NIFFF 2010 J6 : des baleines, des Djinns et un kidnapping

Sixième jour des manifestions cinématographiques Neuchâteloise.

Le vendredi n'a pas été forcément une journée plus calme, entre interviews et films, elle fut une fois de plus ultra remplie pour nous.
Comme d'habitude voici un petit retour des films vus durant cette journée.

Dans la catégorie bien « con » mais plutôt « drôle » je demande Reykjavik Whale Watching Massacre (titre imprononçable)!  Ce film Islandais, réalisé par Julius Kemp, est un bon petit délire sanglant à ne vraiment pas prendre aux sérieux. Dans  Reykjavik Whale Watching Massacre il est question d'un petit groupe de touristes, amis de la nature, désirant prendre le large pour contempler des baleines. À la place d'y trouver des baleines, ils vont y trouver un cargo avec à son bord une famille de dégénéré. Les répliques sont vraiment drôles, et ce film reste pour le coup totalement fait pour une salle délirante. Bref, peut-être un semi-nanar, mais il s'assume bien et se révèle un petit plaisir gorgé d’humour noir propre à satisfaire nos penchants les plus sadiques.

Après la mer et ses baleiniers direction les grosses chaleurs de l'Algérie et ses Djinns. Après quelques récentes déceptions, Djinns nous redonne espoir sur ce que peut-être le cinéma de genre français. Sandra et Hugues Martin réalisent là un premier film ambitieux, personnel, à travers un travail presque sans faute (visuellement réussi, scénaristiquement intéressant - même si quelques failles apparaissent sur ce point - et bien interprété). On espère donc voir le 11 aout prochain l’audience française encourager le travail sincère de toute une équipe, et suivre l’enthousiasme de l'ensemble des spectateurs du Nifff, unanimement sortis heureux de la projection.


L’Open Air de la soirée fait partie en ce qui me concerne (… allo, allo, c’est Romain qui vous parle…) des plus belles surprises de ce NIFFF cuvée 2010. La Disparition d’Alice Creed prouve une fois encore qu’à partir d’un pitch ultra convenu (kidnapping – séquestration – rançon) il est possible de surprendre, voire carrément retourner son spectateur. Que finalement tout n’est qu’une question de traitement et d’exécution.
Dès l’introduction, le métrage de J Blakeson impressionne : 10 minutes complètement silencieuses qui nous montrent les deux « séquestrants » préparer méticuleusement leur plan, de l’achat des cordes et bâches en plastiques à Leroy Merlin au ligotage soigné des chevilles de la belle Gemma Arterton au pied du lit.
Dès lors, au-delà de l’aspect ludique de la séquence, c’est la description mécanique, opératique, de chacune de ces actions (soulignée par un montage dégraissé hyper efficace) qui nous immerge progressivement dans le film, ceci allant même jusqu’à conférer une solide empathie aux personnages. En d’autres termes, le simple fait d’insister sur le soin,  l’application minutieuse des tortionnaires les humanise immédiatement : ces deux là n’ont pas envie de se planter et veulent bien faire les choses. Entamer un film de séquestration en nous plaçant du côté de kidnappeurs sympas mais pas cons est la première bonne idée d’un film qui en regorge et ce jusqu’à la dernière image qui, à la différence de l’effet éphémère d’un twist standard, remet le film en perspective en jouant habituellement avec la sémantique de son titre.

 

Article de Richard B et Romain B.

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