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BIFFF : le jour où la folie triomphe !

Publié il y a 2 ans par Vincent L.

Nos avis sur Let us prey, Yellow et April Apocalypse

Pour ce vendredi nous avons encore mis la main sur deux challengers, l'un dans le cadre de la compétition européenne, l'autre dans la catégorie 7e Orbit.

Très grosse surprise avec Let us preyqui permet au réalisateur Brian O'Malley via ce premier long de laisser une très belle carte de visite.

Rachel Heggie vient tout juste d'arriver dans un patelin paumé de la lande irlandaise. Alors qu'elle s'apprête à se rendre au commissariat, elle tombe sur un chauffeur du dimanche qui par manque de chance – ou pas -, trouve le moyen d'écraser un homme devant elle. Étant flic et peut-être espérant marquer le coup pour son premier jour de travail, elle arrête le chauffeur dont le taux d'alcoolémie a dépassé largement la limite, même si elle ne trouve aucun corps hormis un peu de sang sur l'un des phares avant de la voiture. Lorqu'elle arrive en poste, elle va être quelque peu déçu tant ses collègues de travails, tout comme les quelques autres occupants sont tous plus ou moins étranges et surtout pas très amicaux.

Produit par des habitués du cinéma de genre, Brendan McCarthy et John McDonnell (Stitches, Outcast, Wake Wood), Let us prey est clairement leur plus belle réussite. Ils ne se sont ainsi pas trompé en laissant Brian O'Malley mettre en image le scénario du trio Rae Brunton (Outpost), David Cairns et Fiona Watson. Si, à la base, le script de Let us prey pourrait apparaître comme peu original en se situant dans un mélange entre l'atmosphère d'un John Carpenter (en particulier Assaut) et des écrits de Stephen King (on pense au Le Bazaar de l'Epouvante), il possède assez de petites idées (à l'image de la représentation biblique du shérif du coin) pour apporter quelques éléments plutôt accrocheurs.

Let us prey se distingue dans sa gestion intelligente de la lumière, de la sensation d'isolement, avec une notion de l'espace qui se transforme en fonction du déroulement de l'histoire. La pièce est la même, mais selon les angles choisis ou les focales utilisés les lieux apparaîtront plus ou moins étroits. Ainsi, même lorsque l'on est dans des plans extérieurs, Brian O'Malley donne l'impression que tous restent prisonniers de leurs actes passés et ne peuvent s'échapper le temps que se dessine leur destin, ou plutôt le jugement de leurs actes.

Le casting participe également à l'impression positive, puisqu’en premier lieu on y trouve un Liam Cunningham (Dog Soldiers, Le trône de fer) en tout point charismatique, campant ici une sorte de personnage mystérieux qui relève autant du diable, de la mort, que d'une représentation d'un être accomplissant la justice divine. Cunningham est accompagné de Pollyanna McIntosh, qui, après nous avoir marqués dans The Woman, fait encore une fois preuve d'une remarquable présence à l'écran ; Douglas Russell (Poursuite Mortelle, Valhalla Rising) campe pour sa part un personnage quelque peu excessif, et on a bien du mal à choisir entre le rôle démentiel, dans lequel le côté "cabotinage" l'acteur apparait dans l'excès (ce qui peut parfois choquer), mais aussi aborder une jolie dose de folie conférant instantanément un côté "réjouissant" autour de son personnage.

Let us prey est un film que l'on espère voir débarquer très vite en France et si possible en salle ! En tout cas, il a tout le potentiel pour faire parler du lui.

(Avis sur Let us prey par Richard B.)


Autre belle réussite du jour : Yellow de Nick Casavettes (The Notebook, Alpha Dog). Bien qu'ayant été diffusé pour la première fois au Festival international de Toronto en septembre 2012, passé par le Japon (Tokyo International Film Festival), plusieurs festivals aux États-Unis, puis en Europe en effectuant un séjour en Allemagne (Munich International Film Festival) et l'Espagne (Sitges Film Festival), le film continu sa tournée des festivals pour cette fois faire un arrêt par le BIFFF. Il faut dire que même si le film ne date pas d’hier, ce dernier, peut-être par son approche originale, semble ne pas avoir encore trouvé sa voix vers les sentiers de la distribution plus classique. Comme quoi, il est amusant – ou regrettable – de voir que certains films restent aussi longtemps dans l'ombre, cela même si un nom comme Casavettes y est attaché. De toute manière, c'est l'occasion pour nous, et surtout le public Buxellois de découvrir un film qui le mérite largement.

Mary Holmes est belle (sacrément même!), mère de quatre enfants, institutrice dans une école maternelle et semblant épanoui par son travail, bref tout pour croire que sa vie est lumineuse et pourtant... Addict aux cachés, détestant ses collègues, voir l'espèce humaine en général et souvent renfermée dans son monde à elle, cela va finir par en subir quelques conséquences, dont en premier lieu être virée sans sommation de son travail. Du coup, il est peut-être temps pour Mary de faire le point et mettre les choses à plat.

Mais que se passe t'il dans la tête de Mary Holmes ? C'est ce que nous propose de déchiffrer Nick Casavettes et sa magnifique femme Heather Wahlquist (les deux ont coscénarisé cette histoire aussi intelligemment tordue que visuellement barrée). D'ailleurs, les deux scénaristes se sont réparti astucieusement les rôles (en même temps ce n'est pas la première fois) puisque lui réalise, elle illumine l'écran de sa présence puisqu'elle s'offre un premier rôle autour d'un casting 4 étoiles avec à ses côtés : Sienna Miller, David Morse, Gena Rowlands, Ray Liotta et même Melanie Griffith (déjà présente au BIFFF cette année dans Dark Tourist). Et on peut en dire qu'il en a de la chance le Mr Casavettes d'être casé avec la Miss Wahlquist tant elle éblouit l'écran autant par sa plastique parfaite, son sourire ravageur que par son charisme qui vous déboussole. Difficile de ne pas tomber sous le charme d'autant que son mari n'hésite pas une seconde à mettre sa femme en valeur avec un rôle à la fois très bien écrit, mais aussi sous des angles plus sensuels.

