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Bifff : Le samedi, journée du vice et du plaisir

Publié il y a 2 ans par Richard B.

Notre avis sur Aura, Dark Blood, LFO, Dementamania et Pinup Dolls on ice

Encore une fois, la journée fut riche de films très diversifiés, généreux, originaux et souvent surprenants.

On commence avec l'étrange Aura. Alors qu’ils glandent dans leur voiture en pleine campagne, quatre jeunes se rendent compte qu’ils sont enfermés dans une sorte de bulle qui les coupe de toute lumière. Ils vont devoir élucider cette énigme pour en sortir.
Si le texte introductif nous expose plus ou moins l’origine scientifique de cette bulle, Aura parvient à conserver son mystère jusqu’à la fin et (ré)sonne comme un épisode de La Quatrième Dimension mais à la sauce hongroise. Avec Aura, le réalisateur Zsolt Bernáth, dont ce n’est pas le premier long métrage (il est aussi dessinateur de BD et avait notamment réalisé une adaptation hongroise pour jeune public de Sherlock Holmes, avec justement les mêmes acteurs que dans cet Aura), laisse le spectateur en huis-clos dans cette bulle pendant 85 minutes avec ces quatre adolescents (qui, soit dit en passant, ne jouent pas très bien). Humour, mystère, suspense, baleines (oui oui) et vannes entre potes sont au programme.

Hélas, le cinéaste ayant du mal à broder autour d’un pitch plus adapté à un court métrage qu'à un long, le concept finit rapidement par tourner en rond et par devenir ennuyeux, jusqu’à ce qu’une découverte tardive relance l’intérêt et captive l’attention, éloignant le film de son carcan théâtral pour se rapprocher d’un teen-movie SF old school à la Super 8, ce qui amène par ailleurs quelques jolis effets (la machine), de bonnes idées (la communication avec la « bulle »), et ce qui renforce également le caractère très eighties d’Aura (avec son image floue et délavée). Le In The Name of Sherlock Holmes du même réalisateur était d'ailleurs déjà bien dans l'esprit d'un Secret de la Pyramide. La conclusion vaguement (c’est le cas de le dire) écologique est aussi intéressante sur le papier (pourquoi pas ?) que ridicule à l’écran (surtout quand on termine sur un plan aussi cheap : une sacré faute de goût), provoquant plus le rire que la réflexion. « Tout ça pour ça », se dit finalement le spectateur resté en dehors de la bulle. Aura aura (haha) au moins le mérite d’être assez original et de charmer par son étrange parfum de mystère et son atmosphère envoutante nocturne et cotonneuse (un petit côté Dogville).

(Avis de Aura par Jonathan C.)

Passons ensuite à un vieux film, mais nouveau. C'est-à-dire tourné en 1993 mais qui ne sort qu'aujourd'hui. Explications : Aujourd’hui culte grâce à des films comme Stand by me, My Own Private Idaho, Mosquito Coast, A Bout de course ou évidemment Explorers et à la série Les aventures du jeune Indiana Jones, River Phoenix (frère de Joaquim) meurt en 1993 d’une overdose pendant le tournage de Dark Blood à l’âge de 23 ans. Bien que 80% du film soit alors en boite, il est purement et simplement abandonné, en dépit des efforts de son réalisateur néerlandais George Sluizer, qui avait travaillé dessus pendant 3 ans. 20 ans après, ce dernier décide de terminer ce film alors inachevé qui lui tenait particulièrement à cœur. Il le remonte et comble les scènes manquantes par des plans fixes sur lesquels sa propre voix relate en off ce qui est censé se dérouler. C’est tout con, mais ça fonctionne. Quand à cette sensation d’inachevée à la vision du film, nous ne l’aurions probablement pas si nous n’avions pas su que le film était inachevé. Dans une copie restaurée absolument superbe qui donne l’impression d’être devant un film tout neuf (et en un sens, c’est le cas), nous pouvons enfin découvrir l’ultime film avec River Phoenix, 20 ans après sa mort tragique.

