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Rencontre avec... Norbert Merjagnan

Publié il y a 8 ans par Manu B.

L'auteur des Tours de Samarante

Norbert Merjagnan est un ALNI, un Auteur Littéraire Non Identifié. Il a été capable de créer la surprise d'un roman remarquable et fortement remarqué, à la griffe stylistique très acérée, bien qu'il ne s'agisse que de son premier roman, et même de son premier texte publié. Il nous livre ses impressions non seulement sur ses premiers pas en tant qu'auteur mais aussi sur l'univers de Samarante. Rappelons aussi qu'il a intégré la maison d'édition la Volte. Autre métier et autre source de satisfaction.
© Photo de Daniel Marques
Oman: Bonjour Norbert Merjagnan. On ne te connaissait pas avant la parution de ton roman les Tours de Samarante, et puis tu arrives directement dans la collection Lunes d’Encre dirigée par Gilles Dumay, chez la prestigieuse maison d’édition Denoël. Alors forcément, ça intrigue le lectorat. Et donc te voilà interviewé par nos amis du Cafard Cosmique et d’ActuSf et on en apprend un peu plus. 10 ans passés dans un établissement financier, dans l’Internet à concevoir des plates-formes électroniques semblent n’avoir pas éradiqué tes envies d’écriture, même après 40 ans ?
Norbert Merjagnan: A 40 ans (je viens de franchir le cap !), j’ai juste assez de recul pour savoir que l’écriture ne me lâchera pas. Il y a trois ans, j’ai décidé de passer avec elle une sorte de contrat. Je lui donne les récits, les gueules, les obsessions que j’ai dans la tête et elle, à son tour, me fout la paix. Je ne sais pas exactement où ça mène, dans combien de temps je pourrai me dire : « c’est bon, c’est fini ». Je préfère me cantonner à ma part du contrat.
Il y a en fait peu d’auteurs qui vivent de l’écriture et puisque tu as tout plaqué pour écrire, n’est-ce pas un pari insensé ? Penses- tu pouvoir en vivre ?
C’est une question que nous avons résolue à deux, avec Christine, mon épouse. C’est elle qui m’a offert cette liberté, en me disant, un jour : «On a deux enfants, on va vers la quarantaine, c’est exactement le moment de faire n’importe quoi».
Il y a beaucoup d’auteurs, de genres différents dans tes influences. Entre autres : Apollinaire, Borges, Proust, Lovecraft, Dick, Gibson, Gaiman, Pratchett, Foucault, René Girard… Pourquoi n’écris-tu pas plutôt de la littérature mainstream ? Pourquoi la science-fiction ?
J’écris des histoires. Toutes les histoires sont à la fois factices et réelles, qu’elles soient intimistes, psychologiques, romanesques ou futuristes. Depuis toujours, les hommes ont besoin de se raconter des histoires. Il y a une histoire des histoires. Mais pour te répondre plus franchement, j’aime la science-fiction depuis la première fois où je me suis vu aux commandes d’un vaisseau spatial. Je devais avoir une dizaine d’années. C’était un engin quasiment indestructible, véloce, capable d’en découdre avec des grandeurs incalculables... Entrer dans ce vaisseau, c’est comme monter directement dans le rêve. Depuis cette époque, je cherche les artefacts technologiques qui permettent de passer outre les limites des conventions d’une époque. Je te donne un exemple : dans l’Iliade, les héros sont précédés sur le champ de bataille par leur réputation. La simple évocation d’un nom célèbre, l’aura qui l'entoure, font fuir aussitôt la plupart des guerriers qui, tournant le dos, deviennent des cibles faciles. Le héros n’a plus qu’à lancer son javelot pour transpercer la chair et accroître encore son prestige. Dans ce type de récit, l’aura est la première des armes, celle qui donne la victoire. C’est une convention de l’époque. Troie est une ville réputée imprenable. Et durant des années, elle le reste. Jusqu’à ce qu'Ulysse (là, on passe dans l'Odyssée) invente l’artefact qui brisera l’aura. Un cheval en bois de sapin. Un vaisseau spatial capable de passer un mur infranchissable. La science-fiction, pour moi, c’est ça. Dans Les Tours de Samarante, il y a un engin de ce type dont le rôle est déterminant. Il s’agit d’un vaisseau industriel, un Protor, qui est loin d’être à la pointe de la technique. Il est piloté «à la main» par Kaja Troam, une femme qui, malgré son âge, n’a rien perdu de sa hardiesse, ni de ses envies. Il y a une relation charnelle entre Kaja et le Protor. Et c’est ce lien qui leur permet d’accomplir, vers la fin du roman, une authentique prouesse. Finalement, les machines m’intéressent assez peu en elles-mêmes. Je suis beaucoup plus sensible au lien tissé entre des individus et des objets. Un vaisseau, c’est un principe de mouvement. De dépassement. Kaja partage avec son Protor ce trait de caractère.