Bon, le film qui prend volontairement son temps pour raconter l'histoire et les décalages visuels comme scénaristiques complètement voulus, mais souvent déstabilisants amène parfois à ce que la durée du film apparaisse comme longue, n'empêche qu'on ne peut que succomber à la folie de l'ensemble ou on peut passer en un claquement de doigts dans une comédie musicale, une pièce de théâtre, un repas animalier, ou dans un monde à la Roger Rabbit où la cohabition se fait avec des cartoons. Bref, l'imagination de Mary Holmes est incroyable et si sa folie nous plonge dans un univers ouvertement enfantin, cela n'est que pour mieux cacher un drame aussi touchant que très humain.

(Avis sur Yellow par Richard B.)


Autrefois en marge du système, les zombies movies ont petit à petit été avalés et digérés par le Grand Capital pour être transformés en produits bankables. Il est donc bel et bien terminé le temps où ces oeuvres étaient des monuments de subversion ou des pamphlets métaphoriques, aujourd'hui, les zombies movies sont d'abord les longs-métrages du consensus mou, de l'absence d'opinion, de la violence propre, du néant dramaturgique et de la prolifération à outrance. En effet, à l'instar des créatures qu'ils mettent en scènes, les zombies movies se multiplient, grouillent et finissent par se transformer en hordes informes qui envahissent les étals des supermarchés avec la subtilité d'un bulldozer conduit par une otarie bourrée à bière.

Tout cela pour vous parler d'April Apocalypse, un petit film de zombies sans prétention (mais vraiment, sans aucune prétention) comme il s'en fait des chiées tous les ans, un long-métrage anonyme au milieu de pleines cagettes de longs-métrages anonymes, un petit monument de fadeur entouré de centaines d'autres petits monuments de fadeur. Comme le disait notre collègue Loïc du Surricate Magazine en sortant de la séance : « C'est marrant qu'ils l'aient programmé à minuit, à 14h ça passait tout aussi bien pour un public familial ». C'est pas faux. C'est même très vrai quand on y réfléchit un peu...

April Apocalypse ressemble en effet plus à des films comme Bienvenue à Zombieland/Warm Bodies (l'humour et l'originalité en moins) qu'aux oeuvres sans concession de George A. Romero. Il met en scène un adolescent mal dans sa peau (attention humour : ses camarades pensent qu'il est homosexuel... lol ptdr ++) amoureux d'une connasse sans grand intérêt nommée April (heureusement, malgré le titre, April n'est qu'un vague troisième rôle sans grand intérêt, ce qui, vu l'empathie que l'on éprouve immédiatement pour le personnage, s'avère finalement être l'une des seules qualité du film). Alors que les zombies ont très rapidement envahi le monde (on estime l'heure du début de l'épidémie à 11h30, et l'heure de la chute de la civilisatin vers 11h37), notre héros décide d'aller sauver sa bien aimée, qui, telle une princesse gourdasse esseulée, s'est enfermée dans sa chambre pour se protéger en attendant d'être sauvée.

Pour être tout à fait honnête, le film n'est pas à proprement parler catastrophique. Non, dans le genre, on aura largement vu bien pire qu'April Apocalypse. L'image est propre, le caméraman ne souffre pas du syndrôme de Parkinson et les acteurs sont grosso modo corrects (avec, dedans, les petites apparitions de Mark Rolston ou de Roger Bart, visiblement venus cachetonner). Techniquement, on dira que cela passe par rapport au niveau technique catastrophique de beaucoup d'autres zombies movies (Zombie Planet par exemple, qui m'a fait saigner des larmes de sang). Non, le problème du fim est autre, et est double : d'une part, le scénario n'a pas plus d'intérêt que celui de n'importe quelle comédie romantique (il l'aime mais il n'a jamais osé lui dire, mais, petite subtilité, maintenant que les zombies ont envahi le monde, il se dit qu'elle sera forcément plus réceptive), d'autre part, le tout ressemble à n'importe quel autre film de zombie (les éventuelles qualités en moins).

On a donc l'impression, pendant tout le long-métrage, que Brent et Jarret Tarnol n'ont jamais vu un seul zombies movie de leur vie (ou, plus plausible, qu'ils les ont tous vu et ont tenté de les plagier très maladroitement). C'est bien simple : tout est là, il ne manque pas un seul cliché ! Pire, nous n'avons le droit qu'à des zombies "World War Z", c'est à dire tout propres et qui ont le bon-goût de tuer hors-champs pour ne pas effrayer les grand-parents lors de la sortie dominicale (quelques gerbes de sang numérique lui donnent quand même au tout un apparat de film violent, ce qui, peut être, peut réussir à faire illusion chez les moins de huit ans).

Bref, April Apocalypse prouve que le zombies movie est devenu une sorte de tiers-monde de l'imagination où s'engouffrent tous les tâcherons qui cherchent à faire un film, que le côté sale et contestataire inhérent au genre a été nettoyé au Karsher par le Grand Capital. La lassitude éprouvée pendant la projection du film démontre également qu'on en a marre de bouffer du zombie à longueur d'année dans les longs-métrages indigents... Les plus pointilleux pourront me dire que c'est quand même mieux qu'un Zombie Apocalypse. De fait, oui. Mais est-ce pour autant un gage de qualité que d'être mieux que le pire ?

(Avis sur April Apocalypse par Vincent L.)

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