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Entretien avec Vincent Lecrocq

Publié il y a 6 ans par Frederic C.

l'auteur de Survivant(s) nous dévoile les régles du jeu

Sortie depuis le 13 Septembre chez Oh my gore ! distribution, le très bon  Survivant(s) où l'histoire d'une France, qui en 2014 décide, pour résoudre un problème de surpopulation carcérale, d'utiliser une émission de téléréalité. Dans ce jeu, 8 condamnés à mort sont enfermés dans un complexe industriel abandonné et sécurisé par l'armée. Ils ont 2 heures pour survivre, mais ils vont devoir affronter des créatures mutantes. Seul le dernier survivant pourra quitter le bâtiment et gagner sa liberté...

Rencontre avec Vincent Lecrocq, l'homme derrière ce nouveau Loft Story...

 

Ton film vient de sortir en DVD, j'imagine qu'elle joie tu as dû ressentir quand tu as vu "Survivant(s)" dans le commerce.

Effectivement, je suis on ne peut plus heureux. C'est un sentiment formidable fait de joie et d'un petit peu de fierté. Ça donne aussi le sentiment d'avoir accompli quelque chose. De plus, le film est vraiment bien accueilli par le public et la critique, ce qui est très enthousiasmant, disons que ça me motive et je me dis que finalement, je n'ai pas fait tout ça pour rien. Et cette sortie DVD, je la dois surtout à Jean-Michel Montanary qui a créé le site internet "Oh My Gore !". Au départ, il était venu sur le tournage pour faire un petit reportage pour son site, puis nous avons rapidement sympathisé. Début 2009, il a fondé sa société de distribution de films avec sa compagne Delphine : "Oh My Gore ! Distribution". Ils ont tous les deux été d'une gentillesse incroyable et c'est grâce à eux que "Survivant(s)" est sorti en DVD. Aujourd'hui, leur boutique en ligne marche plutôt bien, il y a des DVDs, des BO de films assez rares, des t-shirts, des fanzines, bref tout ce qui se rapporte au cinéma de genre. Leur passion est sans limites, tout comme leur investissement pour défendre des films tel que le mien.

Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

J'ai vraiment décidé de faire du cinéma au début des années 2000. A cette époque, j'avais lu quelques bouquins de théorie et j'avais déjà réalisé une quinzaine de petits films en vidéos, avec des amis dans mon jardin. J'ai ensuite intégré une école de cinéma à Paris qui m'a permis de solidifier mes bases, d'apprendre de nouvelles choses et surtout de rencontrer des gens qui avaient la même passion et la même envie de faire des films que moi. Ensuite, j'ai commencé à réaliser des clips vidéos pour des artistes, majoritairement rock et métal de la scène Parisienne. J'ai aussi réalisé quelques films institutionnels, notamment dans le domaine du sport automobile, qui est une de mes autres passion. En 2006, j'ai écrit, produit et réalisé un court-métrage de guerre intitulé "They were in Normandy", le film a été plutôt bien accueilli par le public et la presse cinéma a commencé à en parler. J'ai ensuite passé plus de deux pour faire "Survivant(s)", de l'écriture à la sortie du film.

 

 

Comment est né "Survivant(s)" ?

Au moment où j'étais encore sur la post production de "They were in Normandy", un jeune producteur m'a contacté pour me parler d'un projet de mini-série télé, dans la veine de "Sable Noir". Le but était de livrer clef en main, une saison de 6 épisodes de 26 minutes, avec 6 réalisateurs différents et un thème commun : les zombies. Il avait vu la bande-annonce de "They were in Nomandy" et comme il avait aimé, il m'a proposé de réaliser l'un des épisodes.

Ton film nous ramène  à des films tels que "Running Man" qui mélange divertissement et critique de notre société, mais là où le tien est encore plus terrible c'est qu'avec le boom de la télé-réalité et de l'internet, "Survivant(s)" semble encore plus réaliste. J'irai même plus loin, "Survivant(s)" est presque "un film de gauche" qui critique le gouvernement actuel, comme lorsque l'on découvre les raisons de l'emprisonnement des "candidats", cela était une volonté de ta part ?

