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Critique du roman : Jack Barron et l'éternité [1971], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le dimanche 23 juillet 2006 à 02h45

Bug Jack Barron

"- Dégagez la piste, les boys, fit Lukas Greene d'une voix traînante en agitant sa main noire (et il se plut, mauvais, en cet instant, à penser: noire) en direction des deux hommes (Nègres, formula-t-il perversement, par lassitude intérieure peut-être) revêtus d'uniformes de la police d'Etat et de la National Guard (bougnoule à gauche et gobi à droite) du Mississippi..."
Jack Barron est une icône. Depuis huit années il règne sur le petit écran avec son émission 'Bug Jack Barron' ('faites suer Jack Barron') d'une heure durant laquelle il remet en place les gens, les politiques ou bien les grosses légumes de ce pays. Roi du show biz, il se sent pourtant bien loin de la politique, de la condition des gens, à moins que cela lui serve pour augmenter son audimat. Mais ce soir, il se permet de donner des coups de pieds au cul du milliardaire Benedict Howards, l'homme qui possède la Fondation pour l'immortalité humaine, un homme qui a le bras long dans la politique...
Ecrit en 1969, Jack Barron et l'éternité est une description acide du monde du pouvoir mêlant politique et show business, avec toutes ces marionnettes et tous ces tireurs de fil. Norman Spinrad est un auteur engagé. La science fiction est pour lui le moyen de dénoncer, de critiquer la politique et de mettre en relief les maux de l'humanité. Ses oeuvres les plus critiques sont le printemps russe -dénonçant le protectionnisme et la paranoïa américains-, rêve de fer -parodie grinçante de l'histoire d'Adolf Hitler-, bleue comme une orange -contre la politique environnementale mondiale-, rock machine -contre le show business- et enfin notre Bug Jack Barron.
Ce qui donne toute sa force à ce texte est cette espèce d'intemporalité car même à 37 ans, ce roman semble avoir une jeunesse sans cesse renouvelée. Eternelle. Immortelle. Pourquoi ? Regardez un peu la télévision. Regardez le scandale de ces animateurs producteurs tous puissants. Voyez la politique. Voyez ces multinationales. Show business et politique ne sont ils pas étroitement liés à la world company ?
Mais je ne vais pas développer le fond que vous découvrirez vous-mêmes... Oui, vous devez le lire car jamais on ne vous aura remué comme ça. Spinrad ne ménage pas, il vous agresse par le biais de ses personnages, par un style parfois châtié et dérangeant. Encore que, ce langage est aussi le nôtre. Parfois. C'est un parlé vrai. Enfin. Et comme dans la vie de tous les jours, il y a le double langage, une sorte de schizophrénie du langage. Il y a en chacun d'entre nous l'homme public et l'homme privé. Jack Barron, c'est aussi ça. L'homme aux deux visages. C'est à la fois l'ancien gauchiste qui a fondé ce parti de Bolcheviks, et maintenant la star de l'écran, plein aux as. C'est à la fois celui qui se battait pour des idées, et celui qui maintenant se bat pour l'audimat. C'est celui qui se bat contre et pour l'immortalité, contre et pour le parti noir, c'est le blanc et le caucasien noir, l'homme aux femmes du mercredi soir et l'homme de Sara... Tout est double chez lui. Mais aujourd'hui il a le choix...
Et c'est sur cet homme multi face que repose le roman: c'est par lui que va se lier la politique, le show business et le pouvoir. Le pouvoir comme drogue. Le pouvoir au bout du compte. Le pouvoir de vie et de mort. Le pouvoir d'immortalité.
Ce roman n'est pas devenu culte et présenté comme une référence par hasard. Il sent le vrai. Cette histoire aurait pu exister. Et on jubile lorsque Jack Barron invective et bouscule, on retient son souffle à mesure que l'intrigue réelle se met en place, on espère que Barron va découvrir le piège, on sourit à chaque fois que Barron cogite à toute vitesse pendant qu'il donne les coups de pieds au cul de ses interlocuteurs.
Lire ce roman, c'est prendre une grosse claque. ça vous secoue jusqu'aux doigts de pieds. Lisez le !

La conclusion de à propos du Roman : Jack Barron et l'éternité [1971]

Manu B.
95

Jack barron et l'éternité est un chef-d'oeuvre atemporel, atypique, dérangeant, violent, brut, jubilatoire, émouvant. Un roman à lire de toute urgence.

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