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Entretien avec... Ryan Nicholson

Publié il y a 8 ans par Nicolas L.

Le réalisateur de Gutterballs nous parle de sa passion


Aujourd’hui, pour beaucoup de bissophiles, Ryan Nicholson est le symbole même de la résistance du cinéma de genre de qualité. Et cela grâce à un seul film phénomène : Gutterballs. Un film choc, malsain et drôle, qui mélange les dernières technologies de tournage et un esprit vintage aux senteurs cinéphiles. Bref, Ryan Nicholson, c’est mon pote (quand bien même il ne voudrait pas, le bougre) et le pote que tout fan de cinéma d’horreur a envie d’avoir à ses cotés, avec une bière bien fraiche et quelques sachets de doritos. Je suis donc très content d'avoir pu bavarder un moment avec lui, d'avoir pu lui poser, probablement pour la millième fois, des questions sur Gutterballs et sur sa façon de percevoir le cinéma d'horreur.

SFU : Tu as commencé comme spécialiste des effets spéciaux et Gutterballs est aujourd’hui ta cinquième réalisation. Aujourd’hui, tu mènes à la fois une carrière de réalisateur et de designer d’effets spéciaux. N’est-ce pas trop difficile ?
Ryan Nicholson : Aujourd’hui, il m’est très difficile de mener avec succès d’autres projets parallèlement à mes activités pour Plotdigger Films - qui composent mon véritable métier. J’ai dernièrement retravaillé mes plus vieux films - Live Feed et Torched (ndr: un moyen métrage qui n'est pas encore dans notre base de données, honte à nous!)- et en même temps la Bootleg Edition de Gutterballs, avec la bande originale, les comics, les t-shirts, les poster, etc… Ainsi que mon troisième long métrage, Hanger, qui sort au printemps 2009. J’aime être très occupé mais accepter en ce moment des projets dans les FX serait trop risqué. Je n’ai pas énormément de créneaux disponibles et la qualité de mes travaux en souffrirait. J’ai juste supervisé la conception de créatures pour Sci Fi, mais là, ce fut une façon de m'oxygéner
SFU : Quel est le plus beau souvenir de ta carrière?
Ryan Nicholson : Quand j’étais à Rome et que je mangeais un succulent plat de pates sur le toit-terrasse de notre hôtel avec Jon Voight qui venait d’incarner le rôle de Jean-Paul II dans la matinée (ndr : Ryan Nicholson fut prosthetic effects designer sur ce film : Jean-Paul II, de Jon Kent Harrison). Ce fut génial ! Rencontrer Christopher Lee dans l’ascenseur du même hôtel fut également un grand moment ! Lui et moi avons parlé de Jess Franco et de ses prestations en Fu Manchu ! C’était un rêve de fanboy qui se réalisait !

SFU : Tu es également spécialiste des maquillages spéciaux, et tu as travaillé sur de grosses productions, comme Mission to Mars ou le Treizième Guerrier. Pourquoi être revenu à des projets plus modestes ? Pour toi, la réalisation est un véritable challenge ou un amusement ?
Ryan Nicholson : Je pense que faire mes propres films et mes propres FX est un vrai challenge et c’est très important à mes yeux, c’est une vocation d’artiste. Je n’aime pas vraiment travailler sur les films d’autres personnes à moins qu’elles ne soient de mes amis ou quelqu’un qui apprécie vraiment ce métier. Pour moi, cela n’a jamais été une question d’argent, c’est concevoir la réalisation comme un art, pour ces réalisateurs et ces producteurs qui pensent comme moi, je peux faire de sérieux efforts pour créer quelque chose pour eux. Mais ce type de personnes est plutôt rare.
SFU : Live Feed, en 2006, connu un succès d’estime, qui n’est rien comparé à celui de Gutterballs. Es-tu fier de Gutterballs ? Le film correspond-il à tes souhaits ?
Ryan Nicholson : Gutterballs était un rêve qui est devenu réalité! J’ai eu plus d’argent, de meilleurs et de plus nombreux FX, une plus grosse équipe, plus d’assistants, de très très talentueux producteurs et monteurs d’effets spéciaux, bref, une équipe géniale ! Et un extraordinaire complexe de bowling valant plusieurs millions pour y tourner. J’ai eu Gianni Rossi et le célèbre groupe de rock canadien Harlequin, qui ont contribué à l’écriture des chansons avec mon ami Patrick Coble, auteur de la fantastique bande originale et du mixage son. J’avais aussi ma petite amie et partenaire Michelle Grady – de Life to Death FX – pour créer d’extraordinaires maquillages spéciaux. Disposer de tout ce réservoir de talents est assez rare. L’équipe et le casting ont travaillé sans relâche pendant 18 jours dans un tournage de nuit, sous la chaleur de l’été. J’ai adoré ça !