Le sujet de Dark Blood est assez vague. Se retrouvant en panne dans le désert, un couple formé par une ex playmate (Judy Davis, qui aurait été une sacrée emmerdeuse sur le tournage et ne s'entendait pas bien du tout avec River Phoenix, selon le réalisateur) et un acteur has been (Jonathan Pryce, alors connu pour les films de Terry Gilliam) rencontrent Boy, un mystérieux jeune homme aux origines indiennes (c’est River Phoenix, qui troque sa chevelure blonde pour le brun indien tout en restant crédible) qui leur propose son aide et son toit. Mais alors que Boy commence à séduire la femme, la situation va déraper…

Dark Blood devait à l’époque surfer sur une tendance de films noirs sulfureux comme Basic Instinct, 9 semaines et demi, Kill Me Again, Proposition Indécente, Liaison Fatale, Sliver ou encore Harcèlement. Selon l’aveu-même du réalisateur, la plupart des plans « charnels » (des touchers, des caresses…) ont été perdus ou n’ont pas pu être tournés (comme la scène de sexe entre Judy Davis et River Phoenix), mais son film, qu’il avait voulu plus sensoriel et érotique, dégage tout de même une sensualité moite et une passion en suspens qui ne demande qu’à exploser. George Sluizer (réalisateur du franco-néerlandais L'Homme qui voulait savoir, dont il a réalisé son propre remake américain en 1993, La Disparue avec Jeff Bridges et Sandra Bullock) montre que l’isolement fait ressurgir les pulsions et raconte, en prenant son temps, comment ces pulsions mènent au drame.

Abordant également les conséquences des ravages de l’Homme Blanc sur le territoire des indiens (cf. le passage dans le village en quarantaine), un peu comme le Cœur de Tonnerre de Michael Apted tourné à la même époque, Dark Blood part un peu dans tous les sens tout en conservant une belle homogénéité, dans une atmosphère exotique qui berce par ses superbes paysages (c’est tourné au Nouveau-Mexique et dans l’Utah), par la magnifique photo d’Ed Lachman (L'Anglais, Erin Brockovich, Simone, Virgin Suicides, Ken Park, Loin du Paradis…) et par sa bande-son envoutante (qui fait très début nineties mais qui a en fait été composée en 2012 par Florencia Di Concilio, qui avait jusqu'ici surtout fait des musiques de documentaires). Le cadre est westernien, très ancré dans les origines ensanglantées de l’Amérique, ce qui rend le film beau, intéressant et ambigu. Le cinéaste s’attarde sur les rednecks du coin (dont Karen Black !), sur les paysages d'un autre temps (les fantômes du western y sont palpables) puis, comme s’il prenait une loupe, sur les détails et les gestes…Il s’en dégage un vrai souffle romanesque, entre émotions contenues et pulsions bouillonnantes.

Quelque part entre Sables Mortels (sorti en 1992) et 37°2 le matin en terme d'ambiance, Dark Blood témoigne du talent d’un réalisateur mésestimé et tient aussi sur l’interprétation impeccable de ses trois acteurs principaux, dont un River Phoenix qui évoque étrangement un mélange entre le Johnny Depp de l’époque et Keanu Reeves (qui étaient d’ailleurs deux de ses meilleurs amis). En redonnant vie à Dark Blood, George Sluizer rend un bel hommage à l’acteur tout en accomplissant un petit miracle de résurrection.

Le réalisateur a ensuite longuement parlé du film, évoquant ce qu'il manque à son film, comment il s'y est prit pour le terminer, les relations orageuses avec Judy Davis, ou bien entendu River Phoenix :

(Avis de Dark Blood par Jonathan C.)

