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Rencontre avec : Ruggero Deodato

Publié il y a 8 ans par Richard B.

interview de Ruggero Deodato lors du NIFFF 2008

Lors du festival du Nifff 2008, nous avons eu la chance de pouvoir nous entretenir avec Ruggero Deodato, célèbre pour avoir réalisé « Cannibal Holocaust ». Mais cela serait vite oublier que ce film ne représente qu’une parcelle de sa filmographie. Filmographie sur laquelle il est revenu pour nous évoquer ses divers souvenirs.
Pour cet occasion unique, vous pouvez voir l’interview sous format vidéo ou, de façon plus traditionnelle, sous forme textuelle.

> télécharger la vidéo en wmv

Bonjour Ruggero Deodato, j’ai entendu dire qu’il y avait un nouveau projet autour de « Cannibal Holocaust », pouvez-vous nous en dire plus ?
RD : Tu sais, durant toutes ces années, tous me l’ont demandé. Depuis plus de vingt ans. Après la sortie de « Blair Witch project » tout le monde me réclamait de faire la suite à « Cannibal Holocaust ». De mon côté, je pensais que c’était impossible… il était impossible de faire un autre « Cannibal Holocaust », autant pour moi que pour un autre. Ce que tu as fait un jour, tu ne peux pas le refaire une autre fois. Mais avec le temps et les années, car on me l’a vraiment beaucoup demandé, j’ai commencé à réfléchir à une histoire. Et cette histoire s’appelle « Cannibals », c’est un « cannibale » métropolitain. Mais il y aura toujours de la jungle. En fait, c’est la fixation d’un studio privée qui a dans sa tête ce mot « Cannibal Holocaust », et désire faire un autre « Cannibal Holocaust », alors il pense en ramener un avec lui dans la ville. La ville sera vraiment l’événement de ce « cannibale métropolitain ». Une histoire très forte que je vais tourner, mais seulement… En fait, tout est prêt ! L’histoire est prête, le scripte a été fait en Amérique avec une histoire écrite par moi-même et un écrivain américain, et je devais tourner le film pour la fin d’octobre. Mais j’ai eu quelques « désaccords » avec le producteur canadien, car il veut changer une chose et je ne suis pas d’accord. Alors, le producteur m’a écrit une lettre en me disant « ça va, notre amitié est plus importante que de faire le film sans ta volonté complète, alors nous laissons passer l’été et après on reprendra les discussions ». Il désire diminuer tout le budget du film. Il veut faire un « petit film », et après « Cannibal Holocaust », je ne suis pas d’accord ! Je veux faire un bon film, pas forcément très cher, mais avec assez d’ingrédients pour en faire un bon film. C’est ce qu’attendent les gens !
En effet, quitte à faire une suite, autant qu’elle apporte quelque chose ?
RD : Ce n’est pas une suite. C’est différent. Il y a toujours un rapport, par exemple j’ai acheté quelques morceaux de « Cannibal Holocaust » pour le mettre dans le film, car cela reste la fixation d’un homme. Donc, c’était nécessaire que je prenne quelque chose de « Cannibal Holocaust ».
Cela permettra peut-être le retour du cinéma italien dans le genre « Horreur » ?
RD : Je ne pense pas que « Cannibal Holocaust » soit un film d’horreur. C’est un film sur la réalité. Par exemple, je pense que « Gomorra (film de Matteo Garrone) » c’est un film qui se situe dans la réalité. Comme peut l’être « Cannibal Holocaust ». Et je pense que le cinéma italien peut reprendre s’il fait du néoréalisme, qu’il fait voir les choses de l’Italie, car il est important de faire voir des choses d’un pays et aussi raconter notre histoire à travers le cinéma. À une époque avec toutes les histoires de police que nous racontions durant cette période, nous avons construit des histoires fortes ! De même que lorsque nous avions commencé les films de Western. L’invention de Sergio Leone a était de rendre le héros mauvais et les autres bons. Et le public aimait voit le héros devenir le « mal ». Car c’est ça la réalité, tu dois toujours combattre le mal, non ? C’est le « diable » et tu aimes le « diable » ! Par exemple aujourd’hui Berlusconi c’est le diable et tous les gens aiment le diable. Cela demande plus de force pour combattre le diable (rire) !
À une période vous avez utilisé le pseudonyme de « Roger D. Franklin », comme pour « I Predatori di Atlantide ». Pourquoi ? Est-ce pour désavouer certains films ?
RD : Non, je pense que c’est parce que les producteurs avaient peur de m’appeler Ruggero Deodato et cela parce que j’avais fait « Cannibal Holocaust ». À cette époque le film était interdit dans plein de pays. En France on m’a nommé, « Mr Cannibale ». Alors, il était très difficile de donner une « virginité » à Ruggero Deodato à cause de « Cannibal Holocaust ». Je pense que c’est pour ça, car pour moi il n’y avait aucun problème pour signer mes films Ruggero Deodato.
Justement, accepte-t-on facilement de voir son nom changé dans un film que l’on a réalisé ?