SFU : Gutterballs est un slasher très rude. Le ton est bizarre, parfois dramatique (la séquence du viol), parfois amusant. Certains spectateurs ont été choqués par cela. Pourquoi avoir fait ces choix ?
Ryan Nicholson : Je ne peux m’empêcher d’écrire des passages amusants au milieu de scènes d’horreur intenses! Je ne sais pas pourquoi… Quand j’écris une séquence de forte émotion, je finis toujours par en rire et c’est ce qui se passe dans le film. Ce n’est certainement pas intentionnel, c’est juste mon style d’écriture. Live Feed possède une scène d’horreur similaire avec un pénis tranché cuisiné et servi à une captive. Je ne sais pas pourquoi j’écris des choses comme ça. C’est un mystère.
SFU : En France, le film est sorti en DVD chre Neo Publishing. Es-tu satisfait de leur travail ?
Ryan Nicholson : Neo Publishing a fait un travail fantastique! Ils ont vraiment été forts avec une brillante campagne de pub et de marketing. Je n’avais jamais travaillé auparavant avec une société qui prend autant soin de ses clients. Malgré les coûts, Neo m’a envoyé à signer TOUS les DVD de l’édition limitée. D’autres compagnies auraient fabriqué un tampon ou imité ma signature, auraient triché et trompé les fans pour économiser de l’argent. Neo a fait réellement les choses et m’a envoyé TOUT ce qui était à signer. Pourtant la France est loin du Canada ! Imagine les frais d’expédition de ces douzaines de boitiers. Ils sont très consciencieux en ce qui concerne leurs produits et le packaging, L’intensité de leur travail et l’exceptionnelle qualité de leur doublage prouve qu’ils sont très bons dans tous ce qu’ils font !
SFU : Est-ce que la version proposée est la seule existante ? Une autre version Uncut dans tes cartons ?
Ryan Nicholson : Neo a édité une version Cut et une version Uncut. Je crois que la version Cut qu’ils ont utilisé est celle que j’ai personnellement édité à Vancouver au Canada et qui est excellente car même si les scènes de sexe les plus explicites ont été coupées, il reste encore une grosse dose de gore. Il y a quelques fans d’horreur qui ont trouvé que les scènes de sexe allaient trop loin, étaient trop pornographiques pour leurs gouts, aussi je suis sûr qu’il préfère la version Cut. Maintenant, la version Uncut éditée par Neo est la plus extrême qui puisse exister. Il n’y a pas d’autres versions.
SFU : Les personnages sont des stéréotypes des films d’horreur des années 80. Je suppose que tu es un fan de la période, des films Troma, plus particulièrement..
Ryan Nicholson : C’est sûr, je suis un fan de The Toxic Avenger et de Class of Nuke Em High. Lloyd Kaufman (ndr: big boss de la Troma)fait d’ailleurs une apparition dans Hanger, mon nouveau film ! Quelques autres films de la Troma comme Combat Shock et Bloodsucking Freaks m’ont également inspiré. Bloodsucking Freaks figure parmi mon top 10 des films d’exploitation ! Et on ne peut pas oublier non plus Mother’s Day, un autre classique !

SFU: Comment t’es venu l’idée du personnage de BBK?
Ryan Nicholson : Je voulais un tueur qui est une forte personnalité et un armement original qu’il pourrait porter dans des séquelles. J’ai une séquelle dans mes projets. Elle se déroule dans un parc aquagliss ! Il s’appelle Gutterballs II : Slip, Slide and Die ! Oui, BBK est de retour ! Il y a des adolescentes en bikini et des jeunes sportifs en speedo massacrés lors d’une fête tardive se déroulant dans le parc. Les séquences de tuerie sont totalement démentes et très gore ! Cela dépasse Gutterballs, c’est certains ! Et c’est filmé dans le style d’une sex-comedy des années 80 ! Imagine Up the Creek (ndr : Les Branchés du Bahut) meets BBK ! Je pense tourner en été 2009 pour une sortie au printemps 2010.
SFU : Gutterball est un grindhouse movie. Que penses-tu du travail de Quentin Tarentino et Robert Rodiguez sur leur grindhouse movie ?
Ryan Nicholson : J’ai pensé qu’il était complètement dingue de voir ça au cinéma, avec un tel enchainement de faux trailers entre les films ! C’était hallucinant ! j’ai acclamé et crié comme le fan fou furieux de films d’horreur que je suis. J’ai par contre été déçu par la sortie DVD en éditions séparées. Cela n’a pas marché. Ce n’était plus Grindhouse, c’était plus « Hé faisons ça maintenant… encaissons le cash et sortons Grindhouse plus tard ! » Mais comme je suis un crétin, je les ai acheté, tout comme j’achèterai Grindhouse quand il sortira. (rire) (ndr : Au USA, Grindhouse est sorti en salle dans son format complet, comprenant les deux films et les bandes-annonces. Par contre, l’édition DVD a suivi le honteux standard européen (salle et DVD) avec une édition séparée pour Boulevard de la Mort et Planète Terreur).
SFU : Avec le recul, si tu devais refaire Gutterballs, changerais-tu quelque chose? Plus de sang, plus d’effets spéciaux ? Plus d’humour ?
Ryan Nicholson : Je ne changerai absolument rien! Pour moi, c’est le meilleur film que je ne n’ai jamais fait, jusqu’à présent. Tu sais, maintenant, Hanger est en post-production et il semble vraiment vraiment stupéfiant ! Mais, honnêtement, Gutterballs reste le film parfait pour moi. Je l’aime. J’ai eu tout ce dont j’avais besoin. J’avais du temps pour preparer au mieux les effets spéciaux. J’avais du temps devant moi, des super installations. Tout ce que possède un film à gros budget… Bon, à part le gros budget, bien sûr! Mais j’ai vraiment bien travaillé et que TLA Releasing prenne le film pour la distribution américaine sous leur label Danger After Dark fut pour moi un rêve qui se réalisait ! J’aime leurs produits et je suis un fan de leur catalogue DVD. Leurs jaquettes sont totalement malsaines ! J’adore ça !

