Rencontre avec… Aton Soumache (The Prodigies, Skyland, Le Petit Prince) !

Publié il y a 5 ans par Sylvain T.

Interview du directeur de Method Animation/Onyx Films, retour sur The Prodigies et Skyland !

Lors du Festival International du Film d’Animation d’Annecy, nous avons rencontré les équipes de Method Animation/Onyx Films et plus particulier son directeur, Aton Soumache, qui ont créé le film d’animation The Prodigies, en salle depuis déjà quelques jours. Nous en avons également profité pour lui poser des questions sur leurs projets passés et futurs… Rencontre avec un passionné de l'animation !

-Retrouvez nos critiques du film sur SciFi-Universe

SciFi-Universe : Beaucoup de monde laisse entendre que le choix du réalisateur s’est fait sur son expérience dans la motion capture. En quoi cela a été décisif dans la décision finale ?
Aton Soumache : Le choix du réalisateur s’est fait sur son talent de mise en scène, de cadrage et sa vision artistique du projet. L’amour qu’il avait pour le livre a également était décisif. Évidemment, son expertise technique sur les nouveaux outils comme la 3D ou la motion Capture a été un plus, mais n’a pas joué à 100% dans le processus de choix.

SFU : Comment s’est passé le travail d’adaptation avec Bernard Lenteric ? Même s’il s’agit d’une adaptation libre, comment s’est déroulée la présentation du scénario du film avec lui ?
AS : Il a suivi toutes les étapes du développement. Malgré sa disparition il y a un an, on a beaucoup travaillé avec lui, notamment lorsqu’il a fallu supprimer des personnages ou en retravailler. Il nous a donné beaucoup d’idées, même s’il s’agit d’une interprétation. Il y avait en tout cas les points forts, et ce que l’auteur souhaitait absolument mettre. Il s’est senti proche de tout cela, et c’est une vraie tristesse qu’il n’ait pas pu être là pour la sortie du film.

SFU : Justement sur cette adaptation, n’aviez-vous pas peur de décevoir les fans du roman en choisissant de laisser beaucoup de liberté au scénario du film ?
AS : Quand on fait des choses, on se soumet toujours à la critique. À partir du moment où il y a un projet de proposé, il faut l’assumer. De notre côté, on a voulu proposer aux fans quelque chose de sincère, tout en faisant attention aux contraintes (un format d’1h30, ndlr). C’est une interprétation, donc on assume complètement, mais il fallait aussi que les néophytes rentrent facilement dans l’histoire – le plus naturellement possible si vous préférez. Il fallait penser aux deux publics. La plus grosse partie des spectateurs n’ont d’ailleurs pas lu le livre qui date quand même de 1982. Même si nous sommes tous des grands fans du livre, il est « vieux ». On a de toute façon réalisé le film avec la même énergie que lorsque nous avions lu le roman.

SFU : Le film a été développé sur trois ans selon les dires du réalisateur alors que la réalisation ne devait prendre que deux ans, pourquoi tant de retard ? Y-a-t-il eu des difficultés à tenir le budget, ou à respecter le minutage du projet ?
AS : Les droits ont en fait été achetés il y a 9 ans par Fidelité. Il y a eu depuis beaucoup de versions du script en live notamment. Mais à un moment il y avait la possibilité d’en faire un film d’animation, un « manga à la française ». Nous voulions donner énormément d’ambition au projet. Pour des raisons autistiques et économiques, il fallait se tourner vers l’animation. Avec The Prodigies, nous souhaitions essayer de travailler avec de nouvelles technologies comme à l’époque de Renaissance, avec un budget cette fois-ci de 22 millions d’euros. Nous avions beaucoup d’ambition, et on a mis l’argent à l’image pour justement le prouver.