 

 

Changement de registre, encore une fois, avec cet LFO: The Movie.
Ayant quelques soucis avec sa femme, Robert décide de s'enfermer dans sa cave afin d'en analyser les basses fréquences. Omnibulé par la chose, il finit même par faire « LA » découverte qui va chambouler non seulement sa vie, mais aussi celle du couple voisin : en effet, il semble que Robert ait trouvé une basse fréquence qui lui permette de contrôler l'esprit humain ! C'est donc dans le but de tester son invention qu'il commence à fréquenter Linn et Simon, qui viennent justement d'emménager dans le quartier. Un petit thé en commun, quelques ondes balancées, et voilà que Simon ira nettoyer les vitres de Robert tandis que Linn sera soudainement très atiré par ce dernier. Et autant dire que le bonhomme va donc prendre goût à sa création et développer quelques idées de plus en plus farfelues.

 

Parfois les meilleures choses se trouvent décidément dans les budgets les plus modestes, car oui, l'histoire que développe LFO: The Movie (LFO pour Low Frequency Oscillation) a beau être à la base un huis-clos avec seulement 3 ou 4 pièces comme lieu d'action, il n'en reste pas moins d'une incroyable drôlerie en plus de posséder un cynisme assumé sans le moindre compromis. Bien sûr, tout n'apparaît pas comme parfait, le réalisateur-scénariste Antonio Tublen (ils sont nombreux cette année à cumuler les deux postes) abuse parfois de quelques situations répétitives, la fin (bien qu'assez géniale) donne l'impression de s'étirer en longueur dans l'intention de dépasser le cadre des 90 minutes, mais il n'en reste pas moins que découvrir ce personnage mégalomane exercer son pouvoir sur quelques personnes qui ont la malchance de passer sur son chemin est à 90% du temps un pur bonheur. Mais le scénario ne fait pas que dans l'euphorie et s'offre par moment quelques poses pour instaurer aussi une approche plus dramatique afin de ramener le personnage de Robert à un aspect plus humain, solitaire et se sentant profondément incompris.

Outre ce scénario politiquement incorrect, la mise en image elle-même fait preuve d'assez d'audace puisque bien que sobre et montée de manière à voir les plans durer ; elle n'hésite pas à jouer sur l'espace et des cadrages atypiques allant parfois à l'encontre des règles de base dans le petit manuel pour faire un bon plan. Le tout est tenu par un Patrik Karlson qui a réellement la gueule de l'emploi, accompagné par Izabella Jo Tschig (Linn) et Per Löfberg (Simon) qui ne déméritent pas. Sinon on se fera la petite remarque au passage que cette perspective de contrôler les gens par des ondes fait son chemin à travers le monde puisqu'il était aussi l'une des idées d'un des autres films du Bifff cette même année, le très bon et tout aussi indépendant OXV: The Manual.

(Avis de LFO par Richard B.)

Alors qu’il mène une triste vie de métro-boulot-dodo et que la déprime le guette, Edward (le bogoss Sam Robertson, qui ressemble ici un peu à un Benicio Del Toro jeune) commence à avoir des pulsions sordides, du genre assassiner brutalement son patron ou se taper (brutalement aussi) sa charmante collègue. Il fait la rencontre d’un homme mystérieux (cette bonne gueule de Vincent Regan, remarquée dans Troie, 300, Le Choc des Titans, Ghost Rider 2, Lock Out ou Blanche Neige et le chasseur), qui ne semble annoncer rien de bon pour la suite…
Partagé entre le second degré trash (avec ses fantasmes meurtriers parfois gores) et le premier degré pesant, Dementamania a clairement le cul entre deux chaises et on ne sait pas trop comment le prendre. Ce qui, pour le récit d’un chemin de croix schizophrénique, est finalement très cohérent. Les scènes de fantasmes horrifiques sont amusantes voire jubilatoires mais finalement assez timides et déjà vues, tout comme les quelques autres fulgurances trash (cf. le suicide). Le réalisateur Kit Ryan (Botched avec Stephen Dorff) raconte en réalité la descente aux enfers d’un pauvre type qui, noyé dans son statut social, ne va pas bien dans sa tête ; Dementamania se pose alors comme une version décadente du Un Homme d’exception de Ron Howard, avec quelques touches de Roman Polanski.

