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L'Ombre du Shrander >

Critique du Roman : L'Ombre du Shrander

Avis critique rédigé par Manu B. le dimanche 15 octobre 2006 à 08:36

L'ombre du Shrander

"1999: Vers la fin, quelqu'un demanda à Michael Kearny: - Comment vous imaginez vous en train de faire la première minute du nouveau millénaire ?..."
En 1999, Michael Kearney tue sa dernière victime en date avec classe, un travail propre et net. Comme d'habitude. Ah! Au fait: Michael est un scientifique brillant en plein devenir qui, pour exorciser ses terreurs s'adonne au meurtre en série, pour éloigner le shrander, créature à la tête en forme de crâne de cheval... Quelques siècles plus tard, Ed Chirnois est le typique accro su sexe virtuel et passe ses journées plongé dans les caissons de réalité virtuelle à tel point que cet homme n'est plus qu'un déchet humain, aux dettes mirobolantes. Les soeurs Cray semblent en avoir après lui... Dans un endroit de l'espace, Seria Mau ne fait qu'un avec son vaisseau depuis l'âge de douze ans et écume les distances de l'espace dans un mystérieux vaisseau de classe K. K comme Kefahuchi...
Michael John Harrison est soit un génie... soit un imposteur. C'est ce qu'on entend, à droite à gauche et ce n'est pas faute d'avoir écumé les forums -que le fandom de la SF suit, alimente et polémique- pour en lire le contraire. Cet anglais (que la SF anglaise est talentueuse, au passage, depuis ces dernières années, tant elle renouvelle et nourrit le New Space Opera de ces brillants -tiens, une référence à Light, l'ombre du Shrander, en VF- et très accrocheurs romans, parfois épais, je l'avoue -je pense à Alastair Reynolds-) de la nouvelle vague n'a pas ou très peu été traduit: on lui connaît son cycle du Virconium, la mécanique du centaure et Light (l'ombre du Shrander). Marrant mais cette traduction du titre ne reflète pas du tout la trame du roman, qui au contraire de l'ombre, tend de plus en plus vers la lumière (cf le dénouement). Soit.
Alors génie ou imposteur ?
Light est donc un roman brut, plutôt que brutal, même si certaines des scènes peuvent apparaître violentes, sanguinaires. Mais là n'est pas l'essentiel. Pas encore. Tout tient dans l'ambiance que M. John Harrison tient absolument à mettre en place. Noir. Sombre. Une fois l'atmosphère souvent tendue, il suffit d'y glisser la petite de désespoir d'un monde sans futur, avec des personnages aux abois. Michael Kearney est une chiffe molle, en fuite permanente, devant un démon, malgré son génie de la physique (quantique de surcroît), le Shrander est sur ses talons. Alors il tue. Non seulement ça mais il fuit aussi la vie de couple, la vie de famille, la vie sociale que tout un chacun rêve pourtant de vivre. Anna, sa petite amie, est un mystère. Un cas. Anorexique, aux fixations psychiques qui feraient fuir n'importe quel quidam, un peu nympho sur les bords, cette fille est pourtant pour lui, lui le frustré des ajoncs. Ed et Seria, les deux autres personnages sont également des belles créations de loosers (quoique...) accros de la sensation pour l'un et finalement pour l'autre aussi, dont le lien est plus étroit qu'on ne le pensait au début. Même si on le devine assez rapidement. Mais là n'est pas l'essentiel. Pas encore.
Car même si ces personnages sont à la limite du caricatural, ils ont une certaine humanité, une certaine vraisemblance psychologique exacerbée à laquelle on peut s'attacher. Le shrander n'est qu'un nom mais il a mille visages. Terreur, envie, peu importe. C'est la vie que chacun d'entre quand on doit se lever matin après matin. Là est l'essentiel.
Le plus dur reste à venir: la forme. La lecture est assez difficile. Organisé en chapitres courts qui concernent soit l'un soit l'autre des personnages, à la fois sous forme de flashbacks, Light peut paraître irritant. En fait il l'est. Et là on ne peut s'empêcher de penser à Iain M. Banks, qui est un expert en la matière. Je dois dire qu'à la différence de M. John Harrison, il est passé maître dans le procédé, qui limite les cassures de rythmes qui sont innombrables dans Light. Ce livre tombera très certainement des mains de nombreux lecteurs à cause de cette construction non maîtrisée. Mais pour les combatifs, les lecteurs qui en veulent plus, l'effort sera payant, car ces scénettes très visuelles laissent longtemps après des souvenirs très vivaces et plutôt évocateurs.
Alors bilan ? Ce n'est pas vraiment un space opera comme on l'entend habituellement. Amoureux du space opera de l'âge d'or, passez votre chemin, à moins d'avoir une envie de coup de boule littéraire, pour voir les étoiles. Pas un chef d'oeuvre pour moi, mais ça pourrait l'être pour vous.

75

L'ombre du Shrander est un livre noir, séquencé en scènettes qui hachent le rythme, ce qui en rend la lecture difficile. Ce livre est suite de tranches de vie, un melting pot de situations et personnages très réalistes.

Critique de publiée le 15 octobre 2006.

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