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Entretien avec Guillaume Besançon et Jérémy Coget

Publié il y a 8 ans par Vincent L.

Ils nous parlent de Jeu de Rôle Magazine...

Lancé en mai dernier, Jeux de Rôle Magazine en est aujourd'hui à son numéro 3. Alors que le quatrième est dors et déjà en préparation. Guillaume Besançon et Jérémy Coget nous offrent aujourd'hui un peu de leur temps pour répondre à quelques question sur ce magazine.
Vincent L : Question bateau mais inévitable : pouvez-vous vous présenter et expliquer quel est votre rôle dans Jeux de Rôle Magazine ?
Guillaume Besançon : Je m’appelle Guillaume Besançon, je suis à l’origine du projet. Au début, je faisais un peu tout, mais des personnes de haut niveau sont venu me rejoindre. Ils ont fait une OPA sur tout le contenu du magazine, je ne m’occupe plus que l’administratif, du commercial, de la communication... Ce n’est jamais facile de confier à d’autres sa créature, mais le résultat est une œuvre commune, vraiment participative, comme je le voulais au début.
Jérémie Coget : Jérémie Coget alias Intylzah ou Inty pour les intimes. Je suis un bénévole, ayant rejoint le projet à ses débuts, et peu à peu ayant pris une part importante dans le projet. Je m’occupe principalement de la section critique de jdr. Ce qui m’entraîne à suivre l’actualité, à entrer en relation avec les éditeurs, pour le service presse, et à essayer de connaître tous les jeux qui sortent (au moins en français). Ensuite je « commande » une critique, la relis, demande des modifications si nécessaire, l’envoie à la relecture, obtient les images, et une fois le tout réunis l’envoie à la pao. En tant que membre du comité de rédaction je participe au choix éditoriaux du magazine : choix des thèmes, de la répartition des rubriques, élaboration du chemin de fer… En bref, je donne mon avis, même si on me le demande pas.
Vincent L : Pourquoi avoir décidé de créer un nouveau magazine de jeu de rôle alors même que le contexte économique apparaît comme défavorable ?
Guillaume Besançon : Tout simplement parce que le jeu de rôle en avait besoin et que nous en avions envie. Aussi, nous avons inventé un nouveau modèle économique en appliquant le mode participatif de création de beaucoup de sites internet à un magazine. SFU est fait aussi sur le mode participatif, je crois. Le mode participatif, ça veut dire que tout un chacun peut apporter sa pierre à l’édifice.
Vincent L : Quelles difficultés se sont présentées à vous entre l'instant où vous avez décidé de monter Jeux de Rôle Magazine et le moment où les choses sont devenues concrètes ?
Guillaume Besançon : Ca prendrait un livre entier de le raconter. C’était une aventure passionnante mais éprouvante. La première difficulté était financière, évidemment. Pendant plusieurs années, on aura beaucoup d’argent « dehors ». Je dois dire qu’une fois que les gens ont cru au magazine, les choses sont allées très vite, j’ai rencontré des bonnes volontés incroyables. Par exemple, un jour, je reçois un email en me disant : votre magazine méritait un site, j’ai crée jdr-mag.fr . Je suis allé voir : un site complet avait été construit, exactement avec le contenu dont nous avions besoin. J’étais ébahi.
Vincent L : On sait que jdr magazine se base sur le bénévolat. Comment cela fonctionne-t-il au quotidien de travailler avec des personnes non salariées ?
Guillaume Besançon : Le magazine est une vraie machine à créer, dont l’épicentre est notre forum de travail. Tout ce que les gens veulent, c’est une plate-forme pour produire leurs idées en grand et en équipe. Après, ils comprennent bien qu’il n’y a plus d’équilibre économique pour un magazine de jeu de rôle depuis les années 90 et que c’est plus un risque financier qu’autre chose. Si les choses se développent comme on le rêve, on pourra rémunérer quelqu’un pour faire le travail administratif dans quelques mois, car je ne pourrai pas tenir à ce rythme éternellement.
Jérémie Coget : Je n’ai aucun problème, vu que j’en suis un aussi. Disons qu’au début il faut « trouver » les bénévoles qui comprennent que même s’ils sont bénévoles il y a des contraintes à respecter (taille, délais et qualité), mais une fois trouvé cela roule tout seul. On travaille dans la bonne humeur, et les échanges de mails sont agréables. J’ai même fait la connaissance de plusieurs personnes que j’apprécie énormément depuis que je suis à Jdr mag. Le tout est de ne pas oublier (mais c’est aussi vrai chez les pros) de dire merci et de complimenter un bon travail !

