bide au box office - Vatel, prestigieux drame historique au budget imposant. Puis, plus rien, le réalisateur britannique, auteur de célèbres films comme La Déchirure, la Cité de la Joie ou Mission, disparaissait du milieu. Certains n’hésitant pas à le considérer comme un retraité forcé, victime de la loi du marché.
La surprise fut donc grande à l’annonce de son retour, et encore plus lors de la découverte du sujet choisi. En effet ce cinéaste, adepte des films engagés et contestataires ainsi que des fresques historiques, a porté son regard vers le petit monde bien particulier des films de genre. Décision étonnante, d’autant plus que le sujet, très banal, se porte sur une histoire de psychopathes ravisseurs rappelant celui des œuvres dans le vent, dans le style Saw, Hostel et autres snuff movies. C’est un peu comme si Stephen Frears se lançait dans le tournage d’un Vendredi 13 ou Kenneth Branagh dans celui d’un énième Scary Movie. De quoi rester perplexe…
Pourtant, pourtant, j’avoue que je me suis laissé volontiers tenté par la vision de ce Captivity. Tout d’abord, bien sûr, en raison de l’excellente filmographie de ce réalisateur dont les œuvres ont marqué ma jeunesse, mais aussi parce que le script est l’œuvre de Larry Cohen, l’un des tous meilleurs scénaristes d’Hollywood (en tout cas, l’un des plus inventifs). J’attendais donc, malgré un sujet très usité, un traitement original et un relecture de ce thème qui commence sérieusement à me fatiguer (surtout après m’être farci un très médiocre Motel il n’ y a pas une semaine).
Et, au bout du compte, je n’ai pas déçu, du moins sur ce point. Car finalement Captivity n’est pas, ou plutôt pas tout à fait, un « saw-like » ni un ersatz de slaher movie pour teenagers boutonneux. Et cela malgré un début (la séquence de réveil notamment) qui pourrait pourtant le laisser présager. En effet, petit à petit, le métrage prend des allures de thriller classique, avec un habillage riche d’une symbolique propre au gialli, ces policiers horrifiques italiens qui ont fait les beaux jours du cinéma italien des années 70. Dans Captivity, les références au oeuvres du maître Dario Argento sont d’ailleurs récurrentes avec sa forte iconographie (mains gantées, armes blanches…), ses astuces de réalisation (alternance de gros plans et de hors champ) et son esthétisme (forts contrastes, lumière très travaillée).
Bien sûr, Roland Joffé modernise sa technique narrative, et surtout la varie au gré de ce scénario pas inintéressant mais un peu trop prévisible (on devine invariablement, un bon quart d’heure à l’avance, ce qu’il va advenir de l’intrigue). D’ailleurs, conscient que le script n’a pas la force de conserver longtemps un secret aussi éventé qu’un vieux Pepsi sans risquer de sombrer dans le ridicule, le cinéaste nous dévoile tenants et aboutissants assez tôt, carrément en milieu de métrage. Il permet ainsi à son film de faire un petit tour du coté des polars urbains, fusil à pompe et massacre de flics à l’appui. Il n’empêche que l’intrigue reste mineure, le suspens peu entretenu et le climax assez faible.
De plus, malgré une volonté affichée de coller à la mode des shockers du moment, Captivity est excessivement pudique dans ses démonstrations horrifiques, préférant mettre en avant une morale bidon mettant à mal le culte de la beauté et de la célébrité. Le hic est que cela sonne bien creux, mettant en évidence les difficultés d’un auteur naviguant avec aisance dans les domaines revendicatifs propres aux films à costumes ou à la critique politique, mais ayant toujours eu les plus grandes difficultés à tirer son épingle du jeu dans les œuvres plus « viscérales » ou même les comédies (j’angoisse déjà en songeant à la sortie de son prochain film, avec les poufs pseudo-lesbiennes de t.A.T.u dans les rôles principaux).
Bref, c’est bien creux, bien chiadé techniquement (comme toujours avec cette vague de cinéastes des années 80) mais vraiment trop neutre pour que l’on s’y accroche. Et ce n’est pas la présence de la quelconque Elisha Cuthbert qui améliore les choses. Puisque l’on cause de la mise à mal de la starification excessive et de sa superficialité, n’aurait-il pas été plus avisé d’inviter une vraie « pouf » à incarner le rôle titre (Paris Hilton aurait été parfaite tiens, elle qui aime tant les caméras fouineuses) ? De plus, cette atmosphère glauque, déjà difficilement mise en place, est régulièrement plombée par une narration parallèle mettant en scène une enquête policière baclée, une partie dont on va vite s’apercevoir de la plus totale inutilité. Encore une errance qui démontre que Roland Joffé, séduit par le succès de la mode actuelle mais désireux de s’en démarquer, ne savait plus sur quel pied danser lors de la mise en forme de ce film.

La conclusion de à propos du Film : Captivity [2007]

Nicolas L.
42

Captivity marque le come-back raté de Roland Joffé. Raté dans le fait que même si le film n’est pas réellement mauvais, on était à même d’espérer plus d’un cinéaste de son standing ayant attendu sept longues années pour accoucher d’un nouveau bébé. Là, pour le coup, il nous déçoit avec ce métrage d’exploitation plus proche des shockers direct-to-video qui fleurissent dans les catalogues des distributeurs que d’une véritable création artistique. Un film banal, pas désagréable à visionner, mais vite oublié.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario voulant se démarquer de la masse
  • Une réalisation soignée

Que faut-il oublier ?

  • Déroulement prévisible
  • Manque de suspens et de tension
  • Très sobre dans ses effets horrifiques

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