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Critique du Film : C.H.U.D.
C.H.U.D. >

Critique du Film : C.H.U.D.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 19 août 2006 à 0404

L’attaque des clodos mutants tueurs venus des égouts

Le capitaine Bosch, chef de la police d’un district de New-York, est sur les dents. En effet, les rapports concernant des disparitions inexplicables subvenant dans son secteur s’accumulent sur son bureau. Et l’affaire prend une autre importance pour lui lorsqu’il se retrouve directement concerné par la disparition de sa femme. En compagnie de A.J., un marginal qui s’occupe de nourrir des SDF, et du photographe George Cooper, il va découvrir que l’explication à ces étranges disparitions pourrait être trouvée en inspectant le réseau d’égout tentaculaire qui s’étend sous la cité… On en frémis d’avance, n’est-ce pas ?
C.H.U.D. ; un titre qui fleure bon le nanar potache, notamment lorsqu’une signification – par ailleurs volontairement fausse - à ce terme obscur est donnée par un officiel du gouvernement devant un auditoire de personnages médusés (tout autant que les spectateurs, d’ailleurs) : Cannibal Humanoid Underground Dweller. Une révélation qui pourrait laisser croire aux étourdis que ce film sort tout droit du cerveau dérangé de Lloyd Kaufman ou d’un autre halluciné de la Troma. En fait, pas du tout, car C.H.U.D. est un film qui se prétend sérieux (sic !), contrairement à Toxic Avenger ou autres Atomic Collège.
Le réalisateur Douglas Cheek, un illustre inconnu, a donc décidé de mettre en scène ces improbables aventures de clodos cannibales mutants de la manière la plus classique possible. Prenant comme base de départ que cette maladie, due à une simple intoxication, se propage sous la forme d’une pandémie, il construit son film de la même manière que l’a fait George Romero avec ses zombis. Fidèle à cette technique d’exposition, il se doit également de mettre en scène un groupe de personnages servant de témoins aux exactions des créatures. C’est ce rôle alibi, propre également aux films catastrophe – ce que C.H.U.D. est finalement un peu, et dans tous les sens du terme - qui est confié aux investigateurs A.J., Bosch et Cooper, trois personnages venus d’horizons complètement différents.

George Cooper (John Heard), le photographe rupin et sa ‘’chair’’ et tendre

On se retrouve donc avec presque un film à sketches ; des séquences de meurtres dans les égouts, entrecoupées de réunions administratives fumeuses entre des politiciens conspirateurs ou incompétents. Inutile de préciser que c’est les deuxièmes citées qui sont les moins intéressantes. Car C.H.U.D ne parvient, durant une bonne heure, à éveiller quelque peu votre attention que lors des phases d’exploration du réseau d’égout. Comme le fit quelque années plus tard Guillermo Del Toro avec Mimic, Douglas Cheek mise, afin de nous faire peur – ou tout du moins nous surprendre – en jouant sur le non vu et le subjectif. Les monstres ne feront (hélas) leur véritable apparition que durant les vingt dernières minutes, lorsqu’ils décident sans raison apparentes de sortir de leur tanière. En attendant cet instant fatidique, on distingue seulement quelques détails issus de bandes vidéo brouillées et quelques apparitions furtives de faciès aux dents pointus et aux yeux en phare de bagnole.
La parie finale, stupide, se veut spectaculaire mais, par manque de moyens et de talents, Douglas Cheek s’y égare sans complexe. En voulant traiter de manière parallèle trois histoires pas toutes très justifiables – surtout la séquence chez la femme du photographe – il noie le spectateur dans des va et vient incessants qui font tomber le climax horrifique. D’autant plus que les invraisemblances sont légions comme lorsque les créatures sortent de leur trou pour attaquer en nombre un fast-food situé – on le distingue sur un plan large – en plein milieu d’un carrefour important et qu’il se trouve aucun témoin pour rapporter les faits. Il faut croire que le New-yorkais est un couche tôt…
A.J. (Daniel Stern) les a vu, mais comme d’hab depuis David Vincent...

Comme tous les films au thème vaguement écologique, C.H.U.D. contient aussi un ou deux coyotes à foie jaune. Le pire est certainement l’incompétent, stupide et cruel agent du gouvernement – un moustachu, je ne me souviens plus de son nom – qui est si extrémiste qu’il en perd hélas toute crédibilité. Il devient même, sur le fin, un véritable fou furieux risquant carrément de faire sauter la ville, assassin de surcroît.
Au niveau des effets spéciaux, par manque de budget, le cinéaste a choisi d’en montrer le moins possibles. Néanmoins, dans les années 80, il était impensable de faire un film de monstres sans que l’on en voie la queue d’un. Les créatures ont donc droit à quelques expositions. Pour résumer la chose, ce sont des figurants revêtus de la panoplie moisie de la Créature du Lac Noir (normal, elle date des années 50), sans la tête de poisson, qui est remplacée par une bouille de nosferatu zombifiée avec deux phare jaunes ne guise d’yeux. Bref, c’est pas terrible, même si l’équipe technique s’amuse un moment à nous refaire The Thing avec un étonnant et incongru effet girafe sur un cou de monstre… A noter que le film contient également son lot d’effets gore. En réalité, ces expositions sanguinolentes concernent essentiellement de témoignages de restes de massacres : têtes coupées, bras amputés, etc.
Un CHUD plein phare...

Pour finir, jetons un œil du coté de l’interprétation. Dans le rôle de A.J., le révérend clodo, on prend plaisir à voir l’illuminé Daniel Stern dans l’un de ces tous premiers rôles. En général plutôt habitué aux rôles comiques, son air de farfelu au grand cœur colle parfaitement au personnage, d’autant plus qu’intrinsèquement, le comédien a du talent à revendre. L’un des atouts majeurs du film, donc. Le photographe de mode George Cooper est incarné par l’élégant John Heard, un jeune acteur devenu aujourd’hui l’une des valeurs sures du cinéma de série B et de la télévision. Quand au troisième larron, le capitaine Bosch, c’est le débutant Christopher Curry qui s’y colle. Depuis, les téléphiles pourront l’avoir vu dans les séries F/X, Babylon 5, Chicago Hope ou Beverly Hills . Il s’est également spécialisé dans le doublage de jeux vidéo.
Un investigateur un peu décontenancé

La conclusion de

Finalement, C.H.U.D. n’est pas un film désagréable à visionner. C’est une petite série B horrifique des années 80 assez sympathique, un peu cheap, c’est vrai, mais bien interprétée par des comédiens qui jouent sur leur charisme faute de dialogues intéressants. Quelques effets gore et un ou deux maquillage rigolos achèvent de rendre ce film acceptable, beaucoup plus, de toute manière que son horrible suite intitulée de manière très originale ; C.H.U.D. 2

Que faut-il en retenir ?

  • Ambiance assez réussie
  • Interprétation de qualité
  • Quelques FX gores sympathiques

Que faut-il oublier ?

  • Scénario convenu
  • Un peu trop cheap
  • Réalisation trop classique

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