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Critique du Recueil de nouvelles : Déchirures

Avis critique rédigé par Lucie M. le dimanche 12 mars 2006 à 18:20

Welcome to my nightmare...

Déchirures est la première publication intégrale de Sire Cédric et cela grâce aux éditions Nuit d’Avril. Certains d’entre vous ont pu déjà lire ses écrits dans plusieurs anthologies, que ce soit “Baiser de Sang“ aux éditions des Belles Lettres, “Forces Obscures“ aux éditions Naturellement ou “La Route“ aux éditions de l’Oxymore. D’autres auront pu également le découvrir bien avant dans ses "démos" littéraires parues aux éditions Angemort dont il était l’instigateur. Sire Cédric a également plusieurs cordes à son arc puisqu’il fut anthologiste et traducteur aux éditions de l’Oxymore. On lui doit d’ailleurs l’anthologie “Polar“ qui fut saluée par toute la presse. Il prête aussi sa voix dans un groupe de Death/Black Métal du nom de Grimoria. Donc Sire Cédric est un personnage qui possède plusieurs facettes et qui ne s’arrête pas quand il s’agit de donner de son temps au monde de l’imaginaire.
Dans le présent recueil, les Déchirures de Sire Cédric sont aux nombres de 9. Certaines d’entres elles sont vierges de toute publication tandis que d’autres furent éditées antérieurement dans diverses revues, recueils ou dans les "démos" littéraires de l’auteur, liant celui-ci de manière étroite à son lectorat. Etroite car chacun d’entre nous peut se reconnaître dans l’une de ses nouvelles ; une identification envisageable grâce aux divers sentiments que nous éprouvons en lisant celles-ci. Elles nous touchent en nous faisant réagir de manière agréablement contradictoire ; nous passons par diverses étapes : la répulsion, l’étouffement, l’angoisse, la jubilation ou le déclenchement de désirs inavoués.
Tel un Clive Barker français, Sire Cédric dépeint notre réalité urbaine, toute d’horreur vêtue, où se glissent ses inéluctables créatures magiques. Ces émanations infernales semblent être des aberrations nées de nos plus terribles sentiments ou de nos plus lâches instincts. Elles traduisent plus exactement une défaillance certaine de notre “pseudo“ humanité et sont enfouies au plus profond de nous. Chacun croit posséder en lui cette frontière, si indécise, entre le bien et le mal. Mais y a-t-il réellement de limites à cette dualité si éternelle ? Apparemment non, puisque dans les Déchirures de Sire Cédric certains personnages d’essence maléfique sont évoqués de manière à nous paraitre bien plus humains que nous ne le sommes. Ils ne sont pas là pour représenter une définition du mal pur et dur, mais plutôt une palette de nuances de nos émanations les plus obscures. Bien sûr certains d’entres eux sont fourbes et machiavéliques au premier degré mais ils ne sont toujours que reflets des agissements de l’un d’entre nous.
Il y a également un peu d’influences de Poppy Z. Brite dans ce recueil. Cela se traduit par une description littéraire sanglante où les détails morbides ne nous apparaissent pas si insolites qu’ils pourraient l’être puisqu’ils semblent tous se fondre naturellement sous la plume de l’auteur ; ils ne nous amènent pas à porter de jugement, qu’il soit négatif ou positif, mais ne nous laissent pas pour autant indifférents. Certains nous paraissent même beaux dans leur macabre présentation, et même si une peur dérangeante ourdit à nos oreilles, nous n’en tenons pas compte et avançons dans notre lecture avec intérêt. De plus, Sire Cédric ne se contente pas uniquement de renouveler certains mythes fantastiques usités, il en invente de nouveaux, tous découlant de notre quotidien, chacun se rapprochant de notre dure réalité faite d’hypocrisie religieuse et d’agissements tronqués par l’individualisme inhérent à la nature humaine. Nos certitudes sont sur le point de s’écrouler et notre perte de sentiments charitables envers tout un chacun s’effondre ; cela est incontestablement le mal de notre époque.
La lecture de Déchirures est graduelle. Bien sûr les nouvelles ne se suivent pas mais le sens de lecture en est important. Sa construction nous fait découvrir peu à peu les personnages de Déchirures et nous ne finirons pas de les voir évoluer au gré des pages. Certains d’entre eux seront inoubliables comme la belle féline Ilona, native américaine, ou la terrible Mania, démon femelle étroitement liée à la Faucheuse ou à Lilith. Il y aura également des apparitions de personnages encore plus terribles que la simple créature se transformant soit pour sauver sa vie soit parce que cela est dans sa nature ; je veux parler des skinheads, êtres dépourvus de tous sentiments honorables et tellement stupides qu’ils deviennent très facile à manipuler. Leur dégaine et leurs actes violents peuvent faire penser aux droogies d’Orange Mécanique. Les créatures de Sire Cédric ne seront jamais exactement des vampires ou des lycanthropes mais plutôt des créatures venant de croyances plus terrestres même si leur côté fantastique est présent.

90

Sire Cédric est un conteur et un inventeur d’univers où des personnages singuliers évoluent. Il nous invite dans son monde grâce aux éditions Nuit d’Avril avec Déchirures. Des Déchirures qui viennent troubler la certitude que certains persistent à entretenir d’une limite existante entre le bien et le mal ; cette certitude qui engonce nos sentiments depuis moult temps, dictée par une morale aux bonnes mœurs plus que douteuse ! Et si les monstres n’étaient pas ceux que l’on croyait ? Et s’ils n’étaient tout simplement que des émanations nébuleuses toutes créées par nos agissements les plus vains ? Et si nous les contenions tous en nous, prompts à surgir à chaque instant que la vie fait ? La lecture de ce recueil demande d’avoir les tripes bien accrochées ! Sire Cédric s’applique cependant à nous décrire ces déchirures sanglantes avec savoir faire, humour et réalisme, ce qui apaise quelque peu tous les sentiments extrêmes dans lesquels il nous entraine. Je ne peux que vous conseiller de lire ce recueil de nouvelles d’un auteur qui n’a pas fini de nous étonner.

Critique de publiée le 12 mars 2006.

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