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PIFFF 2014 : jour 5

Publié il y a 2 ans par Richard B.

PIFFF 2014 : jour 5 : Séances cultes, courts-métrages, et nouveautées cinématographiques

Séances cultes, courts-métrages, et nouveautées cinématographiques

Comme souvent, le week-end d'un festival est souvent riche et le PIFFF ne va pas faire exception, du samedi matin avec la séance des courts-métrages internationaux (que nous n'avons pas vus) jusqu'au dimanche matin avec la nuit extraterrestre qui consistait à redécouvrir 4 films qui ont marqué le genre durant les années 70-80.

"L'année précédente, nous avions pu découvrir en festival Contracted, d'Eric England. Il était question d'une jeune femme qui peu à peu basculait dans des accès de violence et voyait son corps se désagréger. Un an plus tard, le sujet revient avec Starry Eyes, même si au fond les thèmes abordés se trouvent à minima différents. Le premier évoquait les rapports sexuels et le second aborde le monde cruel du show-business d'Hollywood. Dans les deux cas, impossible de ne pas y voir des influences profondes issues du cinéma de David Cronenberg. Cependant, nous n'allons pas revenir sur Contracted puis qu’ici il est question du long-métrage de Kevin Kolsch et Dennis Widmyer et de se demander s'ils arrivent à fournir un film digne du maître qui semble les avoir particulièrement inspirés.

Dans ce film écrit et réalisé en binôme, nous découvrons Sarah Walker, ravissante jeune femme travaillant dans un fast-food de seconde zone et rêvant de faire sa place parmi les plus grandes stars d'Hollywood. Entre amitiés superficielles, rivalités, jalousies, un boulot sans avenir puis une multitude d'auditions ratées, Sarah voit se dessiner un rayon d'espoir lorsqu'elle est contactée pour décrocher le rôle principal dans un nouveau film qui demande à ce qu'elle donne particulièrement de sa personne en mettant à rude épreuve ses principes moraux et surtout son mental. Aveuglée par ce fantasme de célébrité, Sarah est bel et bien prête à tout pour gravir les marches de la réussite..."
> Découvrez la critique intégrale ici.

 

Côté court-métrage, cette sélection 2014 du PIFFF dépasse celle des années précédentes puisque les sujets étaient aussi éclectiques que la qualité était au rendez-vous. Ainsi, même si quelques-uns sont imparfaits, tous avaient un « petit quelque-chose » qui méritait d'être découvert.

Voici les sujets de chacun ci-dessous ainsi qu'un petit avis. La liste apparaît dans l'ordre de diffusion.

The Sunboy :
synopsis :Un petit garçon, solitaire et naïf, voit en son père la représentation d'une terrible bête qui dévaste son royaume imaginaire.

Notre avis :  Affiche prometteuse, premières minutes graphiquement superbes et accrocheuses témoignant d'un gros travail sur l'ambiance. Mais après que le titre s'affiche, c'est la douche froide avec des images plutôt laides se déroulant en pleine journée alors qu'un enfant joue en extérieur. Par la suite, on se replonge dans un monde fantastico-­chevaleresque possédant par moment de merveilleuses images alors que d'autres nous déconnectent complètement du métrage tant les plans ne semblent pas toujours s'assembler à la perfection et que la lumière manque de cohérence. Le thème de la  maltraitance des enfants se ressent mais semble incomplet, surtout au regard d'une fin partiellement réussie. JP Bouix demeure un réalisateur intéressant par l'univers qu'il propose et les diverses idées qui parcourent le film, puis quelques images méritent le détour.

Shadow :
synopsis : Taipei. Xiao Shou est un garçon timide qui exerce le métier de montreur d'ombres itinérant. Un jour, il croise la sublime Ann dont il tombe immédiatement amoureux. Mais un terrible accident va plonger le jeune homme dans un monde de ténèbres.

Notre avis : Ici on frôle la perfection et la totale réussite. Dépaysement assuré, lumière et mise en image impeccables, effets spéciaux de qualité et sujet prometteur. Mais alors pourquoi cette fin nous laisse donc sur notre faim ? Une fin froide et sans émotion qui manque cruellement de poésie alors que toute la mise en scène nous tendait vers cela. Une chose est certaine, Lorenzo Recio a du talent, des idées et son court est en est indéniablement une preuve. Dommage que l'émotion ne soit pas au rendez-vous, sans quoi nous aurions voté pour lui avec plaisir.