SFU : Concernant les voix françaises, comment s’est déroulée votre collaboration avec Mathieu Kassovitz ?
AS : C’est un amoureux du livre, comme nous. Un enfant rebelle (rire). Il avait l’esprit Jimbo (le héros principal, ndlr). Il avait ce côté éternel adolescent, Kassovitz s’est donc imposé naturellement. Il faut savoir également que le réalisateur le connaissait bien. Cela dit, l’idée initiale n’était pas de trouver une star, mais une voix naturelle pour le héros. Bien sûr, c’est un argument marketing supplémentaire pour nous et pour le film, mais Mathieu l’a porté avec passion. Il s’agit avant tout d’un choix artistique, car il n’était pas obligé, il l’a fait pour le film.

SFU : La fin est ouverte selon toute vraisemblance. À l’heure du transmédia et du crossmédia, prévoyez-vous d’étendre la licence sur d’autres médias, d’autres plateformes ?
AS : Il y a eu un programme transmédia très fort notamment du côté d’Orange (qui produit le film via Studio 37, ndlr) avec des jeux de recherches. On voulait surtout voir à quel point il était possible de lier le film à un univers. Beaucoup d’utilisateurs ont joué le jeu, on aurait bien sûr aimé faire plus de choses, mais ça reste difficile à développer, et encore plus pour une licence assez peu connu comme The Prodigies.

SFU : Parlons de votre autre projet passé, comment s’est déroulée la production de Skyland, et votre collaboration avec France 2 ?
AS : (Surpris par ma question) Skyland, c’est un projet où on est allé le plus loin possible dans ce que l’on pouvait faire à l’époque. C’était un défi visuel et artistique. Il s’agissait de repousser les limites de la télévision. Pourquoi seulement deux saisons ? Car même s’il s’agissait d’un gros projet, le succès n’a pas forcément été au rendez-vous. France 2 n’était peut-être pas la bonne chaine, mais ça a été une magnifique expérience, je ne renie rien. C’était notre première série, on a beaucoup appris. Si elle n’a pas marché à la hauteur de nos espérances, elle a cependant été vendue dans de nombreux pays.

SFU : Peter Pan, Le Petit Prince, deux gros programmes qui arriveront ou qui reviendront à la rentrée sur France 3, prévoyez-vous encore des primes évènementiels avec eux, des épisodes de 90 minutes comme Noël dernier ?
AS : La diffusion du Petit Prince se fait sous forme de primes évènementiels. On a vraiment réussi à créer un rendez-vous. A la rentrée, il y en aura plus, toujours de temps en temps, sous forme d’épisodes de 52 minutes. On est très content de cette programmation un peu spéciale, car on a trouvé notre public. Pour Peter Pan, il s’agit d’un projet pour France Télévision toujours en cours de production. Il sera sans doute lancé à la rentrée 2012.

SFU : Avec Iron Man, il s’agissait pour vous d’une grosse collaboration avec Marvel, comment s’est déroulé la production de cette série ? Quelles étaient vos limitations face à une telle licence ?
AS : C’est grâce à Skyland que nous avons été approchés par Marvel. Avec eux c’est génial, car elle a pour habitude de posséder des IP qui peuvent être signés par des talents nouveaux et divers. Ils sont tellement sur de la force de leurs licences que des adaptations ou des interprétations différentes ne font que les renforcer. Nous, avec nos talents, on a fait une proposition avec une ambiance et un graphisme bien spécifique. On a eu une liberté d’interprétation qui était géniale, ils nous ont fait confiance.

SFU : France 4 a annoncé pendant le Festival qu’une case plus adulte dans l’animation allait voir le jour à la rentrée. Qu’en pensez-vous ?
AS : J’aimerai y participer avec plaisir. J’ai fait Renaissance et The Prodigies, ça prouve que notre société souhaite sortir des limitations de la télévision. L’animation reste cependant un programme international avec un financement international. On a besoin que d’autres chaines nous fassent confiance pour produire ce genre de chose, mais je salue l’initiative. Pour l’instant, nous ne voyons pas suffisamment de chaine se fédérer autour d’une telle politique pour qu’on y mette les pieds. Mais le mouvement ouvert par France 4 est salutaire.

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