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La Reine Sombre >

Critique de la Bande Dessinée : La Reine Sombre

Avis critique rédigé par Richard B. le samedi 3 février 2007 à 19:58

Ludivine au pays des bellaminettes !

Ludivine tient un restaurant sur une station spatiale. Seule, elle vit avec pour seul compagnon ‘Skouich’, une sorte de panda en peluche, mais totalement vivant. En rentrant chez elle, Ludivine décide, histoire de se décontracter, de prendre une petite douche. Une douche qui fonctionne avec une porte électromagnétique, et qui se trouve malencontreusement détraquée, du moins assez pour l’envoyer dans un autre monde où l’art est interdit …
Ludivine, au pays des merveilles, ou, Ludivine au pays du magicien d’Oz, ou, Ludivine en 1984. Petite différence : que cela soit Alice ou Dorothée, aucunes d’elles n’ont jamais étaient nues sur un bon nombre de pages. Mon allusion à 1984 vient du fait que l’art se trouve interdit là où cette dernière apparaît, mais hormis cela nous demeurons plus proches d’Alice.


Il semblerait que Bruno Bellamy soit un spécialiste des jeunes filles dévêtu, mais dans le registre sobre, plus proche de l’érotisme que de la pornographie, j’irais jusqu’à dire tout simplement : des héroïnes sensuelles. Mais entre mettre en avant une pin-up sur des illustrations, et lui faire vivre une aventure, la chose devient plus délicate. Au début le principe amuse, sauf que l’histoire n’est pas forcément propice aux seconds degrés et que ‘ce qu’on regarde d’un œil coquin au départ’, fini sur la longueur par devenir un peu trop facile. Je veux dire par là que Showergate est soit trop sérieux pour se prêter au jeu de la midinette dévêtue de tout le long, soit pas assez second degrés pour s’aventurer à nous offrir des demoiselles du long nues. J’admets apprécier de voir tous ces jolis corps, mais le fait est que l’on ne sait pas trop s’il faut lire la BD sérieusement ou pas. D’ailleurs globalement c’est plus le scénario qui me gêne que le fait qu’il soit prétexte à de la sensualité. Bellamy ne joue pas assez vers une histoire digne d’un ‘Z’ et essaye trop de rendre son univers proche d’un conte de fées.
Côté dessin et couleur, l’ensemble est assez agréable. Je n’aime pas trop la façon de Bruno Bellamy de dessiner les cheveux, mais pour le reste les corps des demoiselles sont assez agréables à contempler puis les couleurs font plutôt bien ressortir les cases de même qu’elles mettent bien en valeur le trait du dessinateur. Les cases sont souvent larges et laissent une grande place aux illustrations, ce qui fait que la bande dessinée se termine rapidement, peut-être trop rapidement justement. Sincèrement, visuellement j’ai peu de reproches, le héros masculin est un peu traité de manière ‘classique’, mais hormis ça l’ensemble tient largement la route.

50

Si le dessin est plaisant, le scénario est demeure bancale ou ne correspond pas assez au parti-pris visuel du dessinateur. De plus, la lecture est rapide et on a l’impression d’avoir vite fait le tour. L’exemple typique de la BD agréable, mais qui s’oublie trop vite, reste que c’est le premier tome et que rien n’est encore joué.

Critique de publiée le 3 février 2007.

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