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"Matrix" futur sujet du bac philo ?

Publié il y a 13 ans par David Q.

Une réflexion du journal Le Monde

Le mardi 10 juin 2003, le journal en ligne lemonde.fr publiait cet article sur Matrix et sa philosophie. Réputé pour son sérieux, le journal extrapôle et propose toute une réflexion autour des thèmes du réel/virtuel abordé par Matrix et ses suites. Voici l'article...
"Qu'est-ce que le réel ? Comment le définiriez-vous ?", s'interroge Morpheus, l'un des héros du film Matrix, dans le premier épisode de la trilogie, qui met en scène un monde où les hommes sont asservis par des machines, qui leur font vivre une vie totalement virtuelle en stimulant leur cerveau afin d'utiliser l'énergie que leur corps, enfermé dans un bocal, dégage. "Si vous parlez de ce que vous pouvez sentir, humer, goûter ou voir, alors le réel n'est composé que de simples signaux électriques interprétés par votre cerveau", pense-t-il. Le thème abordé par les frères Wachowski dans leur film est classique, même si la forme novatrice de leur argumentaire, faite d'images numériques et des fameux "ralentis" défiant toute règle spatio-temporelle, a pu ! paraître en renouveler les contours.
Aux Etats-Unis, maints professeurs émérites de philosophie se sont ainsi employés à décortiquer le film et à en montrer les inspirations. David Chalmers, professeur de philosophie à l'université d'Arizona, rappelle que René Descartes avait eu le même doute métaphysique. Le philosophe français du XVIIe siècle suppose qu'un "certain mauvais génie (...) a employé toute son énergie à [le] tromper" et que, en réalité, "le ciel, l'air, la terre, les couleurs... toutes les choses extérieures que nous voyons ne sont que des illusions" (Méditations). De son côté, Hubert Dreyfus, professeur de philosophie à Berkeley, s'en réfère à l'allégorie de la caverne de Platon. Dans La République, le philosophe grec du IVe siècle av. J.-C. d! écrit des hommes enchaînés dans une caverne, ne voyant du monde que des ombres se profilant sur les murs de leur prison. L'un d'entre eux parvient à se libérer, affrontant la douleur de regarder la lumière en face et découvrir le monde tel qu'il est vraiment. Selon M. Dreyfus, Neo, le héros de Matrix, pourrait incarner - dans une interprétation du film qu'il conteste néanmoins - "celui qui conduit son peuple en dehors de la caverne des illusions de Platon".
James Pryor, professeur de philosophie à Princeton, se demande - sur dix-sept pages - en quoi vivre dans un monde réel serait mieux que de vivre virtuellement. C'est aussi le dilemme de Cypher, le traître qui, dans le film, préfère au bout du compte renoncer à la vérité et continuer à vivre dans le monde virtuel de la Matrice. "Je sais que ce steak n'existe pas", explique Cypher. "Je sais que lorsque je le mets dans ma bouche, la Matrice me dit qu'il est tendre et délicieux. Après neuf années de réflexion, tu sais ce que je réalise ? L'ignorance, c'est le bonheur", conclut-il. Pour expliquer le choix de Cypher, M. Pryor avance qu'"à partir du moment où notre seul but dans la vie est d'avoir des expériences agréables", la Matrice "nous donne tout ce que l'on veut, et nous serions idiots de refuser de l'intégrer". Cependant, poursuit-il, s'il est par-dessus tout "une chose à laquelle nous accordons beaucoup de valeur, c'est le fait d'être responsables de nos propres existences et de ne pas être l'esclave ou le pantin d'un autre". De ce point de vue, la vie dans la Matrice est une sorte d'esclavage. Et, pour cette raison, conclut le professeur, cette vie est "mauvaise" et il faut s'en libérer. Ce choix de la liberté est qualifié de kantien par M. Dreyfus, en opposition aux valeurs de notre monde postmoderne où nombre d'individus sont "hédonistes et égocentriques, à l'image de Cypher".
Pourquoi une telle démarche explicative ? Enseigner la philosophie autrement ? Tenter de faire le lien entre la génération Matrix du jeu vidéo et du virtuel, et les philosophes des siècles passés ? Ou, plus prosaïquement, participer au lancement commercial du film, comme pourrait le suggérer la publication sur le site officiel de Matrix de nombre de ces réflexions ?
Constance Baudry, lemonde.fr.

Source : lemonde.fr

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