Noct :
synopsis : Jay, récemment insomniaque et loin de toute émotion, est en proie à une présence étrange, qui deviendra son bourreau, mais aussi son libérateur.

Notre avis :  Film à la production plus modeste (pas de CNC ou chaîne de télévision derrière lui), Noct ne démérite pas, bien au contraire. Vincent Toujas réalise un film à l'image particulièrement soignée et pourvu d'un très joli travail sur la lumière. On retiendra une séquence se déroulant dans un restaurant aussi inventive qu'efficace, un jeu d'acteur solide (Thomas Barraud) et une créature visuellement mystérieuse et terrifiante (il est pas surprenant d'y voir le nom de David Scherer associé). Et si là encore on accroche à l'ambiance et à l'ensemble, la fin n'arrive hélas pas à convaincre. Difficile d'exprimer ce que nous attendions comme conclusion, mais celle-ci laisse un gros manque une fois le générique de fin lancé.


Puzzle :
synopsis : Un vieil homme se sent seul depuis la mort de sa femme. Pour tromper l’ennui, il se plonge dans la construction de puzzles. Un jour, sur le pas de sa porte, il trouve une boîte mystérieuse.

Notre avis :  Bon, voici notre chouchou, celui pour lequel nous avons voté. Pourquoi ? Clairement pour l'émotion. Le film de Rémy Rondeau nous a tout d'abord intrigué, fait sursauté puis au final nous a touché en plein cœur. Outre une image déjà bien séduisante, Philippe Laudenbach offre une interprétation exceptionnelle. Puis voir que le réalisateur a su faire participer autant la musique et l'image au récit nous a scotché. Rien à ajouter hormis un grand bravo à son réalisateur et son équipe !

Lune Noire :
synopsis :Une île. Trois hommes. Un vieux manuscrit. Une marche funèbre vers la folie.

Notre avis Voilà le court-métrage que nous aurions aimé adorer puisqu'il est question d'aventure, de trésor et de légende. Le traitement de l'image est correct et uniforme même si  l'ensemble manque d'une certaine élégance qui se prête si bien à ce registre. Peut-être est-ce dû au choix du réalisateur de tourner de nuit ? En fait, notre plus gros regret se retrouve dans un casting qui n'est pas toujours en harmonie et surtout un final prévisible, cela même si « une présence » vient à nous faire douter. Sur le fond, Gallien Guibert signe tout de même un film plus que regardable. Mais le sujet aurait mérité des personnages plus développés pour que ça fonctionne et des acteurs plus en harmonie et moins en proie à du cabotinage.

La Maison de poussière :
synopsis :Lentement, les mâchoires d’acier dévorent la vieille tour HLM. Une ancienne occupante s’engouffre dans les décombres, à la poursuite d'enfants imprudents. Commence alors un drôle de voyage au cœur de cette « maison » qui abrite tant de souvenirs...

Notre avis :  Notre second favori. Ce film d’animation, d'une totale beauté graphique, est synonyme d'un véritable sens de la mise en scène et de savoir-faire pour véhiculer l'émotion. Certes, le film semble avoir eu les moyens de ses ambitions du fait qu'on y trouve l'aide de la télévision, du CNC et autre, mais il n'en demeure pas moins une totale réussite. Surtout, il a un début, un milieu et une fin digne de ce nom, bref une écriture aussi soignée que son approche graphique. De plus, Il est toujours bon de voir que 12 minutes suffisent à nous émouvoir et nous projeter dans des univers aussi inventifs.


La Momie :
synopsis : Un homme statue déguisé en momie fait la manche tous les jours au même endroit, prêt à tout pour gagner quelques pièces de monnaie.

Notre avis :  Un court métrage aux idées politiques prononcées, ouvertement gauchiste (parfois un peu caricatural dans ses propos), il n'en reste pas moins que pour le coup et à l'inverse de quelques-autres du programme, c'est sa conclusion qui fait acte de totale réussite et fait réévaluer l'ensemble. Ce qui commencait comme un conte posé, un poil énervant dans ses monologues (mais assez audacieux dans son choix du noir & blanc et dans la mise en scène de son sujet) finit comme une fable noire et cruelle, convaincante et séduisante même si indéniablement cynique.

