Après le très jouissif
Armée des Morts,
Zack Snyder s’attaque au roman graphique
300. L’histoire de 300 Spartes qui tinrent tête à l’armée Perse en -480 avant JC.
Le réalisateur connaît bien son sujet, à tel point qu’il invente des scènes (au début du film, entre Léonidas et son fils), accentue le personnage de la Reine, ou en invente (le garçon boucher). 300 est un film qui s’assume et qui ne laisse pas indifférent. Le transfert sur grand écran d’une bande dessinée où se côtoient guerriers lanceurs d’explosifs, rhinocéros de guerre et bien d’autres encore, n’était pas gagné d’avance (cf.
Ghost Rider et son adaptation très moyenne).
Ayant nécessité 1 ans de post-production pour les effets spéciaux (presque toutes les scènes ont été tournées sur fond bleu), le film ne repose pas pour autant uniquement sur son esthétisme poussé (poussif ?). Les acteurs, notamment
Gérard Butler et
Lena Headey, ne semblent pas êtres affectés par l’absence de décor et rendent parfaitement crédible leurs personnages. Le charisme du casting évite au film de tomber dans la simple débauche d’effets spéciaux ; mis à part le personnage d'Ephiatlès qui rappelle très fortement Gollum du
Seigneur des Anneaux. D’ailleurs, 300 n’a pas à souffrir de la comparaison avec la trilogie de
Peter Jackson, tant le spectacle est assuré par les nombreuses scènes de batailles, se déroulant dans un espace plus restreint que les Champs du Pelennor et de ce fait, plus poignantes.
L’inventivité de la réalisation réside également dans les trouvailles visuelles de
Zack Snyder : les scènes en échos (l’offrande de la Reine/la cautérisation de la plaie), les volets et bien sur les ralentis, destinés à sublimer l’art guerrier des Spartiates de même que les très nombreux plans en contre-plongée.
Les Spartiates doivent faire face à l’armée de
Xerxès, mais un autre combat se déroule loin des yeux de Léonidas, celui qui se joue entre la Reine et Theron, ce dernier étant corrompu tout comme
Ephiatlès par l’argent et le vice. Ironie du sort, le traitre, rescapé de l’épuration des Spartiates, était de leur côté, jusqu'à ce que Léonidas ne le rejette, le considérant comme une brèche assurée dans sa phalange. La stratégie du roi est brisée par un élément extérieur qui de toute façon aurait causé leur perte, quelque soit sa décision. Marnière détournée de justifier l’épuration des enfants dès leur naissance ?
Certains critiqueront le scènario, mais qu'ils n'oublient pas que c'est avant tout l'histoire d'une bataille.
On retrouve dans 300 le thème de la corruption, déjà abordé dans
Sin City (Le Grand Carnage), où Dwight et ses filles attirent la mafia dans un grand couloir pour mieux la combattre. Tout comme Marv, Léonidas est conscient qu’il ne pourra pas échapper à la mort. Pourtant ce destin funeste ne l'affaibli pas, lui confère une dimension quasi surhumaine.
L’ensemble du film constitue un formidable combat mais la scène où les monstres sont brièvement et brillamment présentés montre que le réalisateur n’a pas voulu tomber dans l’excès de violence, il règne un certain équilibre, entre action et réflexion…