Cette relation de l’homme et de la machine est un thème que l’on retrouve dans le cyberpunk. Ce qui expliquerait ton goût pour ce genre? Et ton goût pour William Gibson (peut-être Walter Jon Williams, Bruce Sterling) ?
Câblé de Walter Jon Williams, La Schismatrice ou Cristal Express de Bruce Sterling, Les synthérétiques de Pat Cadigan, l’anthologie Mozart en verres miroir, Neuromancien ou Gravé sur Chrome de Gibson, ces récits sont, pour moi, des classiques. Le cyberpunk est un mouvement littéraire qui m’a toujours étonné pour sa dimension collective, ses emprunts, le partage de ses codes. Durant quelques années, ces auteurs ont dépassé leurs univers personnels, leur vision intime. Je rêve, aujourd’hui, de quelque chose de semblable, notamment dans la SF française ou européenne. Un souffle qui porterait des auteurs au-delà de leur singularité. La question que tu poses, le rapport homme-machine, dépasse cependant cette période. En évoluant, la machine est un miroir de nos identités. Dans la SF à la papa, le robot ou l’androïde tenait ce rôle. Ainsi que sa part spirituelle : l’I.A. La machine était perçue comme un double de l’homme. Une sorte de copie, délestée de la part animale qui nous constitue. D’où une question récurrente : le robot peut-il avoir un affect, aimer, ressentir une émotion ? Le cyberpunk inverse la perspective. La machine a changé : elle prend la forme de réseaux, d’espaces virtuels et de multiples artifices cybernétiques. Elle se mêle à l’homme ou plutôt, l’homme se mêle à elle. D’où une nouvelle question : un humain peut-il sentir le code, le visualiser ? Le héros n’est plus le pilote de son véhicule, il se fond dans le véhicule ; il ne voit plus la route, il la ressent dans les pneus. L’homme n’est plus le référent et la machine son double. Au contraire, c’est la machine qui imprègne la société, d’objet, elle est devenue sujet. Le rapport à l’intelligence a également mué : plutôt que de se demander : une I.A. peut-elle comprendre son créateur et lui rester fidèle ?, les auteurs cyberpunk disent : pouvons-nous véritablement comprendre les formes complexes d’organisation qui ont un potentiel d’intelligence ? Cette inversion a représenté un pas essentiel, mais je crois que pour aller plus loin, l’humanité doit se débarrasser du fétichisme qu’elle entretient à l’égard de son corps. Un corps humain, c’est une interface biologique particulièrement aboutie et efficace, à la fois support d’intelligence, d’autonomie, de reproduction et d’unicité dans un groupe social. Mais c’est un support limité, comme toute chose vivante, par la mort. Sa durée de vie ne dépasse guère le siècle. Personnellement, je ne comprends pas comment un être intelligent peut accepter cette limite. Et je ne vois aucune raison pour que l’homme ne parvienne pas, un jour ou l’autre, à la dépasser, non pas seulement en ajoutant des années ou des décennies, mais en changeant radicalement d’échelle. On peut imaginer de nombreuses interfaces, biologiques, cybernétiques ou informationnelles, pouvant durer des siècles, sinon indéfiniment. Evidemment, cela implique la perte du support d’origine et une mutation de l’identité humaine. Dans l’univers de Samarante, l’une de ces interfaces est minérale. C’est un cristål qui matérialise le concept très ancien du culte des ancêtres. Les religions monothéistes ont quasiment fait disparaître cette croyance dans le monde occidental, mais elle reste très vivante ailleurs dans le monde, notamment en Asie. Bien d’autres supports sont envisageables. Il suffit de regarder autour de nous. Les arbres, par exemple.