SFU : La séquence du Wax-O-Matic est vraiment bizarre, Presque fantasmée. Pourquoi ça ? Tu voulais faire une sorte de Freddy Krueger Tribute ?
Ryan Nicholson: Hahaa! Je voulais placer un robot quelque part dans ce film. Comme dans Short Circuit ou Saturn 3! Je trouve que les robots sonnent très années 80 ! Pour moi, le Wax-O-Matic est un robot avec des attitudes des années 80 ! Il dit ce qu’il pense et possède une personnalité. Cela ajoute à la nature bizarre du film. On dit, « Oh, mon dieu, ça parle ! » mais aussi « Wow, c’est cool ! ». Cela a pu aller dans d’autre direction, qui n’ont pas été voulue, mais beaucoup de gens à qui j’ai demandé quelle est leur séquence favorite ont répondu que c’était celle du Wax-o-matic ! Quand à ton allusion, la séquence générique de Gutterballs contient mon hommage aux Griffes de la Nuit ! BBK construit ses propres instruments de mort !
SFU : En France, le cinema d’horreur est un genre qui subit beaucoup les foudres de la censure. Comment se porte le cinéma indépendant canadien et américain ?
Ryan Nicholson : Je pense que le Canada est plus tolérant que les USA. C’est génial car je suis canadien et que je vis au Canada. Mais mon public se trouve en réalité aux USA, où la censure massacre les films d’horreur à petit budget. Live Feed a été soumis trois fois à la MPAA pour finalement se voir attribuer un R-Rating (interdit aux -17 ans non accompagnés d’adultes). Et cinq minutes avaient été coupées ! Cela se passe souvent comme ça. Dans les films des années 80, vous vouliez faire un plan comme ça… vous aviez un plan comme ça. Maintenant, vous aimeriez avoir une séquence comme ça… vous avez une séquence comme ça ! C’est ridicule. Mais dans d’autres pays, comme l’Allemagne, c’est encore pire. Par exemple, Gutterballs y a 20 minutes de coupes! C’est ¼ du film! C’est absurbe! Et ils ont fait la même chose en Allemagne avec Live Feed.
SFU : Tu nous a dit que tu préparais Gutterballs II. Peux-tu nous en dire plus ?
Ryan Nicholson : Le Concierge (ndr: joué par Dan Ellis dans le premier volet) avait un frère jumeau qui travaille comme homme à tout faire dans un parc d’aquagliss en plein air. Il reçoit une boîte alors qu’il travaille au parc, l’ouvre, et y trouve le masque de BBK ! Il ouvre le masque et découvre une tête en décomposition… la tête en décomposition de son frère ! La même nuit, un groupe de jeunes un peu agités se rendent dans le parc pour un party de sexe et de violence mais qui tourne au massacre sanglant quand BBK refait surface ! Oui, the Bowling Bag Killer est dans le parc aquagliss ! Gutterballs était si absurdement drôle que nous pouvons oser ce set-up, personne ne sent souciera, et c’est beaucoup plus drôle en réalité. Il y a d’autres surprises qui feront leur apparition en cours de film, ainsi que quelques personnages du précédent film. J’en suis à la phase d’écriture du script.
SFU: Et ton autre projet?
Ryan Nicholson : Avec Plotdigger Films, on vient de finaliser notre troisième long métrage; Hanger. C’est une sorte de Street Trash meets Death Wish meets Texas Chainsaw Massacre meets Pink Flamingos. C’est si bizarre que je n’arrive même pas à te l’expliquer… je peux juste te dire “fétichisme et tampons périodiques”, “suffocations avec sac pour colostomie » et un très graphique « avortement avec un cintre » qui va laisser un souvenir inoubliable aux fans d’horreur, même les plus blasés. C’est un amusement pour toute la famille ! A la condition que ta famille soit la « Manson Family » !
SFU : Merci Ryan, bonne chance pour tes travaux futurs et « bonne année 2009 » !
Pour plus d’informations… et autres:
www.plotdigger.com
www.myspace.com/hangerthemovie www.myspace.com/plotdigger www.myspace.com/ballsonthechin www.myspace.com/livefeed

Diaporama photo : Gutterballs [2008]

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  • J'ai adoré ce film, c'es complètement fou! bravo mister nicholson!!
    BBK addict, le 9 janvier 2009 12:29
  • Mais comment j'ai pu passer à côté de çà ?!?!
    Christophe B., le 18 janvier 2009 16:18