RD : Tu sais, « I Predatori di Atlantide » était un film pour imiter « Mad Max », alors pour moi signer Ruggero Deodato ou Roger D. Franklin, c’est la même chose ! Ce n’est pas un film de ma créativité, alors ça me va ! C’est pour manger (rire) !
Je vais vous parler d’un film que j’ai énormément vu jeune, il s’agit des « Barbarians » ! Comment étaient les frères jumeaux sur le tournage ? Étaient-ils aussi « barges » que dans le film ?
RD : Quand on m’a appelé pour réaliser cette production de la Canon , on m’a dit : « tu dois faire un nouveau Conan, un Conan fort et vaillant ! ». Et moi j’ai dit « d’accord !» et je pensais bien faire un film comme ça ! J’aimais beaucoup ça. Mais durant la préparation du film, il y avait déjà les deux frères. Alors que je dinais avec eux, j’ai perçu qu’ils étaient vraiment drôles. Tous les deux se battaient constamment. Ils étaient toujours à faire du bruit. Quand ils prenaient la voiture avec le chauffeur et qu’ils passaient devant la police, ils baissaient leurs frocs pour faire voir leurs fesses. Et la police se mettait à les poursuivre jusqu’au studio. Alors, je me suis dit, comment faire un film aux émotions fortes, un film tragique, lorsqu’on en a deux comme ça !? Dans le film, à un moment « l’un prend quelque chose » et l’autre dit « non, c’est moi qui prends ça », bien dans la vie ils sont pareils ! Je me suis dit alors que l’on ne pouvait pas faire le film ainsi, qu’il fallait faire un film comique. Ma chance et ma créativité ont complètement changé d’orientation. Mon producteur, John Thompson avait très peur de ça ! Il m’a dit « tu avais promis au groupe Canon de faire un film à la Conan et maintenant tu as complètement tout changé !, qu'est-ce qu’ils vont dire quand ils vont voir le film ?! » et moi je lui ai répondu « ça va John, j’ai changé parce que les deux, ils sont énormément drôles ». Puis finalement, ils ont tous été très contents et le film est sorti en Amérique avec 1500 copies. Ce fut un grand succès.
on peut se dire aussi que « Barbarians » vous a permi de changer de style cinématographique ?
RD : Tu sais, j’ai fait aussi beaucoup de commercial et de vidéos clip. Alors, j’ai voulu tourner le film comme un vidéo-clip, comme un trailer ! En fait, sur toute ma carrière c’est le film ou je me suis le plus amusé. Parce que c’était un film avec beaucoup d’argent, le budget était très gros pour un film italien, et je me suis cru vraiment dans un rêve durant tout le film. Puis il y avait tous ces paysages magnifiques. Après il y a eu quelques problèmes, avec par exemple, Peter (Peter Paul) qui s’est un peu tout cassé ou encore, David (David Paul) qui lui s’était cassé la jambe, on a même dû arrêter pendant 15 jours, car il était complètement immobilisé. Mais ce fut vraiment un film amusant à faire jusqu'à la fin !
Dans « les Barbarians » on retrouve l’acteur Richard Lynch avec qui vous aviez déjà travaillé sur « Inferno in diretta ». Pouvez-vous nous parler de votre collaboration ?
RD : Richard Lynch quand je l’ai prit sur « Cut and Run (Inferno in diretta) » il était un acteur assez bizarre, un acteur assez dur à affronter. Mais il était aussi un acteur fantastique. Il est devenu un ami et un grand collaborateur qui m’a beaucoup plu ! c’est pourquoi j’ai pensé à lui pour les « Barbarians » ou il est venu à Rome très content. Puis je l’ai repris ensuite pour la télévision avec « Sotto il cielo dell'Africa » qui se déroule en Afrique et un téléfilm avec Bud Spencer (Noi siamo angeli) parce que quand j’aime un acteur, je l’épouse (rire). Richard parle toujours en bien de moi et j’espère avoir encore à tourner avec lui.
De plus, cela doit être plus facile une fois que l’on connaît l’acteur ?
RD : Bien sûr, quand tu connais l’acteur, il comprend immédiatement ce que tu as à dire. Un grand acteur arrive à te comprendre immédiatement, tu n’as quasiment rien à dire que lui te comprend. Avec Richard Lynch c’était vraiment ça. Quand tu travailles plusieurs jours avec un acteur, c’est vraiment plus facile.
Petite marche en arrière pour revenir sur le « Dernier Monde cannibale » qui est le tout premier film de votre saga sur les cannibales. Est-ce ce dernier qui vous a conduit à faire « Cannibal Hollocaust » ?
RD : Je ne prévois jamais un film après l’autre. Parce que je veux toujours pouvoir changer. « Le Dernier Monde cannibale » je l’avais fait avec beaucoup de plaisir et c’est un film que je trouve très travaillé. Travaillé, parce que je suis allé en Malaisie, qui est une véritable forêt, plus que l’Amazonie et je l’ai vraiment bien fait. Je l’ai revue à la cinémathèque à Paris et je me suis dit que c’était vraiment un bon film. Il faut dire qu’après, partout on m’avait demandé de faire un film dans le même registre, et j’ai répondu « non, je vais changer ! » et après ça j’ai fait « Last Feelings » et après on a mis l’argent dans ma main et on m’a dit « tu dois faire un film sur les cannibales », alors j’ai pensé à « Cannibal Holocaust » et c’est là ou la tétralogie du cannibalisme a commencé.