Entre humour noir (le collègue nain est très drôle) et visions démentielles des Enfers (sacrément bien illustrées, pour un petit budget) évoquant du Clive Barker, Dementamania parvient à divertir mais ne dérange jamais car tout semble avoir été déjà vu dans d’autres films. Autrement dit, c’est trop prévisible et pas très subtile (le personnage de Vincent Regan est flagrant). Il y a bien un début d’intensité dans certaines scènes et quelques élans de folie, mais ça ne va jamais assez loin. Dommage, car il y a une bonne tenue visuelle : mise en scène inspirée, superbes plans larges sur la ville, et photo soignée du chef opérateur de Hellraiser III, Hellraiser IV, Waxwork et Waxwork 2, Warlock 2, Le Retour des morts-vivants 3, Necronomicon ou même le ADN avec Mark Dacascos (il a même réalisé les plus que dispensables L'art de la guerre 3, Donjons & Dragons 2 et, comme si ça n'avait pas suffit, Donjons & Dragons 3). A noter la présence au casting de Kal Penn (le Kumar des Harold et Kumar, un des héros de Big Movie et homme de main de Lex Luthor dans Superman Returns, connu aussi pour ses rôles dans Docteur House, How I meet your mother et 24 heures chrono saison 6) et de Geoff Bell (Seule la mort peut m'arrêter, Hooligans, Scoop, Rock'n'Rolla, Stardust, Night Train, Cheval de guerre...) dans des rôles de patrons à tarter.

(Avis de Dementamania par Jonathan C.)

Ce samedi du Bifff était aussi celui de la traditionnelle et coutumière « Midnight » avec pour début de de programme Goal of the dead (dont vous pouvez trouver la critique de la première mi-temps ici et de la seconde ), ensuite Pinup Dolls on Ice, suivi de Hatchet III et de Zombie TV. Nous sommes un peu faibles car nous n'avons pas vu les deux derniers de la liste, mais par contre nous n'avons pas hésité à veiller assez tard pour découvrir Pinup Dolls on Ice qui semblait parfaitement convenir à ce type d'ambiance (et c'est le cas).

Ne cherchons pas un scénario là ou il n'y en a pas, car Pinup Dolls on Ice n'a de toute façon pas l'idée en tête de nous mentir sur ce qu'il vend, cela est clair dès les premières minutes. Le film de Geoff Klein et Melissa Mira est construit pour mettre le feu dans la salle et n'a pas la moindre autre prétention que cela ! Donc l'histoire est très simple, nous avons ici un boogeyman qui traque de jolies demoiselles pas farouches.

Au programme pour satisfaire un public ne demandant qu'à prendre son pied : des portes qui ne se referment pas, des pleines lunes, des filles en short serré, un méchant qui ne se pose pas de questions existentielles, des personnages qui ne pensent jamais à regarder derrière eux, des boobs, beaucoup de boobs, et il y aura même de la foufoune, puis enfin du sang avec une pléiade de macchabées (même si étrangement sur ce point on aurait aimé un poil plus d'imagination sur les différentes mises à mort).

Le montage est quant à lui très dynamique, la réalisation met tout en oeuvre pour être généreuse lorsqu'il s'agit de filmer le casting féminin, globalement soignée avec une photographie est plus que correcte (surtout au regard du peu de moyens). Certes on notera à deux reprises des soucis de mise au point du cadreur, on regrettera que notre chasseur de fille n'ait pas le charisme d'un Jason Voorhees, d'un Michael Myers ou plus récemment d'un Victor Crowley, ou encore une mise en image sans encore de réelles trouvailles exorbitantes à la façon d'un Sam Raimi ou d'un Peter Jackson qui eux n'hésitaient pas à expérimenter quand ils s'exerçaient dans le domaine du film d'horreur, mais peu importe car le but ici est dans le plaisir immédiat et c'est réellement le cas. Par contre, une chose est certaine, le film n'est de toute évidence pas fait pour les féministes !

(Avis de Pinup Dolls on ice par Richard B.)


 

Diaporama photo : Bikini Girls on Ice : Pinup Dolls on Ice

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