75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°1 : Réagissez en configurant votre AdBlock pour ne pas nous faire disparaître comme les dinosaures de Jurassic Park ;)
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"

Critique du film : Le Parfum : Histoire d'un meurtrier [2006], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 28 avril 2007 à 12h34

Un film aux senteurs peu sensuelles

Jean-Baptiste Grenouille est, en quelque sorte, une raclure de bidet, un résidu de fausse couche, un bâtard éjecté dans la vie par une poissonnière en cloque, crasseuse, allongée dans la fange et les poissons pourris. Placé dans un orphelinat puis ‘’esclave’’ dans une tannerie, le jeune et rachitique Jean-Baptiste connaît une enfance et une adolescence de merde, mais il va en sortir grâce à son don, son pif ultra développé. Non pas comme Cyrano, de part sa morphologie allongée, mais plutôt par son sens olfactif au-dessus de la norme.
Aussi, à grand coup de plans serrés sur l’appendice nasal de Ben Whishaw (acteur qui interprète le rôle de Jean-Baptiste), le film nous montre, insiste même, sur le lien olfactif qui relie le héros à son environnement. Par l’intermédiaire d’une réalisation lourdingue, maladroitement appuyée d’effets de ralentis et de panoramiques agaçants, le cinéaste Tom Tykwer s’attache à faire comprendre au spectateur la puissance des perceptions de son héros. Un effort permanent qui finit par devenir lourdingue, d’autant plus qu’une voix off appuie ces séquences durant tout le film avec des descriptions probablement issues du roman originel.


Bref, si certains réussissent avec leur cul, leur oreille ou leur langue (hum…), lui, la Grenouille, cet autiste increvable à la tâche, arrive à sortir de la fange en étonnant un parfumeur. Mélangeant n’importe comment des essences hors de prix, comme le ferait un bambin avec son Petit Chimiste, il parvient à reconstituer le parfum le plus couru de Paris, en moins de cinq minutes. Il rentre donc au service de ce parfumeur has been, une sorte de vieux Gepetto désabusé, interprété par une Dustin Hoffman à son avantage. Enfermé dans la cave, Jean-Baptiste fabrique alors les nouveaux succès du Tout Paris, pendant que son patron engrange à l’étage les louis d’or et les compliments.
Mais Jean-Baptiste s’en fout. Car son objectif est autre. Gros débile, fou dangereux, son rêve est de retirer et de conserver l’essence première de la beauté. Qu’il pense bien entendu trouver sur l’épiderme des jeunes femmes (lui, bien sûr, n’émane aucune odeur, car il est définitivement privé d’amour). Pour cela, il use de différentes techniques, souvent improductives, avant de trouver, alors qu’il est compagnon dans la cité de Grasse, le moyen infaillible. Bien sûr, comme les jeunes femmes ne sont pas forcément en accord avec sa quête mystique, il est obligé de les réduire au silence à grand coup de bâton derrière la nuque, mais comme le dit si bien le dicton : on ne fait pas d’omelettes sans casse des œufs ! D’autant plus que cela marche, car une fois les 13 essences réunies, Jean-Baptiste créé le parfum ultime, le Viagra olfactif, la Poppers puissance 1000, le Saint Graal des moches et des impuissants, le SEU (stimulateur érotique ultime) rêvé par tous les Rocco Sifredi. Et peu importe, donc, qu’il soit capturé par la police au moment il réalise avec succès, tel un alchimiste de l’amooouur, la synthèse des essences.

De toutes façon, égal d’un Dieu, il est dorénavant tout puissant. Il profite du laxisme des geôliers qui ne le fouille même pas pour s’apposer dans le cou, le jour de son exécution, quelques gouttes de son parfum, pierre philosophale olfactive. Et de devenir, aux yeux de la foule, l’envoyé des cieux... Sous l’effet du parfum, la foule envoûtée se met à partouzer comme pas possible, même l’envoyé du pape se joint à la fête, c’est dire l’ambiance. Et que ça se tripote, ça se trousse et que ça fornique sur les pavés et dans les loges. Quel érotisme ! On se croirait aux boucheries des Halles. Jean-Baptiste, lui, debout sur l’échafaud, salue ses ouailles tel une superstar de la pop au Stade de France, puis se barre, laissant la ville de Grasse se remettre lentement de cette journée de stupre.
Le nouvel empereur des sens remonte alors sur Paris, pour retourner sur les lieux de sa naissance. Ayant accompli son ouvrage, il s’offre alors au peuple, qui lui témoigne d’un amour vorace, point culminant et fatal de la passion amoureuse. Lui, l’enfant abandonné qui recherchait inconsciemment l’amour en essayant de capturer l’essence de l'envoutement séducteur, finit dévoré par une foule d’admirateurs. C’est beau, non ? On se croirait dans une œuvre expressionniste allemande des années 20, mais vue par un regard de borgne.

Ce qui me frappe le plus dans ce film qui traite avant toute chose des influences psychiques qu’ont les odeurs sur notre psyché, c’est l’absence totale de sensualité et de poésie (même morbide) dégagée. Au lieu d’être troublé, d’être emporté par les sensations de Jean-Baptiste Grenouille, on reste indifférent la plupart du temps. Au mieux, on est parfois amusé des situations, comme lorsque le criminel respire la peau de sa première victime comme un chien qui cherche un os, ou à la vision de cet incongru gag de répétition qui veut que toute personne abandonnée par le héros vienne soudainement à mourir. On suit donc la narration d’un œil attentif (on admire surtout les splendides décors de ce Paris du XVIIIème siècle) mais peu impliqué, comme si la dissertation se trouvait trop explicite, trop graphique, et pas assez viscérale.
Puis vient la dernière demi-heure, où l’on atteint les sommets du ridicule, avec des passages propices à déclencher l’hilarité. La scène de la partouze géante, au lieu d’être érotique et sensuelle, ressemble plus à une séquence tirée du Caligula de Tinto Brass, même si l’on sent quand même un peu l’influence des Diables de Ken Russell. La séquence se veut baroque et mystique, elle est grivoise et paillarde. Remarquez, j’ai beaucoup ri, c’est déjà ça…

La conclusion de à propos du Film : Le Parfum : Histoire d'un meurtrier [2006]

Nicolas L.
40

Le Parfum est un film moyennement réalisé, avec une histoire intéressante, durant sa plus grande partie pour finir de manière ridicule. Non pas du point de vue symbolique, un aspect où il reste assez judicieux, mais de part sa réalisation sans relief et sa mise en scène cabotine. Il est évident que faire un film sur les perceptions olfactives était un pari difficile. Mais, personnellement, je pense qu’une film qui cause de sensualité et qui n’en dégage strictement aucune est un film raté, ou au pire un documentaire. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti en regardant le Parfum : rien. Reste de superbes décors, un acteur principal plutôt à l’aise et quelques gags…

Que faut-il en retenir ?

  • Histoire originale intéressante
  • Décors et costumes de qualité
  • Interprétation correcte

Que faut-il oublier ?

  • Manque de sensations, de sentiments
  • Réalisation sans relief
  • Souvent involontairement drôle
  • Une fin ridicule

Acheter le Film Le Parfum : Histoire d'un meurtrier en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Le Parfum : Histoire d'un meurtrier sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+

Les autres critiques de Le Parfum