Vous avez réalisé un certain nombre de films, et je me suis demandé lequel était celui qui représente pour vous votre plus grande fierté ?
RD : Certainement ne dois-je rien dire de mal sur « Cannibal Holocaust », parce qu’il me donne l’opportunité de voyager à travers le monde et recevoir beaucoup d’hommages. On me demande des autographes que ce soit à San Francisco, Los Angeles, en Europe, ça c’est mon cheval de bataille. Mais j’aime aussi beaucoup « Les Barbarians » , pour moi il reste d’hommage que l’on ne puisse pas faire d’autres « Barbarians » parce que je l’aime beaucoup. Sinon, avant je détesté « La maison au fond du Parc » et maintenant quand je le vois, je me dis : « Ruggero, c’est pas si mal! »
Votre premier film comme réalisateur se nomme « Ursus, il terrore dei kirghisi » et semble avoir été cosigné, pouvez-vous nous en dire plus ?
RD : C’est Antonio Margheriti qui me l’a laissé. En fait, j’étais l’assistant d’Antonio Margheriti, il a commencé le film durant 2 semaines, mais ensuite il m’a dit : « Ruggero, j’ai un contrat sur un autre film et je suis en retard, j’ai un problème, car j’arrive pas à terminer ce film, alors je te laisse ce film ! ». Il m’a laissé le film pour 4 semaines de tournage. Mais c’est lui qui l’a signé !
Finalement, c’est plus un film de lui ou de vous ?
RD : c’est plus un film de moi dans la mesure où j’ai fait 4 semaines et lui que 2. Mais le film est signé sous son nom et il a pris l’argent de metteur en scène et moi d’assistant (il sourit).
Je me rappelle de l’affiche de « Washing Machine » ou l’on voyait quelqu’un coincé dans une machine à laver. Une image assez drôle qui m’avait intrigué à l’époque. Qu’elle souvenir gardez-vous de ce film ?
RD : c’est une histoire que nous avons reprise d’une pièce de théâtre. C’est l’histoire d’un cadavre retrouvé par une famille, des sœurs et on sait jamais qui est le responsable. Un film bien filmé que j’ai tourné à Budapest où j’ai pu instaurer une ambiance thriller. Mais ce film n’est pas encore sorti en Italie, même pas encore en DVD. Un film bien fait avec de bons acteurs, mais avec une histoire peut-être un peu trop confuse.
Merci beaucoup Ruggero !

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