Etant donné que tu as travaillé sur le réseau pendant 10 ans, étant toi-même au fait des nouvelles technologies, ce mouvement en tant que genre est bel et bien mort ? Ne crois tu pas que nous vivons dans le monde que Gibson, entre autres, avait imaginé ?
Comme objet littéraire, le mouvement cyberpunk est mort parce que les auteurs qui le portaient ont, chacun, depuis, emprunté des voies différentes. D’autre part, les univers décrits se situaient souvent dans un futur proche, comme dans les récits de Jules Verne. Ce parti-pris consistait à décrire un avenir tangible, accessible et, quoiqu’on en dise, nous baignons aujourd’hui dedans : les jeux massivement multi-joueurs, la financiarisation de l’économie, le recyclage devenu un référent de la pensée et des arts, le fait que chacun d’entre nous dispose, en réalité, d'une influence très minime dans une société perçue comme quasi-autonome, le doute sur notre capacité à envisager, et donc à bâtir, un avenir lointain...
Et pourtant ton roman transpire le cyberpunk. Est-ce une sorte d’hommage, de clin d’œil ?
Un hommage. Une digestion, peut-être ? Je ne cherche pas trop à savoir. Je n’essaie pas de faire du «nouveau», ni d'imiter tel ou tel genre. Les récits que j’écris viennent à moi. Ils existent. Samarante, Treis, Léonitra, ces villes se situent loin dans le futur, pourtant, dans ma tête, elles existent. Mon travail se résume à transcrire ce que je sais d’elles. Ce que j’en vois. Et de suivre les principaux personnages dans leur périple.
L’écriture pour toi, c’est aussi sur tous les médias et notamment sur ton blog (http://scel.blogspot.com/) où tu relaies des citations, des articles sur la SF, la musique, les illustrations mais aussi sur la politique. Est-ce un moyen pour toi d’être en contact avec l’extérieur, avec maintenant tes lecteurs ? Es-tu ce qu’on appelle un homme engagé ?
Carnets, blog, mails, ce sont des supports qui correspondent à une écriture immédiate. Un roman, c’est très différent, ça demande une immersion totale. Ce n’est pas, je crois, la même démarche. Pour l’engagement, oui, c'est juste. Mais là encore, c’est un autre univers. Je suis politiquement engagé, fermement, à gauche. La politique est, à mes yeux, un territoire de choix, de convictions, de combats. Mais quand j’écris, c’est autre chose qui me porte. Un récit me permet d'endosser des caractères très différents de moi, d’envisager l’accomplissement d’idées qui ne sont pas les miennes. L’engagement politique nécessite une forme de renoncement, parce qu'en faisant des choix, tu réduis le champ des possibles, fût-ce pour d’excellentes raisons. Dans l’écriture, le champ s’ouvre, sans autres limites que celles qu’affrontent les personnages. Lorsque ce roman a commencé à prendre forme, je ne savais pas, à l’avance, qui vivrait et qui mourrait. Je l’ai appris au fil de l’histoire, aux côtés d’Oshagan, de Cinabre, de Triple A et de ceux qui croisent la route de ces trois-là. J’ai eu de vraies surprises.
Il y a aussi depuis moins d’un an ton travail à La Volte, avec Mathias Echenay.Il y a déjà Jeff Noon, Alain Damasio, Stéphane Beauverger, Laurent Rivelaygue, Yvan Amery et récemment Jacques Barbéri. Il y a aussi de la musique associée à la lecture. Peux-tu nous dire deux mots de La Volte et du rôle que tu y tiens ?
