Casus Belli : notre avis sur le numéro 5

C'est de la bonne...

C'est un peu un leitmotiv dans l'histoire de Casus Belli V3, mais chaque numéro sorti est plus réussi et plus qualitatif que le précédent. J'entend déjà les mauvaises langues susurrer dans un coin "ce n'est pas bien dur !". C'est un fait, dès son premier numéro, Casus V3 a vivement été critiqué par certains, et, passé la joie de voir renaître de ses cendres ce dinosaure du jdr qu'est ce magazine, nombre de rolistes ont fait part de leurs mécontentements ici et là sur le web.

C'est vrai, Casus Belli n°1 était un beau numéro, mais il s'avérait également très clairement perfectible sur de nombreux points (contenu peu abondant, articles très consensuels, etc.). Mais au fur et à mesure des publications, on a tout de même vu le bébé grandir et gagner en maturité, et ce malgré quelques bugs dommageable (le numéro 4, sorti avec quelques mois de retard). L'équipe rédactionnelle n'a donc pas touché la perfection du premier coup, mais tend quand même à s'améliorer de manière très visible.

Une formule qui s'équilibre

Ainsi, ce numéro 5, consacré à la fin du monde, est plus abouti que le précédent. S'il n'est pas exempt de défauts, il s'avère pourtant être le numéro le plus abouti. Ainsi, après avoir tatonné pour trouver son rythme de croisière, il semble que la formule ait ici trouvé un équilibre très satisfaisant, alternant harmonieusement news, critiques, scénarios, aides de jeu et articles de fond. On reprend donc ce qui a fait le succès des versions précédentes, mais de manière globalement plus convaincante.

La partie news, par exemple, semblait être superflue dans une publication papier dont le rythme de parution la rend, par définition, peu réactive. Pourtant, on trouvera ici et là quelques infos qui n'étaient pas encore diffusées sur le net au moment de la parution. Si le format éditorial choisi (lecture à l'horizontal) s'avère tout de même plus esthétique que vraiment pratique, il apparaît qu'il donne à la rubrique un aspect ludique dans la grille de lecture, lui conférant ainsi un intérêt qu'elle ne semblait pas avoir de prime abord dans les premiers numéros.

Scénarios et aides de jeu toujours au top !

Les scénarios, quant à eux, sont toujours aussi qualitatifs (c'est un des points sur lequel le magazine a toujours été au top, reconnaissons le). Une nouvelle fois, ceux-ci sont estampillés officiels, voire sont écrits par quelques auteurs renommés dans le milieu (Mahyar Shakeri, Anthony Combrexelle ou Tristan L'Homme, l'une des plumes les plus célèbres de Casus V1). A noter, pour ceux qui ont suivi les publications, que la fin de la campagne Black Trinity est à la hauteur des trois premiers épisodes.

Le dossier "Fin du monde", quant à lui, s'avère suffisamment riche et travaillé pour satisfaire celles et ceux qui s'intéressent au sujet (pour les autres, pas de miracles, à l'instar de n'importe quel dossier dans n'importe quel magazine), avec un traitement concret, applicable sur une table de jeu. On pourra cependant repprocher au magazine, à l'instar des numéro précédents, un manque de cohérence dans les aides de jeux proposées ; on aurait ainsi aimé que ces dernières, qu'elles soient génériques ou dédiées, collent plus à la thématique principale.

Un numéro qui gagne en caractère

Mais là où le magazine s'améliore très nettement, c'est au niveau des critiques proposées. Alors que les premiers numéros proposaient des articles qui s'apparentaient plus à des "présentations de jeu" (d'où ce repproche d'être trop consensuel), Casus Belli n°5 propose, dans ses critiques pleine page, des textes qui osent pointer les différents défauts des jeux, et ainsi offrir un avis construit au lecteur (les "critiques en colonne", en revanche, souffrent toujours du même défaut).

Y compris dans son édito, le magazine commence à se mouiller et à prendre position. Le rédacteur en chef exprime ainsi un avis quant aux propos de Thomas Laborey, président de la FFJDR, sur le Podcast de la Cellule. On peut bien sur être en désaccord avec lui, mais il est tout de même agréable de s'apercevoir que la ligne éditoriale de Casus Belli devient moins consensuelle. Assez clairement, cela donne au magazine plus de caractère, chose somme toute très agréable pour un périodique qui se veut traiter de l'actualité (même d'un hobby).

Et puis, mais ça a toujours été le cas, Casus Belli reste toujours très agréable à lire. La qualité du papier, la sobrité de la mise en page et la clarté des textes donnent au magazine un vrai côté classe. Le tout est de plus particulièrement bien mis en valeur par de superbes illustrations ; on a ainsi envie de le ranger soigneusement plutôt que de le laisser négligemment traîner dans un coin. C'est ce qui a fait la force formelle de Casus depuis le numéro 1, et il est agréable de voir que les rédac-chefs n'ont pas changé leur fusil d'épaule.

Au final, ce cinquième numéro est donc le plus abouti depuis la création de cette nouvelle mouture. Certes, le magazine est encore perfectible sur un certain nombre de points, mais il s'améliore très clairement. Désormais, à la qualité des scénarios s'ajoutent des news qui sont vraiment des news, des critiques qui sont vraiment des critiques, et un dossier thématique abouti. D'une manière générale, le magazine gagne ainsi en caractère et en personnalité. Reste à rendre le tout un plus cohérent dans le fond, mais bon, ne nous plaignons pas, on est sur la bonne voie ! Allez, vivement le 6 !

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