"Running man" était effectivement une influence... Ce qui est sûr, c'est que je ne voulais pas faire un film qui soit trop politique. Il ne s'agît que d'une toile de fond. Le film n'a pas pour but de soutenir un discours politique et n'a pas non plus pour vocation de refléter mes opinions politiques. Je garde d'ailleurs mes opinions pour moi car je suis un artiste et non pas un homme politique, mais je peux juste dire que le film ne reflète pas forcément tout ce que je pense.  Plus qu'une critique du monde politique actuel, je vois surtout "Survivant(s)" comme une satire et une critique des déviances de la télévision actuelles, avec ses émissions débiles, ses matraquages à coups de rediffusions. En plus, j'ai vraiment l'impression que toutes ces émissions de télé-réalité s'aggravent. Les sujets sont de plus en plus idiots, la façon dont elles sont faites est de plus en plus vulgaire ou voyeuriste, c'est triste... Aujourd'hui, dés qu'il y a une émission de télé-réalité, il arrive toujours des problèmes, des gens qui s'insultes, qui se frappent, se blessent (!!!).

Récemment, on a découvert qu'un candidat d'une émission dont je tairai le nom avait un casier assez chargé et qu'il a fait des menaces à d'autres candidates du jeux... Et la chaîne (ou la production qui fait l'émission) voudrait nous faire croire qu'ils n'étaient pas au courant de ça... J'exprime une opinion toute personnelle, mais pour moi, c'est du baratin, ils étaient au courant, et même, je dirais qu'ils espéraient que ce candidat fasse des problèmes, ça fait parler de l'émission, les magazines à scandales relayent l'info et ça fait de l'audience... John McTiernana très bien décrit ces déviances il y a quelques années dans son film "Rollerball" (une autre influence pour moi). Dans le film, le patron du héros joué par Jean Reno est prêt à faire tuer des candidats car ça fait de l'audience...

Quant aux motifs d'emprisonnement des prisonniers dans le film, ils sont très fantaisistes et c'était avant tout une pointe d'humour.

 

 

Justement lorsque je regarde les récentes productions Françaises du genre, je me dis que la politique est le grand oublié des films made in France, ce qui est loin d'être le cas aux Etats-Unis, quelle est ton opinion a ce sujet ?

Je ne sais pas... Il est vrai que certains cinéastes Américains ont des opinions et que leurs films sont parfois politiques,  George A. Romero ou même John Carpenter(pour ne citer qu'eux) font passer des messages... C'est peut-être un peu plus tabou en France, ou alors plus une spécialité des Américains, je ne sais pas... En même temps, on nous serine tellement avec la politique à longueur de journée à la télé, à la radio, dans les journaux, partout... Je ne suis pas sûr que le public qui va régulièrement au cinéma meurent d'envie de revoir les mêmes choses... Les gens vont au cinéma pour rire ou avoir peur, pour vivre des aventures et sortir du quotidien. Pour moi le cinéma a toujours été, et restera toujours à mes yeux un art de divertissement avant tout.

 

L'affiche de ton film me rappelle celle de "The Road To Guantanamo", une coïncidence ?

C'est une coïncidence !!! J'avais entendu parler de ce documentaire que je n'ai, par ailleurs, jamais vu. Mais je viens seulement de me rendre compte des similitudes en voyant l'affiche de "The Road To Guantanamo". La présence des combinaisons de couleur orange que l'on voit dans plein de films américains dans "Survivant(s)" est due au fait que je regarde beaucoup de films Américains. Et puis visuellement, je trouvais l'utilisation des tenues de prisonniers oranges intéressante car ça permettait que les personnages se découpent bien dans un décor principalement fait de murs gris et de couleurs sombres.  En fait, comme je connais photoshop, c'est moi qui ait conçu l'affiche. Pour concevoir l'affiche, j'ai choisi une photo de tournage de la première scène du film montrant l'un des acteurs à genoux et une photo du décor que l'on voit dans la scène finale. J'ai ensuite incrusté le personnage dans le décor. Quant au grillage sur l'affiche, il est censé symboliser l'enfermement que vivent les prisonniers dans le jeux.

 

Totale coïncidence donc, mais j'avoue que les ressemblances sont vraiment très troublantes !

 

La grande réussite de ton film est le rythme, tu nous plonges au coeur de l'action avec une réalisation caméra à l'épaule. Ton choix était de mettre le spectateurs à la place des candidats ?

C'est tout à fait ça. Je voulais que le spectateur avance en même temps que les candidats dans l'histoire, le jeux, le film... Pour arriver à ce résultat, j'ai utilisé plusieurs outils : les cadrages, les mouvements de caméra et la façon dont j'ai décidé de gérer le point de vue dans le scénario et avec le montage. Les cadrages à l'épaule, l'abondance de plan serrés, les mouvements de caméra brusques, tout était fait pour donner l'illusion que le spectateur est aux côtés des candidats. A cela j'ai ajouté le fait que jamais le spectateur ne devrait être en avance sur les informations que donne le film. Le spectateur apprends les choses et vit le film toujours en même temps que les candidats, mais jamais avant.