La Volte est une aventure assez exceptionnelle. Elle est née de la rencontre d’un livre, La Horde du Contrevent et d’une volonté, celle de Mathias Echenay. Depuis, elle ne cesse de s’étoffer, de grandir sans renier ses principes fondateurs : étonner, explorer. C’est un mouvement auquel j’ai souhaité m’associer, ce qui est le cas depuis un peu moins d’un an. Pour moi qui débarque, avec une tout autre expérience, c’est une rencontre hors du commun. Malgré sa discrétion, Mathias possède un talent et un métier tout à fait singuliers. J’apprends beaucoup grâce à lui et j’espère, avec le temps, apporter ma part. Aujourd’hui, elle reste modeste, même si j’interviens un peu plus à chaque étape éditoriale, livre après livre. A l’horizon 2008, nous avons plusieurs sorties qui nous tiennent à cœur. Deux ouvrages de Jacques Barbéri viennent de paraître : Narcose, un roman culte, revisité, sans coupures (à la différence de la première version parue dans la collection Présence du futur, dans les années 80) et L’homme qui parlait aux araignées, un recueil de 21 nouvelles totalement déjantées, où Barbéri immerge le lecteur dans les thèmes qui lui sont chers : les métamorphoses, la mémoire, l’humour noir et bien sûr, les araignées ! Plus tard, à la rentrée, deux Jeff Noon : Nymphomation et Pixel Juice (une parution reportée), ainsi qu’un nouveau roman de Stéphane Beauverger : Le Déchronologue qui mêle pirates et paradoxes temporels, un récit d'aventure qui, certainement, fera date !
Ne penses-tu pas que le travail d’éditeur et d’écrivain est incompatible à long terme –une incompatibilité d’emploi du temps, notamment-, vue la somme de travail que l’un et l’autre métier demandent ?
Oui, tu as mis le doigt sur un point sensible, d’autant que j’ai une réputation de lenteur incurable qui me colle et que, d’ailleurs, j’assume. Heureusement, La Volte ne m’a pas attendu pour publier des livres ! J’espère trouver un équilibre. Pour le moment, ça fonctionne...
Les Tours de Samarante :
Tu parlais de l’influence des cités obscures de Schuiten pour l’élaboration de Samarante. J’y voyais une ville plus confinée, une ville avec ses ruelles obscures et sordides (façon Perdido Street Station de China Miéville), plus post-apocalyptique où l’on avait oublié les technologies d’un ancien et lointain âge d’or, comme ça s’était passé dans les ailes de la nuit du grand Bob Silverberg. Mais j’y ai surtout retrouvé l’atmosphère du cycle de Viriconium de M. J. Harrison. Est-ce que Samarante est une ville que tu avais en tête depuis longtemps ou bien est-elle la fusion de différentes influences ?

Samarante et l’univers qui l’entoure me sont apparus il y a déjà pas mal d’années. J’ai un vieux carnet plein de notes que je consulte de temps en temps. Des bouts d’histoire. Des chroniques. Tout est parti de là. Durant un temps, une poignée d’amis a parcouru ces terres autour d’une table de jeux de rôles. Mais je ne crois pas que ce soit à moi de parler d’influences ; elles sont aussi nombreuses qu’incertaines. Chaque lecteur apporte son propre imaginaire qui modèle, nécessairement, sa vision de Samarante, du peuple des cités, des montagnards nomades, des femmes sans tain, du Seuil, des plaines arides de l’aliène...
Il y a, page 224, « Arcad et les Filles des sables », « Borgs, la plus puissante des Cités connues », « Treis, la cité mère », « Idris… Ville-Lumière », « Riút… la passion du hasard et du jeu », « Trézibène… l’ingéniosité », « Léonitra, l’envie des richesses », « Ismit, l’habileté et l’adresse », « Sarte, la mal aimée, possède l’énergie et la violence », « Krus, la force ». Et enfin, « Samarante, la ville des âges… l’esprit ». Pourquoi humaniser tes villes, leur prêter des sentiments, leur donner vie ?
Parmi les mystères du monde de Samarante, il y a celui-ci : les bâtisseurs des villes mirandiennes les ont liées, chacune, à une vertu spécifique. Je préfère ne pas en dire beaucoup plus, car l’histoire n’est pas achevée. Mais c’est un thème commun à de nombreux auteurs. Mémé Ciredutemps, dans l’un des récits de Pratchett, s’essaye, un jour, à « emprunter » l’esprit d’une ville, Ankh-Morpok, je crois, usant de la technique d’emprunt des sorcières. Mais face à l’immensité, à l’ancienneté, de cet esprit, elle renonce. Pour moi, une ville est typiquement un univers complexe, parcourus d’acteurs locaux qui sont, eux-mêmes, des univers complexes. C’est une mise en abyme où se superposent différentes échelles d’organisations et d’intelligences. Les grandes cités ont cela en commun et pourtant, chacune est, essentiellement, unique. C’est cette unicité qui m’intéresse. À mes yeux, c’est le signe d’une nature organique.