Vincent L : Quelle est la ligne éditoriale de Jeux de Rôle Magazine ?
Guillaume Besançon : Elle est très simple : Le jeu de rôle, le « vrai », sur table, et ce qui y est étroitement connexe.
Jérémie Coget : De mon point de vue, concernant les critiques de jeu, il s’agit de présenter toutes les sorties de jeux français et éventuellement quelques sorties VO si on à la place dans le magazine. Et j’ai bien dit présenter, c’est à dire que l’on présente l’univers, présente les règles et dans le même temps on pointe les points positifs et négatifs.
Vincent L : Chaque numéro est associé à un dossier (les grands anciens du jeu de rôle pour le premier numéro, le monde des ténèbres pour le second). Comment fonctionne la genèse de ces dossiers (qui fait quoi, que met-on dedans, etc.) ?
Guillaume Besançon : Les thèmes des dossiers ont été discutés par le comité de rédaction, formé de la dizaine des contributeurs les plus actifs. On a réfléchi à ce que veulent les lecteurs, à aborder des sujets attendus de façon originale, ce n'est pas évident. Ceci dit, les dossiers font 10 à 20 pages, scénario compris, le reste est généraliste.
Jérémie Coget : Disons qu'on choisi, plus ou moins collégialement, un thème pour le dossier et ensuite il faut le remplir. Pour cela tous les responsables de rubriques (Scénario, critique, aide de jeu, article de fond, inspi...) essayent de voir ce qu'ils peuvent proposer pour aller avec le thème du dossier. Ensuite le rédacteur en chef tranche s'il y a trop de matières...
Vincent L : A quels dossiers peut-on s'attendre pour les numéros à venir ?
Guillaume Besançon : Le numéro 4 vous transportera dans les mystères de l'Orient. Ensuite, il y aura FuturS, Pirate, Moyen-Age... les autres thèmes sont en discussion. Venez apporter votre voix sur notre forum !

Vincent L : Jeux de Rôle Magazine n°1 est paru en kiosque en mai dernier. Ses ventes ont-elles été à la hauteur de vos attentes ?
Guillaume Besançon : Guillaume Besançon : Oui. Du coup, on a imprimé le n°2 en 30 000 exemplaires, alors qu’on avait sorti le premier en 13 100.
Vincent L : Avec le recul, avez-vous de regrets pour ce premier numéro ?
Guillaume Besançon : A chaque page. Mais la qualité générale emporte les petits défauts.
Jérémie Coget : Personnellement aucun. Pas qu’il soit parfait, bien au contraire, mais tout simplement que l’objectif de Guillaume Besançon était de sortir le mag en mai, et on l’a sortie en mai. Vu que l’équipe s’était réellement constitué en avril, il était évident qu’il y aurait des « erreurs de jeunesse », erreurs qu’on a été plusieurs à remarquer (le délais de publication ne nous permettant pas de les corriger) et qui nous ont servi dès la sortie du 1 (sans attendre les retours) pour mieux préparer le 2. De mon côté j’ai fait tout pour fournir des critiques avant la sortie, et je pense avoir rempli correctement toutes les pages qui m’étaient attribuées.
Vincent L : Y a t-il des choses que vous avez modifié pour les numéro 2 et 3 ?
Guillaume Besançon : On a amélioré la maquette, la relecture. Ce n’est pas encore parfait, mais les progrès sont énormes. Ca représente des centaines d’heure de travail.
Jérémie Coget : En gros on se professionnalise.

