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Critique du Recueil de nouvelles : Axiomatique
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Critique du Recueil de nouvelles : Axiomatique

Avis critique rédigé par Manu B. le vendredi 6 octobre 2006 à 1111

Axiomatic

"Une chose est immuable: quand un mutant camé au S commence à brouiller la réalité, c'est toujours moi qu'ils envoient dans le vortex pour remettre les affaires en place..."
Greg Egan est ce qu'on pourrait appeler le "pape de la hard science". Il joue avec les concepts scientifiques comme nous on joue à faire des chroniques. Cet australien a enchanté le monde de la science fiction avec des oeuvres ambitieuses (isolation, l'énigme de l'univers et la cité des permutants) et d'autres moins (Téranésie). Le fait est qu'il ne laisse pas indifférent. On aime ou on déteste ses romans, à cause justement de ces concepts très poussés.
DLM avait rassemblé quatre des nouvelles de Axiomatic qui en comprend en anglais dix huit. On a rêvé d'une traduction de la totalité des nouvelles, Denoël l'a fait. Mais compte tenu des concepts époustouflants de cet auteur, l'impact sera-t-il le même sous forme de nouvelles ?
L'assassin infini est une nouvelle écrite en 1991 dont l'idée d'univers multiples, réduits à un seul, celui du narrateur est réutilisée et incluse dans le polar SF d'isolation. C'est une nouvelle courte, trop courte pour que le lecteur puisse avoir le temps de s'immerger dans l'univers même. Isolation semble avoir réussi cet objectif de manière captivante. La nouvelle l'est moins.
Lumière des événements aborde la question du destin. Le futur est il déjà écrit ou non ? Pouvons nous échapper à notre destinée lorsque l'on sait à l'avance ce qui va se passer ? Dans cette société qui reçoit les informations du futur plusieurs année à l'avance, l'homme peut il s'écarter de ce qui est déjà écrit ? Voilà une nouvelle originale dont la conclusion serait: les historiens ne sont-ils pas finalement les artisans de l'histoire ? Une nouvelle intéressante en rapport avec le déterminisme.
Eugène et la caresse sont deux nouvelles ayant pour thème la manipulation génétique, thème cher au mathématicien australien, qu'il avait abordé dans son roman Téranésie. La première tente de cerner la possibilité de créer le superhumain, un être non seulement exempt de toute tare, mais aussi super ( hyper? ultra? Que sais-je ?)intelligent. Mais qu'est ce que l'intelligence ? Que ferait un homme dont le génie dépasse toute mesure ? Egan s'amuse à critiquer ces laboratoires prêts à tout pour grignoter l'argent de quelques mécènes extrêmement riches. Peut on vraiment tout faire si on a les moyens ? Cette nouvelle, sans être désagréable manque quelque peu d'originalité. Rien de transcendant, en fait. La deuxième est plus du genre polar où l'assassinat d'une généticienne va révéler l'ampleur d'une vaste entreprise artistique. Plutôt réussi, Egan montre à quel point cet auteur a une grande culture aussi bien scientifique qu'artistique.

Fernand Khnoppf: la caresse
Fernand Khnoppf: la caresse

Soeurs de sang est une large critique contre l'industrie pharmaceutique, qui ne fait partie de ce recueil de nouvelles que parce qu'elle est de Egan. Pas de science fiction ici et pas indispensable pour les amateurs de SF.
Avec Axiomatique et le coffre fort, on entre dans la partie la plus réussie du recueil. On retrouve dans axiomatique les implants largement utilisés par la suite dans isolation, pour transformer la personnalité d'un quidam en un tueur à la froide résolution de se venger. Le personnage est fort, beaucoup d'émotion transparaît, une grande détresse, en fait, pour faire ce qui ne doit pas être accompli. La nouvelle suivante est exceptionnellement originale, avec cet homme qui occupe des corps tour à tour, d'une manière toute aléatoire. Ici aussi, le personnage est bien brossé et ses interrogations quant à la nature de son mal sont époustouflantes. On vogue aux limites du fantastique.
Autre nouvelle qui m'a soufflé, le point de vue du plafond est complètement déconcertante. Mais comment de telles idées germent dans l'esprit de cet auteur ? Telle est la question.
On se concentre avec l'enlèvement sur ces pseudos immortalités des êtres à travers sa copie numérique dans un monde virtuel mais perpétuel. Encore une idée dont il se servira dans un roman (la cité des permutants). La question est : oui mais après ma mort biologique ? Toujours sur le thème de l'immortalité, en apprenant à être moi et plus près de toi sont deux nouvelles où les gens ont un cerveau accouplé à un cristal, où les souvenirs sont stockés jusqu'au "basculement", c'est à dire jusqu'à ce que le cristal prenne le relais sur le cerveau, qui sera retiré. Mais dans ce cas, même si l'on acquiert l'immortalité, ne devient on pas un robot purement et simplement ? Et jusqu'au basculement, qui est on ? "Et toi, qui es tu ? Le cristal ou le véritable être humain?" Walter Jon Williams avait décrit un être similaire dans câblé: Reno, dont le cerveau était couplé à une puce. Qui l'emporte au final ? Que devient on ?
Les douves est une nouvelles où Greg Egan s'exprime sur les questions de l'écologie. Sans être inintéressant, rien de folichon non plus ici. Pas vraiment de la science fiction, ici, plutôt de la politique fiction.
Le ptit mignon est une nouvelle touchante où la paternité d'un homme va le conduire à sa ruine inéluctable. L'auteur arrive à évoquer de manière étonnante la tendresse d'un homme pour une progéniture temporaire, jetable.
Une de mes nouvelles préférées du recueil est vers les ténèbres. La présence aléatoire d'un trou de ver à la surface de la planète, dans des villes assez peuplées enlève de nombreuses vies sur son passage. Les Coureurs doivent récupérer le maximum de personnes prisonnières de ce vortex temporel en moins de dix huit minutes (temps moyen de présence). C'est une nouvelle au rythme endiablé, avec un personnage fort en situation critique. Les propriétés physiques de ce trou rend la progression difficile. Magnifique.
La marche et la morale et le virologue sont deux nouvelles qui traitent de la religion. Elles sont assez mineures, affreusement rationalistes et sans grand intérêt. De même, orbites instables dans la sphère des illusions aurait pu être intéressante si le développement n'avait pas été moins confus.
Vous l'aurez remarqué, si vous chercher de la hard-science, passez votre chemin. Greg Egan s'emploie plus ici sur la critique sociale, politique et religieuse. Ce n'est malheureusement parfois pas avec bonheur. Mais certaines de ces nouvelles sont tout simplement stupéfiantes, car même si les concepts physiques ne sont pas au rendez-vous, ce qu'il réussit de manière extraordinaire dans ses romans, l'originalité est là, ce qui subjugue le lecteur. Plus accessible, où l'excellent côtoie le très moyen, ce recueil est à recommander aux détracteurs de l'auteur australien, qui changeront sûrement d'avis, mais en prenant tout le recul nécessaire.

La conclusion de

Axiomatique est LE recueil de Greg Egan. Attendu en intégralité depuis des années, il déçoit comme il enthousiasme. Egan est un auteur engagé, ça se sent. A lire, pour en juger.

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