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Critique du Roman : Le Joyau Noir
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Critique du Roman : Le Joyau Noir

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 18 avril 2006 à 0747

Un nouveau voyage au cœur des Millions de Sphères

Dans un lointain futur, sur une Terre plongée dans une obscurité médiévale aux sombres parfums uchroniques - suite à une désastreuse guerre nucléaire qui a changé définitivement le visage du monde -, une Europe divisée et archaïque vit à nouveau des heures sombres sous le joug des cruels Granbretons. Seuls quelques individus, héros ou simples objets de la Destinée, se dressent contre l’omnipotence despotique de cette nation pervertie et maudite. Parmi eux, Dorian Hawkmoon, duc de Köln ; le Champion Eternel
Après avoir consacré de nombreuses années - les premières de sa brillante carrière - à l’écriture de la saga de Elric de Melnibonée, champion du Chaos, l’auteur Michael Moorcock, en cette année 1967, décide de changer de registre avec un héros d’un tout autre genre - mais finalement pas si éloigné que ça du nécromancien au point de vue philosophique – du nom de Dorian Hawkmoon. Un changement de registre, mais également un nouveau regard sur les enjeux de la Balance Cosmique, avec ce détour prolongé dans le parti de la Loi.
Pour ce faire, Moorcock change de décors. Doté de son habituelle verve et de sa célèbre plume enlevée, il quitte les terres imaginaires et épiques, intéressantes mais finalement peu originales, des Jeunes Royaumes pour nous embarquer dans un monde autrement plus intéressant : l’Europe du Tragique Millénaire. La performance est de grande classe, tant au niveau de l’originalité de sa faune – ah ! Les géniaux flamands géants de Karmarg - et de sa topologie, que de ses particularismes politiques et culturels. Bien entendu, la perfide Albion… euh, Granbetanne pardon ! …nous renvoie à la baroque Melnibonée, mais en beaucoup plus poussé, tant au niveau purement descriptif qu’au regard de la complexité de sa construction philosophique et morale. Un regard posé par l’auteur qui est loin d’être unidirectionnel, comme le décrit si bien une déclaration du Comte Airain, lors d’un entretien avec le philosophe Noblegent : « Cette peste est plutôt bienfaisante, répliqua le comte Airain en se renversant sur son siège. Au moins, ils rétablissent l’ordre. »
Métaphore de l’impérialisme aveugle et de la xénophobie exacerbée, la Granbretanne devient au final la matrice d’une flopée de personnages fascinants car indiscernables – ils parviennent même à tromper dans un premier temps le jugement du comte Airain et noient Hawkmoon dans le doute -, émanant un véritable mystère entretenu par ces masques d’animaux qui dissimulent leurs visages, et leur véritable personnalité. Parmi eux, dans ce premier tome, le baron Mikosevaar, leader des troupes des mercenaires du Ténébreux Empire – la légion du Vautour - occupe une place de choix. Mais c’est surtout le baron Meliadus, chef des troupes de l’ordre du Loup et véritable projection du personnage d’Yyrkoon (in Elric de Melnibonnée) dans le monde du Tragique Millénaire qui attire notre attention. Némésis de Dorian Hawkmoon et élément indispensable à la justification de son existence, il est surtout l’élément perturbateur de la Main Cosmique. Autant, sinon plus, que l’Empereur Huon, magicien surpuissant psychiquement mais réduit physiquement à l’état fœtal, image amère de sa régression morale.
Dans cette panoplie de gens pervertis mais hautement charismatiques, le duc de Köln peut paraître bien lisse, surtout comparé aux personnages qui composent son entourage ; l’imposant comte Airain ou le mystérieux Guerrier d’Or et de Jais. C’est effectivement le cas dans ce premier livre, tant la personnalité de Dorian Hawkmoon est vide de nuance et de réflexion. L’inverse total d’Elric de Melnibonée. Quand bien même le désir qui les anime reste une commune vengeance, et qu’ils sont tous les deux engagés dans une lutte contre une aliénation de leur personnalité, symbolisée par deux artefacts : Stormbringer pour Elric et le Joyau Noir pour Hawkmoon. Mais la révélation finale ; cette destinée particulière aux desseins à peine esquissés lors d’une discussion entre Malagigi et le Guerrier d’Or et de Jais, conforte le lecteur dans l’idée de l’importance de ce personnage qui pêche par son manque de subtilité, à l’instar de nombreux héros.

La conclusion de

La Légende d’Hawkmoon est la deuxième étape de Michael Moorcock dans le cours de sa création de son Multivers aux Millions de Sphères. D’autres suivront, tels Ereköse, Oswald Bastable, Jerry Cornelius ou Von Beck, mais aucun ne bénéficiera de la même attention que ce fils du Tragique Millénaire. Ce monde uchronique dramatiquement sombre et épique, est diablement original et ce mélange de technologie étrange et de culture médiévale est fascinant. Ce premier tome, qui pose les bases de la future saga, voit cependant encore un Dorian Hawkmoon assez monolithique, à la manière d’une ébauche qui se développera progressivement au fil de son initiation.

Que faut-il en retenir ?

  • Le fascinant monde du Tragique Millénaire
  • Des personnages originaux et charismatiques
  • Une étape importante dans la construction de la mythologie du Champion Eternel
  • L’écriture déliée et enlevée de Michael Moorcock

Que faut-il oublier ?

  • Un Dorian Hawkmoon encore un peu trop lisse

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