Vincent L : Depuis la publication du numéro 1, Dragon Rouge a été crée et Black Box n°3 est sorti. Avez-vous jeté un coup d'œil à ces revues ?
Guillaume Besançon : Dragon Rouge est très complémentaire au nôtre. C’est un magazine pour les adolescents, pour promouvoir Donjons&Dragons 4, qui se veut un jeu d’initiation. Le nôtre est plus est destiné à des rôlistes déjà chevronnés, notre lectorat a plus de 20 ans. Mais nous participerons aussi à l’effort d’initiation au jeu de rôle avec un n°3 spécial « Découverte ». Paradoxalement, ce ne sera pas un magazine pour débutant : on y trouvera tous les outils nécessaires à un vieux de la vieille pour faire découvrir sa passion à des néophytes.
Jérémie Coget : Dragon Rouge vise un public plus jeune, de débutants, avec une présentation plus aéré, plus "flashi" et il est centré sur DD4. Le défaut d’une présentation aéré c’est que les articles sont plus léger, survole, ou alors prennent beaucoup plus de place. Point fort du mag, le poster à détacher. Black Box a plus de pages (112) et est d’assez bonne qualité, bien qu’ayant plusieurs pages hors jdr (figurines et jeux vidéo) et parlant, pour le N° 3, trop des produits Black Books. Sa principale force, c’est le nombre de page, qui leur permet par exemple pour le 3 d’en consacrer 12 à un univers maison.
Vincent L : Cette nouvelle concurrence vous effraie t-elle ?
Guillaume Besançon : Pas du tout. Notre but est de faire vivre le jeu de rôle donc plus il y en a, mieux c’est. Et surtout, les magazines de jeu de rôle, c’est comme les bars de la rue de la soif : plus il y a de bars, plus ils sont pleins. Plusieurs magazines dans les rayonnages donnent de la lisibilité à la presse jeu de rôle.
Jérémie Coget : Non. On n’est pas en concurrence avec Dragon Rouge, on ne vise pas le même public. Et quand à Black Box je pense que deux mags généralistes, permettant de proposer des scénarios variés, et deux points de vue sur un jeu, peuvent très bien coexister. Tout comme une majorité de rôlistes achète plusieurs jeux, pourquoi ne pas acheter plusieurs mag ?
Vincent L : Avez vous eu des retours des éditeurs et autres professionnels du jeu de rôle par rapport à votre travail ?
Guillaume Besançon : On a découvert des rapports très simples avec tout ces gens-là, des rapports de passionnés qui se comprennent vite et admirent mutuellement le travail de l'autre. Les éditeurs commencent à croire au projet. Beaucoup de gens qui ont fait des choses intéressantes dans le petit monde du jeu de rôle nous ont rejoins. La sauce prend. On est au service de nos lecteurs mais aussi de ces gens-là, de ceux qui font vivre la création rolistique.
Vincent L : Une question plus personnelle pour finir : quel regard portez-vous sur le jeu de rôle en France actuellement, à la fois comme hobby, mais également comme activité commerciale ?
Guillaume Besançon : Le paradoxe, c’est que le jeu de rôle comme hobby ne s’est jamais aussi bien porté, alors qu’en tant qu’activité commerciale, le jeu de rôle a presque atteint le niveau 0. Et ce, même si l’année 2008 est celle des sorties majeures comme le dernier Donjon & Dragon 4, comme Dark Heresy, le jeu de rôle dans le monde de Warhammer 40 000 ou comme les différentes moutures de Cthulhu, qui devraient chacun réaliser entre 10 000 et 40 000 ventes. C’est aussi l’année du retour de la presse rôlistique et de pleins d’excellents petits projets. Cela ne suffira pas à en faire un vrai secteur économique, même si on assiste à un retour des ventes. Aujourd’hui, il y a cinq personnes en tout et pour tout en France qui vivent principalement du jeu de rôle, autant dire que le jeu de rôle en tant que secteur économique n’existe pas. De toute façon, il faut savoir que ça a toujours été un milieu d’amateurs et de bénévoles, et je dirai tant mieux. Ces passionnés ont maintenant entre 25 et 40 ans pour la plupart, ces sont des informaticiens, des cadres, des artistes, des professeurs (avant-goût des résultats du sondage qui sera publié dans un des prochains numéros de Jeu de Rôle Magazine). Ils produisent des jeux de bien meilleure qualité qu’il y a une ou deux décennies. J’ai l’impression de participer à des parties plus créatives et plus récréatives. C’est aussi toute une génération de rôlistes qui sont devenus scénaristes, écrivains, créateurs de jeux vidéo, dessinateur de BD, et on retrouve des univers et des histoires tirés du jeu de rôle un peu partout. C’est pourquoi j’affirme que le jeu de rôle comme hobby ne s’est jamais aussi bien porté : on joue des parties de bien meilleure niveau et le jeu de rôle est devenu une usine à créativité pour tous les autres médias.
Jérémie Coget : Personnellement le jdr est pour moi une passion, l'un des rares jeux permettant de jouer ensemble, et pas les uns contre les autres. Et avec des possibilités de jeux infinis. En bref, un hobby idéal, si ce n'était le temps qu'il prend... Concernant le côté commercial, malheureusement le jdr est le produit le moins commercial du monde. Car avec un livre on peut jouer des années sans jamais avoir besoin d'autre chose que son imagination (et un groupe de joueurs). Bien entendu, le besoin de varier d'univers et le désir de mieux connaître un monde, permet la vente de jeux différents et de nombreux suppléments.

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