On est aussi frustré de lire un monde à peine défloré. Penses-tu développer et nous faire découvrir un peu plus ton univers ?
Ce sera à lui de me dire quand le voyage aura atteint son terme. C’est encore loin d’être le cas. Oshagan, Cinabre, Triple A ont une longue route devant eux. Elle passe par Treis, la Cité mère, par un comptoir minier perdu dans l’aliène, par des rencontres inattendues. Je crois savoir ce qu’il y a au bout. J’écris pour le découvrir.
En parlant de ces personnages, tu as dans ton roman associé trois personnalités complètement différentes. Et pourtant elles se complètent d’une certaine manière. Comment sont nés ces personnages ?
Oshagan est un être de colère. Il mène une vendetta familiale. C’est un personnage à la croisée de mes origines. La Corse est l’une d’elles. Et là-bas, la vengeance n’est pas seulement un thème classique, un artifice de conteur. Elle reste très vivante, impérieuse. Elle oblige. Elle peut renverser un être réputé civilisé et le conduire à la violence. C’est une chose d’étudier le mécanisme de la vengeance en anthropologie (ce que René Girard décrit dans Des choses cachées depuis la fondation du monde), c’est est une autre d’être possédé par sa puissance, son urgence. Au début du récit, Oshagan dit à un ami nomade : «Ceux des villes n’ont pas la mémoire des fautes». Dans nos sociétés urbaines, la vengeance est condamnée, conçue comme la marque d’une violence illégitime, d’une culture ancienne et dépassée. Ça ne me satisfait pas. Peut-être parce que les colères d’Oshagan me correspondent. Le destin de Cinabre est plus complexe. Elle possède un don, une empathie totale, qu’elle apprend, malgré elle, à maîtriser et à dépasser. Il y a quelque chose en elle de la Pythie de l’Oracle de Delphes ou de Cassandre, selon que ses visions changent ou non le cours du récit. Quant à Triple A, c’est un gamin des bas-fonds qui possède une énergie intraitable, sauvage. Il s’est imposé à moi pendant que j’écrivais. Il s’est rendu indispensable sans que m’y attende. C’est sûrement le personnage le plus libre des trois. Je ne sais jamais, vraiment, où il va. Comme s’il n’avait pas besoin d’un auteur pour exister, pour tracer sa voie.
Fallait-il réunir un tel trio pour contrebalancer d’autres personnages à la forte personnalité que sont le chef du clan Gorfa et la ville elle-même ?
C’est très bien vu. Oshagan, Cinabre et Triple A sont des marginaux, pourtant, chacun de ces trois personnages a la capacité de bouleverser le monde autour d’eux. Samarante les a réunis. Dans quel but ? La fin du roman lève une partie du voile. D'autres murs restent à abattre.
Cette trame de ces trois destins croisés est la même que celle de comte zéro ou Mona Lisa s’éclate. Est-ce étonnant ?
Plus que ça ! Je n’ai pas relu ces deux ouvrages de Gibson, sauf par petits bouts, depuis quinze ou vingt ans... La mémoire est joueuse ! Merci de ta remarque. Je la garde précieusement.
A part la suite attendue des Tours de Samarante, la Volte, travailles-tu sur un autre projet ?
J’ai plusieurs récits en tête qui tournent à l’obsession. Trois se situent dans un futur proche. Un autre sur une terre plus ancienne. Ils attendront. Ils ont l’habitude. Pour le moment, je suis à Treis, la mère des cités mirandiennes...
Souhaitons le même succès pour la suite des Tours de Samarante et que la qualité des romans chez La Volte se poursuive de même. Merci pour le temps que tu as passé pour répondre à mes question, Norbert.
Blog de l'auteur: http://scel.blogspot.com/

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