[Bifff 2013] Notre avis sur le film Fin de Jorge Torregrossa

On reste un peu sur sa faim

Après s'être illustré à Toronto, Séville, Turin et Gerardmer, Fin le film de Jorge Torregrossa débarque en compétition Européeene du Bifff. L'affiche était superbe, le synopsis semblait plutôt bon, mais — désolé pour jeu de mots — Fin laisse bel et bien sur sa faim.

Tout commence par une bande de copains — qui ne se sont pas donnés rendez-vous dans 10 ans comme le disait Bruel — qui arrive à se retrouver une vingtaine d'années après leur dernière fiesta qui s’était terminée de manière peu joviale. Depuis, de l'eau est passée sous les ponts et les retrouvailles commencent sans trop d'amertume. Reste que la soirée un brin trop arrosée dégénère et avant que ça éclate tout le monde décide d'aller se coucher. Le lendemain, lors du réveil, alors que tout le monde est parti pour tirer la gueule, ce petit groupe découvre que les téléphones, les voitures et tous les autres objets électronique sont HS.

Réalisateur d'une multitude de séries télévisées et autres courts-métrages, Jorge Torregrossa s'essaie à son premier long-métrage destiné aux salles. Le constat des premières minutes est plus que positif, le film possédant une image aux rendus plutôt agréable. Chose au final à peine surprenante puisque la direction de la photographie fut attribuée à José David Montero, homme de lumière déjà bien expérimenté, ce dernier ayant collaboré sur des films comme le sympathique Les Proies ou encore le mauvais Apollo 18. L'installation autour des relations entre les personnages fonctionne plutôt bien, les acteurs/actrices sont pour la plupart attachant, voir assez charismatique pour ce qui concerne Miquel Fernández (H6: Diario de un asesino) Clara Lago (I Want You I) ou encore Maribel Verdú (Blancanieves). Fin commence donc plutôt bien et intrigue. Mais on comprend vite que le film se limitera à de la figuration, l'histoire étant de toute façon construit sous la forme d'un huit-clos post-apocalyptique en extérieur, mais huit-clos tout de même. Le climax sera quant à lui à son apogée lors d'une séquence en pleine montagne vertigineuse, parfaitement construite et pleine de tension. C'est à la suite de cette séquence que le film commence à se perdre.

Petit à petit l'image bien que jolie abuse un peu trop du champ/contre-champ, démontrant un manque de créativité pour mettre en scène les disparitions des membres du groupe. Puis une fois l’idée installée que c'est la fin et que tout le monde disparait au fur et à mesure, on commence aisément à deviner qui seront les derniers de la liste. Le pourquoi devient donc le seul intérêt du film, le seul élément qui arrive à faire perdurer un semblant de suspens. On s'attend donc une conclusion surprenante. Et ce sera notre plus grande déception - voir énorme frustration - puisque les scénaristes Jorge Guerricaechevarría (Cellule 211, Crimes à Oxford) et Sergio G. Sánchez (The Impossible) ont construit leur suspense autour d'une destinée - illustrée sur un carnet de dessin - qui trouvera une réponse très peu, voire pas du tout convaincante.

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