Le film de 20h était le très attendu Spring de Justin Benson et Aaron Moorhead. Pourquoi étions-nous impatients de le découvrir ? Bien, simplement parce nous gardons en mémoire l’excellent Résolution des mêmes réalisateurs et que nous étions donc fortement curieux de découvrir la suite de ce qu'allait nous concocter le duo.

Spring raconte l'histoire d'un jeune homme qui vient de perdre sa mère et qui se retrouve sans attache, exceptée celle d'un ami fidèle, mais parfois un peu trop sous l'effet de substances qui le déconnectent de toute conversation sérieuse. Lui-même un peu trop tête brûlée et parfaitement apte à s'attirer des ennuis, il quitte les États-Unis pour jouer les touristes américains en Italie où il y fait la rencontre d'une « créature » de rêve...


C'est à la fois un film de monstres et une profonde histoire d'amour que nous ont concocté Justin Benson et Aaron Moorhead. Totalement en marge du système, le duo qui se complète à merveille et qui est d'une grande polyvalence parvient à se démarquer et à apporter du neuf dans des thématiques pourtant ancestrales. En effet, en plus de développer une continuité avec des thèmes déjà abordés dans Résolution autour des liens d'amitié, Justin Benson (qui a écrit le scénario) s'aventure ici à nous apporter sa vision positive de l'amour via tout d'abord le personnage interprété par Lou Taylor Pucci (qu'on avait pu voir dans le remake d'Evil Dead) qui commence à remercier sa mère en fin de vie pour tout ce qu'elle et son père (déjà décédé) ont pu lui apporter. Par la suite, l'amour va se perdurer avec un vieux fermier italien (Francesco Carnelutti) à la sagesse prononcée qui ne peut oublier sa femme et continue à la prier chaque jour. Et enfin par une inversion du mythe de La Belle et la bête puisqu’ici « le monstre » se trouve être la femme (au demeurant à temps partiel). Justin Benson arrive à créer ses propres règles, une mythologie crédible et pourtant basée sur aucun antécédent. Et même si quelques longueurs peuvent se ressentir, l'ensemble forme une telle unité et chaque séquence apparaît si essentielle qu'il est difficile de se dire que le film aurait pu être raccourci.

La réussite de Spring doit autant à son histoire que son choix de lieu où se déroule l'action. Car oui, la commune de Polignano a Mare de la province de Bari situé en Italie méridionale est juste un endroit idyllique, laissant rêver de par le dépaysement qu'il offre. Le plus épatant étant que même si le film se monte sur des fonds indépendants et sur un budget modeste, il arrive à offrir des plans d'une réelle invention et des effets spéciaux en tout point crédibles. Certes, par moment quelques surexpositions viennent à gêner, mais l'ensemble apporte assez de personnalité et de magnifiques plans pour qu'on passe outre.

Et si Lou Taylor Pucci se débrouille parfaitement, il faut aussi mentionner que sa partenaire lui apporte beaucoup, car Nadia Hilker accumule parfaitement beauté, charme et intelligence. Bref, vous l'aurez compris, Spring ne déçoit pas. Après Résolution, Justin Benson et Aaron Moorhead confirment tout le bien qu'on pense d'eux même s'il apparaît que leur approche non conventionnelle et que leur style indéniablement loin de tout cliché fait d'eux des marginaux qui risquent de ne pas attirer les gros financiers d'Hollywood. Tant mieux, car leur indépendance leur sied à merveille et tant qu'ils arrivent à financer leur film et à faire preuve d'invention, nous serons heureux de découvrir chacune de leurs œuvres. En espèrant cependant que des distributeurs français audacieux partageront notre avis et aideront le public à découvrir ce duo d'artistes intègres et passionnants.

Par la suite, les plus tenaces ont pu revivre sur grand écran un quasi-chef-d'oeuvre avec L'invasion des profanateurs, un exellent Invasion Los Angeles ainsi qu'un remarquable remake des années 80 avec Le Blob. Le tout s’est terminé avec le sympathique Killer Klowns from outer space.

Diaporama photo : Spring

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