Avatar : La part des choses...

Les 25 minutes d'AVATAR présentées par le producteur Jon Landau

La digestion de la déception visuelle des 15 minutes montrées lors de l’Avatar Day fut délicate. Obligation de se justifier et de se répéter ad libitum face aux incurables incorrigibles Cameroniens, en semi érection et l’œil mouillé à la moindre évocation d’un plan ou d’une idée de maître Jim. L’homme est un génie, c’est vrai. Il n’empêche qu’il reste audacieux de crier à la révolution à la vision de 15 minutes d’un métrage qui en comptera plus de 180.
Il y a eu les blagues aussi, de la comparaison illégitime mais hilarante avec Delgo aux mashups utilisant le vidéo clip d’I’m Blue de Eiffel 65…


C’était inévitable, on a trop parlé d’Avatar, depuis trop longtemps. Et comme nous l’a si bien répété McCain : « Ce sont ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus ». La réciproque est ici vérifiée.

Néanmoins, aujourd’hui, cette démarche promotionnelle inédite apparaît comme plutôt pertinente.
Avec ces micro-projections méga-évènements disséminés ça et là, les premières images d’Avatar (du trailer de 2 minutes à plus de 20 minutes du film ce matin) auront donc permis avant tout de digérer les propos galvaudés de Cameron (et de la production) et de tempérer l’impatience d’un métrage trop attendu.


Les images, certes superbes en soi, souffrent encore de cet aspect, de cette patine trop synthétique : des textures et couleurs saturées aux flous factices propres à l’animation en passant par la composition décelable des différents plans de l’image (artefact probablement lié à la 3D). Les plans les plus réussis étant indéniablement ceux bénéficiant d’une très grande profondeur de champ (cf. La séquence de l’éveil de l’Avatar de Jake, sublime). Ainsi, seule la courte focale semble faire vraiment bon ménage avec la 3D…

Au-delà de ces considérations formelles de premier abord, Avatar n’en reste pas moins une promesse, sans doute plus excitante, du renouveau d’un certain cinéma d’aventure. Et c’est à ce moment que le projet Avatar prend tout son sens, le  paradoxe fondamental sur lequel repose le métrage s’avérant particulièrement jouissif : porter vers l’avenir (quelles qu’en soient les tentatives technologiques donc) et ancrer dans le futur un cinéma d’aventure riche qui ne se fait plus, dont l’auteur semble profondément nostalgique. Car c’est bien de cela dont il s’agit et dont attestent ces 25 minutes. Une fresque épique (déclinable en plus, si si !) bourrée d’émotion et d’adrénaline. En effet, les quelques minutes supplémentaires (pas exactement 10 mais un peu moins) confirment clairement les orientations romantiques d’Avatar, à travers notamment une séquence nocturne contemplative et pleine de poésie entre l’avatar de Jake (peu à peu enveloppé de minuscules méduses végétales luminescentes) et Neytiri. À noter à ce propos la remarquable évolution des procédés de « motion capture », devenant désormais « performance capture », chaque acteur étant équipé d’une caméra frontale filmant son visage en permanence. D’où des expressions faciales réellement saisissantes de vérité, telles les adorables mimiques mi-sensuelles mi-animales de Zoe Saldana, véritable décharge d’humanité qu’elle confère au visage de son Na’vi.


Ainsi, en résumé, le producteur de Titanic, Jon Landau en charge de la présentation de la séance, décrit Avatar comme un condensé de « fantasy », de romance et d’un bon paquet d’action.


La véritable science fiction inhérente au métrage était alors peut-être de vouloir créer numériquement de toute pièce un univers photo réaliste. On n’en est pas encore là, et il faudra sans doute d’abord se débarrasser de ce gimmick pénible que sont les lunettes 3D. Ce qui ne devrait en rien gâcher le plaisir, le film étant également présenté en 2D à sa sortie. Il est alors de bon ton de préciser qu’Avatar a été pensé et monté en 2D et Jon Landau de rajouter : « la 3D, pour nous, reste avant tout la cerise sur la chantilly du milkshake ! ».


En ce qui me concerne, je me contenterai du milkshake…

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