Mon but était que tout cela permette que le spectateur soit plus étonné et vive le film avec plus d'intensité, j'espère avoir réussi.

 

 

"Survivant(s)" a un casting incroyable, peux tu nous en parler ?

Il est vrai que j'ai eu beaucoup de chance. Le casting du film est très bon et les acteurs ont tous beaucoup travaillé. Ils ont donné beaucoup d'énergie pendant le tournage, qui n'a pas été de tout repos. Faire un court-métrage avec de bons acteurs, c'est important. On voit pas mal de court-métrage avec des acteurs plutôt faibles, parfois ça gâche un peu le potentiel de certains films. J'avais envie d'essayer d'éviter au moins ça. Travailler avec des gens qui ont de l'expérience comme Alysson Paradis c'est enrichissant parce que en tant que jeune réalisateur ça te permet d'apprendre plus de choses à leur contact. Le revers de la médialle, c'est qu'ils vont moins peut-être te pardonner tes erreurs ou tes hésitations, mais ça a aussi l'avantage de t'apprendre à gérer...

 

 

Les candidats affrontent des zombies/mutants au maquillage discret mais efficace ce qui rend l'action encore plus réaliste, un choix de réalisateur de ne pas tomber dans le gore "grand guignolesque" ou de budget  ?

Honnêtement, c'était une volonté de ma part. Le gore est déjà utilisé dans la plupart des films de zombies, mon but était de faire un film énergique, violent voire brutal, mais pas forcément gore. Nous avons donc travaillé dans ce sens avec David Sherer qui s'est occupé des maquillages spéciaux avec son équipe. Je lui en avais parlé et j'avais expliqué que ses maquillages ne seraient pas forcément très visible (de part ma façon de filmer ou le peu de lumière de certaines scènes) et il comprenait tout à fait mon point de vue. I David est un artiste vraiment très doué, travailler avec lui est un pur plaisir à chaque instant. Il est aussi très humble, il accepte que son travail soit parfois un petit peu en retrait, car il apprécie que ses maquillages servent un certain "réalisme" si tant est qu'on puisse parler de notion de réalisme à propos d'un film avec des mutants...

 

"Survivant(s)" était au départ un long métrage, que s'est il passé ?

En fait, "Survivant(s)" devait être un épisode de série télé d'une durée de 26 minutes. Malheureusement, le jeune homme qui s'était présenté à moi n'était pas très sérieux. Les autres réalisateurs et moi, on s'est vite rendu compte qu'il n'assumait rien et qu'il prétendait être producteur sans amener le moindre euro pour faire les films. Les réalisateurs se sont désolidarisé de ce "producteur" et le projet de série a été annulé. Plusieurs réalisateurs ont abandonné car ils n'avaient pas encore tourné, d'autres comme Grégory Sacré(avec "Spécialité Du Chef" qui est également sorti en DVD chez "Oh My Gore ! Distribution") ont décidé de continuer, de s'approprier leur épisode et d'en faire un court-métrage à part entière. Ce fut également mon cas... Cependant, l'idée de faire un long-métrage adapté de "Survivant(s)" me trotte dans la tête depuis un moment, et pour tout te dire, j'ai commencé à réécrire le film en version longue.

 

Et l'avenir, quels sont tes projets ?

À l'heure où je te parle je suis en pleine préparation de mon premier long-métrage, il s'agît d'un thriller. Si tout se passe bien, je pars à Toronto au Canada en janvier 2011. D'autre part, comme je le disais plus haut, j'ai commencé à travailler sur le scénario d'une version longue de "Survivant(s)".

 

Si tu devais sauver un film ou un réalisateur au monde ?

Michael Bay est mon réalisateur préféré de tous les temps. Beaucoup de gens n'aiment pas (ou prétendent ne pas aimer, car "ça fait bien"). Moi j'adore vraiment ses films, car ils me procurent beaucoup de plaisirs instantannés. Michael Bay est un réalisateur très respectable dans sa façon de travailler, c'est un bourreau de travail et un vrai passionné. Pour moi, ses films sont avant tout de véritables festivals visuels démentiels. Il filme l'action comme personne et réalise ses films comme le ferait un véritable auteur (ce qu'il est à mes yeux, d'ailleurs). J'ai vu tous les films qu'il a réalisé au cinéma, je l'ai ai tous en DVD parfois dans plusieurs éditions différentes, et j'ai récemment racheté tous ses films en Blu-ray, sauf "Bad Boys II" qui tarde à sortir à mon grand désarroi. Donc si il me fallait n'en sauver qu'un, ça serait lui.

Source : strange-movies.com/psychovision.net/cinemovies/http:/survivants.vincentlecrocq.com/youtube

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