Un interview de Thomas Day sur ActuSF

Il parle de la sortie de This is not America

Après la sortie de son roman La Maison aux fenêtres de papier (Gallimard Folio SF),  Thomas Day publie également This is not America aux édition les trois Souhaits chez nos amis de ActuSF, un texte où il revient, en quelque sorte, sur la terre de ses ancêtres:

ActuSF : Le titre est-il une référence assumée à David Bowie, et pourquoi ?
Thomas Day : Oui.
C'est la chanson d'un film que j'aime beaucoup « Le Jeu du faucon », un film de John Schlesinger, très bon réalisateur surtout connu pour « Macadam Cowboy ». J'étais allé le voir en salle à sa sortie et chaque fois que je vois ce film, je suis surpris par son audace, on y voit un jeune américain interprété par Timothy Hutton trahir son pays et donner des informations à l'URSS.

Il y a quelque chose de pourri au royaume des USA : la peine de mort, les milices de défense, la scientologie, les mormons, la NRA, le refus de la laïcité, la politique étrangère, la notion de « destiné manifeste »... La liste est longue. Il faut en avoir conscience ; je ne dis pas que c'est mieux ailleurs, c'est souvent pire ailleurs, je pense juste qu'il ne faut pas se laisser éblouir par la puissance de leur culture et la beauté de leurs déserts. Il y a plus de 2,3 millions de gens en prison aux USA, 0,7% de la population. Et la prison est un outil de vengeance, ce n'est pas un système pour réinsérer des gens, c'est une broyeuse qui montre aux « déviants » à quel point on ne veut pas leur pardonner leurs fautes, à quel point on ne veut plus d'eux.

Le pays le plus heureux que j'ai traversé au cours de mes voyages, les gens les plus accueillants que j'ai rencontrés, c'est la Syrie d'Hafez el-Hassad, alors qu'avant d'y aller on m'avait expliqué que c'était une horrible dictature où les gens étaient privés des libertés les plus fondamentales. C'est peut-être vrai, mais moi, que ce soit à Damas ou au milieu du désert Syrien, à aucun moment je n'ai senti ça. Sans doute la chance du débutant.

En Amérique, j'ai peu d'amis, c'est les paysages qui prennent le dessus, avant tout le reste. Les Rocheuses surtout, véritable paradis pour les gens qui comme moi aiment la marche.

La suite est ici: http://www.actusf.com/spip/article-7210.html

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